[Live] Étienne Daho et Calypso Valois aux Nuits de Fourvière

Pour cette édition 2018 des Nuits de Fourvière, le mythique festival qui a lieu tous les étés de juin à fin juillet dans les amphithéâtres romains de Fourvière sur les hauteurs de Lyon, nous avons la chance d’assister à une bonne dizaine de concerts. Cette année, c’est donc Étienne Daho, le patron de la chanson française élégante, qui ouvre le bal de nos live-reports lyonnais le 11 juin dernier.

Étienne Daho
crédit : Pari Dukovic

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il fallait être sacrément courageux et motivé pour assister à ce concert inaugural de la tournée « Blitz », du nom du onzième album du chanteur. En effet, la pluie était de la partie et, c’est donc recouvert d’un des fameux ponchos translucides des Nuits de Fourvière, que nous prenons place dans les gradins, sous une pluie battante et une heure et demie avant le début des concerts, bientôt rejoint par des centaines de silhouettes encapuchonnées et de toutes les couleurs. Mais, miracle ! À peine Calypso Valois, qui assure la première partie ce soir, prend-elle place sur scène pour jouer ses mélodies chaleureuses et délicieusement surannées, que la pluie cesse, comme par enchantement. On évite donc de très peu le Daho-déluge qui nous attendait, car l’averse ne reviendra pas de la soirée, pour le plus grand bonheur des quelques milliers de fans qui ont bravé l’orage pour voir leur idole.

Forte d’un premier album paru l’an dernier, « Cannibale », celle que peu de personnes présentes ce soir savent être la fille d’Elli et Jacno (et la filleule de Daho himself), introduit les festivités avec grâce et beaucoup de charme, irradiant de mille feux dans un habit de lumière au milieu de trois ou quatre musiciens au style impeccable, mais plus guindé. Stylistiquement, on est dans tout ce qu’il y a de plus actuel et en vogue dans la pop – chanson française : arrangements funky, voire nu-disco, piano et synthés en tête soulignés par une basse vrombissante et chaloupée, textes en Français légèrement naïfs et ponctués de quelques passages anglophiles pour faire bien. Rien de révolutionnaire à une heure où cartonnent les Juliette Armanet, Clara Luciani et autres Corine ou Moodoïd, mais ça fait délicieusement le job et cette musique estivale s’apprécie d’autant plus que le public commence enfin à sécher. Après quelques morceaux comme « Apprivoisés » ou « Surprise-partie », la jeune femme salue chaleureusement le public et remercie, émue, son parrain qui a décidé de la programmer en ouverture. Joli moment, mais désormais les quelques 4000 fans réunis dans l’amphithéâtre frétillent d’impatience.

Une vingtaine de minutes plus tard, la nuit est bien tombée, la scène enfumée et les musiciens jouent depuis quelques minutes une intro étrange lorsqu’Étienne Daho fait irruption sur scène avec son mélange inimitable d’assurance et de timidité. Il entame immédiatement le merveilleux « Les filles du Canyon », un des plus beaux moments de son dernier album, et le charme opère. La voix n’est pas encore très en place, le son n’est pas non plus parfaitement réglé, mais tout va s’affûter en quelques morceaux et si Daho n’a jamais été un grand chanteur, il a toujours été un excellent interprète. Devant un public de toute façon conquis, et bientôt majoritairement debout, même dans les gradins, le maestro de la chanson française sensuelle et ambiguë déroule une setlist audacieuse, entre tubes obligés et morceaux choisis de ses albums les plus récents. Rapidement, ce sont les deux albums phares du début de sa carrière qui se voient préférés, à savoir « Pop Satori » et surtout « La Notte, la Notte », dont sont respectivement joués trois et quatre morceaux sur une setlist qui en compte au total dix-neuf. « Poppy Gene Tierney » fait office de deep cut, mais c’est un vrai plaisir d’entendre un morceau ancien et peu connu surgir dans une setlist de festival, bien souvent convenue. On regrettera un choix d’arrangements curieux et une performance vocale expéditive qui viennent quelque peu gâcher la, par ailleurs, magnifique « Comme un boomerang ». Mais au-delà de ça, la prestation est de très bon niveau, Daho ayant un énorme capital sympathie et générosité envers son public qui vient faire oublier tous les petits défauts techniques ou de justesse. Précisons, au passage, que c’est la première date de la tournée, et que pour citer l’artiste « on essuie un peu les plâtres ».

Parmi les highlights de ce concert de près de deux heures, « Les flocons de l’été » du dernier album, le merveilleux single « Le premier jour (du reste de ta vie) », vite repris en chœur par tout le public, mais aussi deux magnifiques succès intemporels « Des attractions désastres » et « Week-end à Rome », que Daho n’a presque pas besoin de chanter tant le public la maîtrise bien. Après un premier rappel de circonstance, le grand timide de 62 ans nous offre une petite surprise, visiblement très ému par l’accueil triomphal du public lyonnais, revenant pour un deuxième rappel bien au-delà de l’heure autorisée habituellement, seul sur scène, pour chanter avec et à la demande du public « Duel au soleil », qui arrache une petite larme d’émotion à mon voisin.


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cinéphile lyonnais passionné de musique

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