A la découverte d’un human beatboxer… Beasty !

Au Rocher de Palmer à Cenon (banlieue proche de Bordeaux), dans le cadre du concours Jeunes Talents Esprit Musique, j’ai pu rencontrer un human beatboxer impressionnant, j’ai nommé Beasty ! En première partie du groupe au succès croissant, C2C, Beasty prend le temps de répondre à mes questions, avec humour et sincérité. Si vous ne connaissez pas le principe du beatbox, laissez faire le pro, il vous l’explique parfaitement bien !

  • Bonjour Beasty, pourrais-tu te présenter pour les lecteurs qui ne seraient pas de Bordeaux ou qui ne te connaitraient pas ?

Beasty : Beasty, 23 ans, célibataire. Et voilà, human beatboxer…

  • Champion de France ?

Beasty : Champion de France 2010. Performer, qu’est-ce qu’on pourrait dire d’autres ? Je ne sais pas… (rires)

  • Tu as commencé tout petit le beatbox avec ton père qui t’as fait écouter Rahzel, et c’est ce qui t’a donné envie de faire du beatbox ?

Beasty : C’est exactement ça, j’ai écouté Rahzel. Sur le morceau « If your mother only knew », il parlait et il faisait du beatbox en même temps. J’ai écouté ça, j’étais émerveillé et j’ai décidé de faire pareil. Donc d’abord j’ai appris cette track par cœur, à la moindre respiration… Et après ça a été la track suivante… et la track suivante… ! J’ai refait tout l’album de Rahzel, tout ce qui était en beatbox, a capella, je le refaisais ! C’est comme ça que j’ai commencé.

  • Souvent, on a l’habitude des compositions de morceaux avec des instruments types : basse, guitare, batterie. Comment compose-t-on un morceau de beatbox ?

Beasty : Il y a plusieurs façons de voir le beatbox ; déjà comme un instrument. Donc après on peut se sampler et puis tu peux restituer le son d’un instrument et enregistrer une basse, une batterie… Sinon en performance via la composition de morceaux assez courts. Je viens du milieu du battle et en général, je fais des formats d’une minute trente. On va dire que ça réduit et côté perf’ la composition se fait à base de sons, à base de thèmes.

  • Dans une interview pour le webzine bordelais, Happe:n, tu avais dit « La technique c’est bien, mais la technique flowystique c’est mieux. », qu’est-ce que la technique flowystique, explique nous.

Beasty : Il y a des vidéos sur internet qui montrent ce flowystique. Le flowystique, c’est  disons « comment mettre de la technique poussée au maximum, avec du groove ». Après c’est mon interprétation du flowystique. Mais j’ai entendu d’autres définitions, alors tous les beatboxers le voient comme ils l’entendent.

  • Et j’ai entendu dire que tu avais toujours un sac à dos assez particulier sur toi, qu’est-ce qu’il représente ?

Beasty : Ouais ! Le sac original, il est issu d’un festival à Lyon, un gros battle, c’était en 2009. Je me souviens avoir bu un verre de rhum avant la finale du battle et j’étais un peu bien comme il faut et j’ai gagné ce battle. Il y avait ça en lot pour le gagnant avec un gros pouf casquette trop stylé ! Et je sais pas pourquoi depuis ce jour là, c’est mon sac porte-bonheur. Il ne peut rien m’arriver avec !

  • Donc il t’a suivi sur tous les concerts, les festivals et premières parties que tu as pu faire ?

Beasty : Voilà ! Je l’ai pas forcément sur scène (rires), mais après il est dans les loges. Toujours là ! Il est tout le temps avec moi, à l’école, dans la rue, en soirée…

  • Quels ont été tes meilleurs souvenirs de concerts ?

Beasty : Question difficile ! On va dire que toutes les premières parties que j’ai faites m’ont marquées. Mais après une en particulier, c’était celui de Sly Johnson pour qui j’ai pu faire sa première partie. C’est un beatboxer, chanteur et musicien ; c’est un mec en or. C’est un fou calé aussi bien en beatbox qu’en chant. Je me souviens qu’il m’a big up plus ou moins et ça m’a bien remonté ; du coup j’ai envoyé sur scène, j’étais chaud et le public me l’a bien rendu !

  • Et si tu devais parler du beatbox à des plus jeunes qui auraient envie de se lancer, mais qui ne sauraient pas trop comment s’y prendre, tu leur conseillerais quoi ?

Beasty : Je pense que le beatbox quand t’es plus jeune.. il y en a beaucoup qui disent que c’est inné, mais pas du tout.
Mais je pense qu’il faut avoir une approche, un feeling avec les espèces de tic, une envie de faire des bruits de bouche… A partir du moment où l’on entend du beatbox pour la première fois et qu’on commence à l’adopter, il faut d’abord apprendre à s’entrainer avec ses propres sons qu’on développe et puis chopper le vrai sens du rythme en écoutant des musiques et en reproduisant des rythmiques, mais sans pour autant faire les sons exacts dans un premier temps. Déjà la rythmique est un point important. Et puis après, je propose de venir avec moi en atelier, il n’y a pas de soucis, vous m’appelez, je viens et je vous apprends. (rires)
Par quoi commencer ? Tu prends n’importe quel beatboxer que tu kiffes, et t’écoutes un peu, et t’essayes de refaire la même chose ! Il faut commencer avec un beatboxer, si c’est un moi, tu écoutes mes vidéos et t’essayes de capter le maximum de choses.
Je pense que le beatbox, c’est d’abord un travail solo, il faut être geek du truc.

  • Quels sont tes projets pour 2013, le concours Jeunes Talents, un EP peut-être ?

Beasty : Le championnat de France prochain, parce que du coup, ça va faire deux ans que je l’ai pas fait. J’aimerai bien le gagner disons (rires).
Après un petit EP pourquoi pas, j’ai déjà commencé à bosser sur quelques morceaux, parce qu’on commence à me demander sérieusement du son. Et vu que je suis vraiment axé sur le live et que les projets sur des supports digitaux sont un peu secret défense, pour l’instant, car tous les beatboxers peuvent tomber dessus…
Et donc voilà, un petit EP en 2013, je sais pas quand encore, surement début 2013, mais pas plus loin que mi 2013 ! Et le concours Jeunes Talents, qui pour l’instant, promet d’être cool.

  • Et une question comme ça : est-ce qu’un jour on pourra lire ce qu’il y a dans tes carnets orange que tu emmènes partout avec toi dans ton sac ?

Beasty : Non, jamais, c’est trop dangereux (rires).

  • Plus sérieusement, si tu as quelque chose à dire aux lecteurs d’indiemusic, c’est le moment !

Beasty : N’hésitez pas à aller sur ma fanpage Facebook et me dire ce que vous en pensez. N’hésitez pas, si vous avez des conseils à me donner, si vous avez envie de me donner des directions artistiques, je suis ouvert. (rires)

Vous pouvez retrouver toutes les infos de Beasty à l’adresse suivante : facebook.com/pages/Beasty/323597768035
Et toutes les infos pour le concours Jeunes Talents : espritmusique.fr/#/jeunes-talents/actu

Crédit photos : Bérénice Voituret.

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