[Live] Fazerdaze au Pop-Up du Label

Qui n’a pas vibré sur le tube pop et psyché «Lucky Girl» cet été ? Fazerdaze est venue nous le rapporter à Paris, accompagnée de son premier album, « Morningside », et on s’est jeté sur l’occasion pour découvrir l’artiste néo-zélandaise jouer ses compositions oniriques et sucrées. Récit d’un voyage plus que nécessaire jusqu’aux plages d’Auckland.

crédit : Cédric Oberlin

Parmi les sorties estivales de cette année, on avait notamment apprécié la bonne surprise Fazerdaze, qui s’est imposée à nous comme une vraie bouffée d’air frais dans la bedroom pop, avec ses allures post-adolescentes. Multipliant les prestations parisiennes depuis, cette Néo-Zélandaise – Amelia Murray de son vrai nom – a presque tout fait à elle seule, dans un état d’esprit très DIY. Mais, plus qu’un simple bricolage, ses productions lo-fi sont en fait un habile collage d’instruments bout à bout, accouchant d’un album indie pop planant et génial, et qui est une fenêtre ouverte plein soleil sur le quartier d’Auckland dont il porte le nom : « Morningside ».

Derrière la chanteuse timide, et un projet personnel à l’écart des grands studios, demeure néanmoins une exigence telle qu’on obtient une vraie compilation de tubes taillés pour les grosses chaleurs, à l’image du catchy « Lucky Girl », qui donne l’impression d’entendre du Alvvays sous LSD.

On a donc profité d’une halte de l’artiste au Pop-Up du Label pour découvrir le projet sur scène et qui, après quelques tâtonnements de plusieurs années, a fini par franchir le pas décisif du long format. Découlant d’une phase plus axée sur la guitare à pédale fuzz de son premier EP, le disque s’affirme en effet comme la révélation Kiwi de cette année, tout en nuances psyché et dream pop. Les dix titres qui le composent s’adoptent aussi facilement qu’une gourmandise sucrée. Un petit délice pop que des nappes de synthés planantes et la voix éthérée d’Amélia Murray ne sauraient pas rendre moins addictif dans la salle à proximité de la gare de Lyon, à guichets fermés pour l’occasion.

Un peu plus direct sur scène, puisque extrait de son contexte de chambre, le projet a même le mérite d’y être encore plus développé et concret, tendant vers quelque chose de bien plus grand. Ainsi mise à nue, la jeune brune de vingt-quatre ans paraît moins introvertie et rêveuse ; la scène lui donne une dimension plus rock, bien aidée en ce sens par son live band qui fait rugir batterie et cordes de guitares. Sa voix, bien qu’assez aérienne, survole l’ensemble avec talent, et les titres s’enchaînent sans peine pour faire monter la température : « Little Uneasy », « Half-Figured », « Take It Slow » sont ainsi responsables des meilleurs instants pop de la soirée. Puis, avec « Friends », c’est comme si la cerise était posée sur le gâteau, introduisant une autre facette avec des cordes plus grasses et un chant haut perché : le vrai temps fort du show.

Pour couronner le tout, dans le four du Pop-Up du Label, la Néo-Zélandaise innove et propose une pause pour se remettre de la chaleur. Lâchant un instant ses instruments, tout le groupe quitte la scène et accompagne les spectateurs sur la terrasse, dehors, après avoir donné rendez-vous pour la seconde mi-temps. Il fallait en effet reprendre ses esprits, parce que voir Fazerdaze dans une petite salle où les ventilateurs sont capricieux, c’est un peu comme une sortie sur une plage caniculaire néo-zélandaise, au beau milieu du trou de la couche d’ozone. Chaque Parisien s’est ainsi probablement surpris à siroter sa bière et s’agiter sur ces mélodies estivales, à la manière des derniers grands festivals de la saison.


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Charles Binick

Journaliste indépendant, chroniqueur passionné par toutes les scènes indés et féru de concerts parisiens