[Clip] Clavicule – My Time

Spectacle décalé et se dirigeant lentement mais sûrement vers une débauche faussement luxueuse, « My Time » de Clavicule expose le délitement d’une bourgeoisie totalement à la ramasse, mais ne demeurant pas prête à lâcher un pouce de ses acquis. Le résultat est on ne peu plus jouissif à regarder !

Les lieux, tout d’abord. Un gymnase abandonné, la façade d’un bâtiment désaffecté. Des rappels d’une activité qui, depuis bien longtemps, a tourné court. Mais la protagoniste guindée et méprisante qui s’installe, aidée par un garde du corps et serviteur monolithique, ne semble pas avoir perçu que tout était fini. Elle s’assied, fume et attend. « My Time » résonne et s’installe dans son esprit autant que dans le nôtre, lentement tout d’abord, puis en démarrant sans crier gare, au moment où la nourriture arrive et va radicalement tout modifier. L’orgie prend le pas sur les apparences réservées et polies. Le garage rock des Rennais s’emballe. Explosion visuelle et musicale totale, choquante et hypnotique.

On n’essaiera pas de voir dans « My Time » une quelconque interprétation bien trop réductrice de l’éternel combat entre l’aristocratie et le prolétariat. Non, ici et maintenant, il s’agit beaucoup plus d’absurde, voire de ridicule d’une situation échappant à tout contrôle. Nos héros d’un jour, de l’entente cordiale à la discorde, finissent par immanquablement se confondre l’un et l’autre, offrant une représentation théâtrale brute de décoffrage, dont l’humour noir éclate sur nos visages rougis de sauce tomate et de rouge à lèvres. Tant et si bien qu’on finit par les envier, dans un sens : du fait d’être portés par les fulgurances sonores de Clavicule, d’une part, et de se lâcher en étant persuadés de ne pas être vus, d’autre part. Finalement, c’est peut-être ça, la liberté : pousser ses vices jusqu’à l’exagération, pendant quelques minutes. À méditer.


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