La nostalgie adolescente et la tendresse électronique sont à la mode depuis au moins un an déjà. Le duo montréalais Blue Hawaii, avec sa nouvelle galette « Untogether », ne faillit pas à la règle.
Brisée à travers la résonance et le collage, Ra la voix féminine du duo nous conte de sensuels titres à la froideur suave et la mélancolie indéniable qui ne manqueront pas de toucher un large public.

En effet, Blue Hawaii se veut un pur produit de son époque. Captation musicale d’une jeunesse désabusée qui se soulage dans les clubs avec de la musique euphorique, mais dépressive, mais qui en rentrant chez soi s’effondre sur de tristes ballades électroniques ; on se souvient encore du succès des surestimés The XX et James Blake.
Du coup, que dire d’un disque qu’on a l’impression d’avoir déjà entendu ?
La chose est simple, malgré les influences actuelles évidentes du R’n’B et de la house anglaise, le duo maîtrise son propos. Sans jamais donner envie de sauter un titre, l’écoute d’Untogether devient même très agréable. Le disque est certes d’une grande tristesse, cependant la lassitude ne transparait pas de l’écoute et chaque pièce de ce recueil amène sa pierre à l’édifice.
La pochette montrant un homme tentant de serrer dans ses bras le fantôme d’une femme est très réussie, voire même magnifique de par sa simplicité. Cette photographie ne peut que coller à l’atmosphère que dégagent ces onze chansons. Une ambiance d’appartement vide l’hiver alors que l’EDF a coupé le gaz et l’électricité faute de factures impayées.
Ainsi, Blue Hawaii nous offre un très bel et digne album. Son honnêteté nous permet de dépasser ses défauts stylistiques trop attachés à une époque. On prendra plaisir à réécouter de temps en temps Untogether afin de s’abandonner à la mélancolie. Le disque ne restera pas dans les annales, mais saura cependant ne pas prendre la poussière.

« Untogether » de Blue Hawaii sera disponible chez Arbutus Records le 4 mars prochain.