[EP] Adam Naas – Adam Naas

Sa voix sensuelle l’a trahi. Le noir l’habille. Non pas parce que le style gothique l’intéresse : il porte le romantisme en lui. Un romantisme lumineux. Adam Naas a tout du grand en devenir. Un groove singulier traverse les quatre titres de ce premier EP, et quelques fantômes soul hantent les cordes vocales du chanteur franco-libanais. Ce sera certainement un supplice pour notre peau qui sera sujette à divers tremblements épidermiques. Les émotions, quant à elles, n’auront qu’à bien se tenir.

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Il n’a que 24 ans et déjà beaucoup de trempe. Adam Naas est l’auteur d’une pop soul franche et élégante, éthérée sur le long, élégamment susurrée avec le groove. Beaucoup de pudeur aussi, qui évolue dans une prestance qu’il commence à assumer, surtout depuis qu’AaRON l’invita à faire ses premières parties. Puis vient le récent vidéo-clip sur les toits de Paris où il brasse de la nostalgie dans du gris clair qui estompe peu à peu l’image, et son premier plateau télé qui montre la fragilité d’un soul man moderne qui fait coexister l’authentique genre américain avec des résonnances pop mélancoliques et légèrement analogiques. D’ailleurs, Adam avoue avoir un faible pour James Blake et The xx – d’où l’électronique discrète et vaporeuse de « Fading Away » avec lequel il fait saliver la presse –, mais aussi pour la reine Lauryn Hill, à l’époque où celle-ci chantait des louanges dans le frénétique film « Sister Act II ». Les Destiny’s Child viendront aussi l’accompagner dans l’intimité de sa chambre : il s’amusera à chanter les secondes voix sous le flow des tigresses.

Ce branlement musical l’a construit malgré lui, mais un jour sera fatidique. Le jour où il écouta « A Change Is Gonna Come », l’hymne pour la lutte des droits civiques des noirs américains de Sam Cooke. « Je me suis dit que si devais faire de la musique, ce serait avec la même intensité et la même honnêteté. » Cette claque l’a hissé vers une évidence musicale qui était floutée jusqu’à ce jour : « Je ne chantais pas avant de marcher », ironise Adam. « Et il n’y avait aucun musicien dans ma famille. Mais mon enfance a été bercée par Nina Simone qu’écoutait beaucoup ma mère et par la musique que passait mon frère aîné. » En vrai autodidacte, l’auteur-compositeur semble ne pas avoir pris conscience de l’ampleur de sa séduction, elle-même enrobée d’une sorte de nonchalance androgyne qui fait fondre ses auditeurs. Et parce que sa voix est plus sexuelle que sensuelle, sa musique se superpose dans les rapports intimes qu’il pourrait dépeindre entre un dominant et un dominé. Mais quel rôle remplit Adam Naas ? À vous de juger.

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crédit : Fanny Latour-Lambert

« Adam Naas » d’Adam Naas est disponible le 30 septembre 2016 chez Mercury.


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Julien

chroniqueur mélomane, amoureux des échanges créés autour de la musique indépendante

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