Rencontre avec Canailles

Big band de huit musiciens montréalais, Canailles sera de passage à la Dame de Canton demain pour présenter ses compositions hillbilly blues un peu crasseuses mais pleines de joie. Rencontre.

crédit : Felix Bowles
crédit : Felix Bowles
  • Bonjour Canailles ! Vous venez de Montréal. J’ai l’impression que c’est une ville hyper cosmopolite jusque dans les musiciens qui y dévoilent leurs projets. Quel est votre regard là dessus ?

En effet, c’est une ville qui rassemble plusieurs communautés culturelles, ce qui fait la richesse artistique des idées et mouvements qui émanent  des Montréalais. C’est intéressant de voir les amalgames de styles et de genres.

  • Si j’ai bien compris votre démarche, vous faites du bluecrass, un mélange barré entre le bluegrass américain et le punk, le tout en français. C’est inédit, non ?

Hahaha oui, le bluecrass est venu d’une blague en fait. Les gens on tendance à dire qu’on fait du bluegrass, mais en fait le bluegrass ne fait pas parti de notre son. Le bluegrass est devenu une appellation généralisée. Notre son est plus inspiré de la musique Cajun-Zydeco-Blues et même Hillbilly, tandis que le Bluegrass est une veine plus rythmée du country, très propre, où l’accordéon et les percussions sont absents.

  • Comment vous êtes-vous rencontrés et qu’est-ce qui vous a poussé à monter un band de ce genre ?

On s’est rencontré dans un parc à Montréal, en juin 2009. par le hasard des choses et sans trop savoir où ça allait nous mener ! On s’est mis rapidement à faire des spectacles dans les bars, on s’est mis à composer nos propres chansons en français et… en peu de temps, on s’est mis à voyager avec notre musique !

  • Vous êtes huit musiciens dans ce groupe. Comment se passe la cohabitation au sein du projet ?

On aime souvent se comparer à huit personnes prises dans la même chaloupe vers un terrain inconnu. On a tous la même ambition un peu innocente qui nous motive à se lancer dans cette drôle d’aventure sans se soucier de l’inconfort.

  • Vous serez ce mercredi 5 juin prochain à la Dame de Canton. Excités de jouer à Paris ?

Canailles - Dame de Canton

Nous sommes très excités de jouer pour la troisième fois à Paris, en aussi peu de temps depuis la dernière fois. C’est très important pour un groupe étranger de retourner dans les villes où il a déjà joué, pour que le public n’ait pas le temps de l’oublier

  • Cette soirée est dans le cadre d’une poursuivre du festival Aurores Montréal, le lien francophone entre la France et le Québec est défendu par la musique. La musique semble-t-elle pour vous le meilleur vecteur d’ouverture aux autres cultures ?

Certainement, on l’a vu au cours de l’année dernière, lors de nos tournées à l’étranger : la musique a un grand pouvoir de communication, dans notre cas beaucoup plus que la langue. Que ce soit devant un public anglophone, ou francophone, on réussit à transmettre notre énergie avec facilité, même si les auditeurs ne comprennent pas tous les mots.

  • Votre premier album « Manger du bois » est sorti il y a maintenant plus d’un an ? Manger du bois, ça un sens au Québec qu’on ignore ici en France ?

Non aucunement, on a encore de la difficulté à en définir le terme. Je crois que Manger du bois est en fait une image qui représente l’ennui, le fait que l’on doit manger pour survivre… Et manger du bois n’est pas l’idée la plus appétissante !

  • Sur la pochette de votre premier EP éponyme puis de votre album, on retrouve le lapin dans de drôles de situations (dépecé puis fumeur), pourquoi donc s’en prendre à cette pauvre bête ?

Canailles - Manger du bois

Je pense qu’on aime jouer avec l’image de la ferme, qui s’apparente facilement à la musique country. Nous n’avons rien contre cette bête, nous avons pris un animal mignon et nous lui avons donné de l’attitude.

  • Parlez-moi un peu de ce disque…

Je crois que Manger du bois est la représentation proche de ce que Canailles peut dégager comme énergie. C’est difficile d’enregistrer un album acoustique proche de la réalité. Mais nous sommes très fiers du résultat. C’est un disque qui nous représente autant dans ses paroles vraies et sans tabous que dans son énergie de soirées mémorables ou rapidement oubliées…

  • Vous avez l’air de vous y connaitre en patois québécois ? Pouvez-vous me donner quelques expressions bien de chez vous ?

Hier nous étions en Provence et on a dit au public qu’on allait les rejoindre pour « se mettre en boisson », je crois qu’ils ont adopté l’expression déjà ! Autrement, je vous suggère l’écoute de notre album ayant le livret en main. Parfois nos textes jouent avec des expressions typiquement québécoises qui pourraient surprendre…

  • Merci Canailles et à très bientôt !

facebook.com/bellescanailles
canailles.bandcamp.com

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