[Live] Best Kept Secret Festival 2022

Samedi 11 juin 2022

Sommaire

Les lieux sont remplis pour ce deuxième jour. La circulation dans le festival est plus compliquée et les files d’attente s’allongent.

Jensen McRae : singer-songwriter

Nous commençons la journée en partant à la rencontre de Jensen McRae, jeune auteure-compositrice américaine qui s’était fait remarquer en 2020 avec ses titres « White Boy » et « Wolwes ». Depuis, elle est signée sur le label The Orchard, qui dépend de Sony Music et a dans son cheptel des gros noms de l’industrie de la musique comme John Mayer ou Royce Da 5’9’’.

Sur la petite scène de la Casbah, sorte d’abri rustique survivaliste en tôle au milieu d’un désert aride, elle livre un set acoustique, seule avec sa guitare et une voix magnifique et touchante. Écoutez les morceaux suivants pour vous faire une idée : « Adam’s Ribs », « Dead Girl Walking » et « Immune ».


Boy Pablo : picnic pop

Puis nous nous dirigeons vers la grande scène pour écouter Boy Pablo, un chanteur norvégien d’origine chilienne qui distille une pop opalescente et DIY à la Mac DeMarco. Tout ça tourne bien, ça sonne et le public suit. Néanmoins on trouvera l’atmosphère toujours un peu trop identique d’une chanson à l’autre. La faute aux accords qu’il choisit par défaut, donnant l’impression de s’allonger dans la pelouse un brin d’herbe entre les dents et regarder vers le ciel en se posant des questions sur le but de l’existence. Picnic pop.

Rien de mal en soi, mais on voudrait entendre quelque chose de plus mordant parfois. Cela étant dit les chansons sont réussies, les refrains entêtants. Pablo fait chanter la foule puis présente ses musiciens. Son frère (et selon lui, son meilleur ami) derrière les fûts notamment. Si vous découvrez Boy Pablo, commencez par « I Hope She Loves Me Back », « Rest Up » et (Boy Pablo) « Honey ».


The Vices : challengers

Nous filons ensuite sous la tente de la scène The Secret, voir jouer The Vices, jeune groupe néerlandais originaire de Groningen qui a commencé à tourner sérieusement en 2019. Son premier long format, sorti en mars 2021, « Looking For Faces » est disponible aujourd’hui sur toutes les plateformes et nous les rencontrerons un peu plus tard dans la soirée pour débriefer suite à leur concert à domicile.

Les quatre loustics débordent d’énergie, ils livrent une performance survoltée. Le frontman de 25 ans Floris Van Luijtelaar, saute de part et d’autre de la petite scène. Leurs chansons sont pour certaines des classiques instantanés, comme par exemple « In and Out », dont le refrain vous reste en tête sans effort, ou encore « The Neighbor is A Bitch » charge anticonformiste que le chanteur hurle de bon cœur.

Plus loin dans leur set, Joris, un employé de NPO 3FM (l’une des radios du service public néerlandais), rencontré plus tôt dans l’espace média, les rejoint sur scène et prend le piano pour un morceau.
Le public a répondu présent, la fosse est impraticable et les abords de la scène clairsemée de groupes qui dansent ou écoutent calmement, assis dans l’herbe. Il est fort à parier que The Vices se fera une place au soleil dans les années à venir.


Fontaines D.C. : post-punk-pop-survivaliste

Direction de nouveau la grande scène pour les désormais incontournables Fontaines D.C.. Le quatuor irlandais originaire de Dublin emprunte aux sonorités rigides, mais précises du post punk et au punk tout court pour le jeu de scène. Le leader et chanteur, Grian Chatten, a le cool d’un Liam Gallagher des 90’s avec le ton de voix psalmodié des Joy Division, New Order et autre Depeche Mode, tandis que les deux guitaristes ont des looks inspirés pour l’un de Green Day période Dookie et pour l’autre de Daryl Dixon dans The Walking Dead.

Post-punk-pop-survivaliste donc… puisque l’apocalypse arrive doucement, mais sûrement. On se risquera à croire que c’est bien vu !

On retient « Televised Mind », « Jackie Down The Line » (qui rappelle les Cranberries, la nationalité commune peut-être), « Boys in the Better Land ».


The Strokes : fashionably late

22h15 : The Strokes devraient être sur scène.
22h30 : Les cinq New-Yorkais sont fashionably late.
22h45 : Ils sont carrément à la bourre.
22h50 : Les sauveurs du rock débarquent enfin et commencent sur les chapeaux de roues avec la sautillante « Bad Decisions », puis enchaînent avec « New York City Cops », hymne que les cool kids à cheveux fluos adorent, surtout quand Julian Casablancas entonne : « New York City Cops, they ain’t too SMAA-AA-AART ». Si son travail de songwriting a toujours été impeccable, les performances lives du chanteur sont connues pour être parfois erratiques. Ce soir, la chance nous sourit : Casablancas se trouve être en grande forme, la voix bien pleine et les notes aigües de ses mélodies audacieuses sortent bien. Quand il peine un peu sur la fin du dernier refrain de « Juicebox », il reteste les notes pour lui-même dans le micro quand les musiciens ont fini de jouer. Il est en répétition ce soir. Sur d’autres morceaux, il improvise et change les mélodies en utilisant la partie de sa voix sans effort ; le résultat est du meilleur effet. S’ensuit un florilège de tous les albums : « Reptilia », « Someday », « Under Cover of Darkness ». Puis le groupe s’en va sur « Take It or Leave It » après un court speech énamouré de Nikolai Fraiture, le bassiste.

Julian lancera alors au public durant le rappel : « Certains attendent un gros bordel de la foule pour revenir faire le rappel… mais nous c’est une autre technique, on attend que ce soit super calme. Pas con hein ? » Ce sera « Ode to the Mets » de l’album « The New Abnormal » et c’est déjà fini.

En définitive, Best Kept Secret est un festival ultra complet. Des grosses têtes d’affiche, des groupes en devenir, des valeurs sûres, des actes plus anonymes, mais avec du talent, des DJ sets, de la restauration de qualité. Les lieux sont vite pleins, mais sans que cela en devienne étouffant. On recommanderait sans problème le voyage pour le week-end entier.


Retrouvez Best Kept Secret sur :
Site officielFacebookTwitterInstagram

Henri Masson

Henri Masson

Auditeur avide d’indie rock au sens large. En quête de pop songs exaltées.