Jeudi 20 août. Après des semaines d’une canicule écrasante, l’air nantais redevient enfin respirable. C’est dans cette atmosphère estivale et apaisée que le public a pris d’assaut les moindres tables et chaises de la terrasse du Ferrailleur, pinte fraîche à la main. Le prétexte ? La 11e édition des Concerts Sauvages. Devenue une véritable institution qui anime le lieu chaque été, cette parenthèse musicale est surtout l’occasion idéale de découvrir de nouvelles figures du rock français sans grande prise de risque financière pour le public. Ce soir-là, l’escale s’annonçait aussi salvatrice que prometteuse en bord de Loire.

Sur la scène extérieure, c’est donc à une belle découverte de s’installer : TRIP. Venu tout droit de Sarrewerden en Alsace, le quatuor rock psychédélique foulait pour la toute première fois les terres de l’Ouest. Formé autour de Yann André (guitare, chant, et qui n’hésite pas à dégainer une étonnante cigarbox fabriquée avec presque rien, affirmant avec simplicité l’amour du groupe pour le « fait maison »), John Eastwolf (orgue, guitare, chœurs), Tom Stocky (batterie, chœurs) et Manuel Gérard (basse), le groupe est venu défendre son dernier album en date, Circadia (paru en mai 2025).
Dès les premiers accords, TRIP impose un son massif et viscéral. Le quatuor nous offre sa propre vision d’un revival 70s brillamment dépoussiéré : on y retrouve la majesté du classic rock (les ombres tutélaires de Deep Purple et Led Zeppelin ne sont jamais bien loin) percutée de plein fouet par la fougue du psych-rock contemporain, rappelant l’efficacité d’un King Gizzard ou d’un Rival Sons. Un grand écart maîtrisé à la perfection, où la nostalgie vintage se nourrit d’une véritable énergie soul et d’un souffle résolument moderne.
Le jeu des quatre amis est d’une fraîcheur revigorante. Pleins de sourires, affichant une belle complicité et déroulant un groove implacable, les garçons ont livré un set d’une générosité folle, riche en ondes positives. On sentait chez eux cette envie brûlante de convaincre, de marquer les esprits pour espérer revenir se produire dans le coin… avec, en rêve absolu, les scènes de l’incontournable Hellfest ou celles du Motocultor breton voisin.





























