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[Live] Lost in Limoges 2016, jour 2

Pour la seconde journée de Lost in Limoges édition 2016, le soleil était plus que jamais au rendez-vous. Les nuages présents la veille s’étaient éclipsés pour laisser la chaleur gagner encore quelques degrés. C’est sous ce climat caniculaire que nous retournions sur le site du Mas de l’Âge pour y découvrir une programmation pop-rock plus éclectique encore que la veille, partagée entre formations rock affirmées, têtes d’affiches pop et grandes sensations électroniques. De quoi satisfaire bien du monde !

The Shoes © Fred Lombard

The Shoes – crédit : Fred Lombard

Après le passage des formations locales Mama’s Gun et Vox, c’est le quintette rock Stuck in the Sound, débarqué de Paname avec ses tubes indie dansants et corrosifs, qui prend les commandes de la scène, revisitant son répertoire, dont son tant décrié nouvel album « Survivor » compilant pourtant d’excellentes compositions évoquant souvent l’idée d’un Temper Trap made in France. Avec légèreté et un sens inné de la dérision, le groupe de José Reis Fontao, pour lequel les jeunes admirateurs-trices ne manquent pas, joue sous un soleil de plomb ses tubes jamais plombants, explorant l’éclectisme électrique de ses quatre albums. Nous retiendrons parmi ceux-là la furie bagarreuse « Ouais » de « Shoegazing Kids », la passion « Tender » de « Pursuit », le délirant « Toy Boy » de « Nevermind the Living Dead » et l’énorme « Pop Pop Pop » et son refrain bien vénère « Pull the trigger » from « Survivor », parmi d’autres. Un concert convaincant, partagé entre fun et nervosité, certainement programmé un peu tôt à notre goût.

Avec une passion décuplée et une énergie libérée sous un soleil toujours plus lourd, les quatre rockeurs de l’Est, Last Train, démontrent une fois de plus que leur conquête de l’Ouest n’est pas prête de prendre fin. Avec conviction, passion, singularité et une très belle virulence scénique, les desperados tous vêtus de noir hurlent le rock et le bruit, et endiablent de leur feu magique un public emballé et irrémédiablement attiré par l’intrépidité des vaillants Mulhousiens. Amenant de la fraîcheur dans leur set par le biais de compositions inédites à venir d’ici quelques mois sur un premier album, le groupe, emmené par l’intrépide Jean-Noël Scherrer, tente avec brio d’insuffler de nouvelles constructions, plus collectives encore, à son rock singulier. Du nouveau « Dropped by the Doves » chanté à l’unisson au brûlant « Fire » achevant un set désormais dantesque et toujours plus impressionnant, Last Train aura enflammé toutes les vapeurs d’essence en présence dans son rock incendiaire et forcément explosif.

Le virage pop est négocié habilement par Josef Salvat. Les compositions sensuelles et solaires de l’Australien sont attendues par un important public, principalement venu pour entendre ses chansons les plus célèbres : « Paradise », « Diamonds » – sa célèbre reprise de Rihanna -, sans oublier le tube « Open Seasons ». Principalement en anglais, mais avec quelques incursions du français dans les textes, le chanteur originaire de Sydney offrira un set particulièrement accrocheur, à mi-chemin entre une pop élégante et un r’n’b solaire. Le crooner australien à l’allure de chanteur de boys band, avec son débardeur sous sa chemise à fleurs, se montrera particulièrement à l’aise avec le français et la scène, qui n’a d’yeux et d’oreilles que pour lui. Il gagnera en conviction au long d’une performance un peu guilty pleasure avouons-le, mais joliment construite et dont nous retiendrons l’énergie de « The Days », ainsi que la sensualité extatique de « Every Night ». Une bonne surprise.

Valeur sûre de la programmation, le trio franco-anglo-suédois et belge d’adoption Puggy était attendu par les fins connaisseurs pour célébrer, avec le public du Limousin, ses dix années de carrière et revisiter ses quatre albums, dont le très récent « Colours », sorti en avril dernier. Le brillant répertoire indie pop énergique et passionné du groupe s’illustre sur scène par un engagement de chaque instant de ses trois musiciens aux costumes classes et colorés. Emmené par l’élégant Britannique (au français parfait) Matthew Irons à la guitare et au chant, soutenu par les voix de ses complices Romain Descampe à la basse et Egil Franzén à la batterie, et complété par un claviériste derrière eux, Puggy, à l’instar de Nada Surf la veille, livre avec éclat et un véritable talent d’interprétation des hymnes fraternels et immédiats. Les compositions des Belges, souvent énergiques comme l’universel « Change The Colours » ou le sautillant « Goes Like This », s’offrent de belles respirations, à l’image du très romantique « How I Needed You ». Puggy est une machine attachante à entonner des singles pop admirablement interprétés et fédérateurs, comme le tube « When You Know », immédiatement entonné par l’ensemble des spectateurs. Un de nos coups de cœur certains de cette seconde soirée pour sa performance généreuse et chaleureuse.

Un grand moment pour les fans, un supplice pour les autres. C’est ainsi que nous pourrions résumer la prestation de Superbus autour de son dernier et sixième album, « Sixtape », et ses plus grands succès passés (« Butterfly » et ses papillons en pagaille, « Lola » et ses yeux qui font boom boom boom, « Radio Song » qui n’en a jamais assez (mais qui finit par lasser) et « Addictions » qui affectionne les tourments… parmi d’autres). Une dragée rose pop très (trop) sucrée, vite acide, où les paroles ne volent pas plus haut que la pauvreté affligeante des accords. Pour nous, un break s’impose, alors que les fans des premiers rangs accompagnent en chœur Jennifer Ayache et ses grands garçons dans leur récital de début de tournée.

Minuit passé, c’est l’heure des réjouissances électroniques ! D’abord en compagnie du duo The Shoes, doublé sur scène, qui va réserver un énorme show survolté dont il a le secret aux spectateurs rafraîchis de Lost in Limoges. À travers un mix absolument génial de pop culture et d’électronique, le groupe rémois, emmené par Guillaume Brière et Benjamin Lebeau, nous réserve un set sans temps mort, où les images projetées en 16/9 au-dessus d’eux s’amusent de notre génération numérique tout en s’en faisant la critique grinçante et presque politique. Hyper dansante et constamment dynamisée, la prestation des deux producteurs français élevés en plein air transforme le lieu en un immense dancefloor où les mélodies rêveuses de « Made for You » croisent les souffles tribaux et technos de « Us & I », entraînant les mouvements de foule unis de « People Movin ». Personne ne résistera plus alors à l’appel de ces généreux et passionnés fêtards sur l’excellent « Time to Dance », grand moment de fraternité de cette fin de soirée. Un concert 100% plaisir et idéalement placé dans la programmation.

Auteur d’un premier album, « Animal », sorti un mois plus tôt – une véritable invitation au voyage -, le producteur caennais Théo Le Vigoureux, alias Fakear, distille ses morceaux choisis aux parfums d’ailleurs dans un live aux mille saveurs dépaysantes. Entraînantes et éclatantes, les compositions du beatmaker aux deux MPCs prennent en festival une nouvelle dimension, un nouveau relief grâce à quatre complices présents pour l’épauler dans sa conquête de la nuit limougeaude (harpe, basse, batterie et claviers). Entre les tubes déjà bien connus (« La Lune Rousse » et son célèbre refrain qui laisse entendre la naine la plus célèbre de France, n’en déplaise à un Lannister, l’excellent « Silver » en featuring avec Rae Morris ou les planants « Animal » et « My Own Sun ») et d’autres compositions tribales particulièrement adaptées au live, Fakear donne du piquant et du rêve à la clôture de la première édition de Lost in Limoges.

Une fin de soirée particulièrement touchante quand elle viendra se conclure par la montée de l’ensemble du staff sur la grande scène pour remercier et saluer le travail de l’ensemble des bénévoles investis sur le festival, des partenaires de cette première édition et pour clamer haut et fort : « Lost in Limoges va vivre maintenant » ! Autrement dit, le jeune festival pop-rock installé à Couzeix reviendra bien l’an prochain… et il nous tarde d’y remettre les pieds !

Un très grand bravo à la formidable organisation derrière cette première édition de Lost in Limoges et un remerciement tout particulier à Christophe Péan qui m’a chaleureusement accueilli sur place pour couvrir l’événement.

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