Grande première pour l’Austin Psych Fest avec l’exportation de son festival hors des terres texanes. Fort d’un jumelage entre Austin et Angers, c’est naturellement que s’est imposée la venue du festival pour la première fois en Europe au Chabada après une sixième édition qui s’est tenue du 25 au 28 avril dernier. Retour sur les sept concerts ayant rythmé la première journée du festival Levitation ce vendredi 20 septembre 2013.

Il est 18h30 quand s’ouvrent les portes du festival. Il fait beau, chose inespérée quand la veille, la pluie et la grisaille s’imposaient dans le ciel angevin.
Levitation présente deux scènes, une intérieure et une extérieure, montée spécialement pour l’occasion, pour répartir la programmation et faciliter ainsi l’enchainement des artistes.
Entre ces deux scènes ; deux food trucks et deux bars sont installés pour combler les petites faims comme pour étancher toutes les soifs.
A l’instar du Psych Fest, on trouvera également des stands pour continuer ou retrouver chez soit l’ambiance psych du festival : tshirts, posters sérigraphiés en édition limitées, vinyls et cd rares ainsi que les stands des différents groupes présents sur l’événement. Un atelier de sérigraphie sera spécialement mis en place par l’organisation de l’Austin Psych Fest.
Il est 19h15 quand The Blondi’s Salvation démarre son concert, les horaires sont respectés.
Le quintet nantais ouvre Levitation France durant 45 minutes à travers un set singulier, entre ambiances arabisantes, médiévales et psychédéliques.


On appréciera l’énergie dégagée par les cinq musiciens, alternant titre après titre les ambiances, les instruments joués (percussions, sitar…) comme le rôle de chanteur. Une polyvalence qui fait plaisir à voir et entendre.
Une entrée en matière douce, jouée avec envie et entrain devant un public en plein débarquement.
Après ce premier concert, la faim guette et ces quelques minutes consacrées à manger un hamburger me feront manquer le début du concert de Lola Colt. Tant pis pour moi.
Je débarque donc au milieu du show en intérieur de Lola Colt, déjà bien entamé.


Ambiance western couplée à un psychédélisme guerrier, les Anglais éclairés par les projections visuelles jouent avec une concentration certaine. Le jeu est carré, sérieux, intensément profond, mais tout ça manque clairement de folie pour emporter le public.
S’en suit un retour en extérieur pour le concert du trio post-rock allemand Camera.
Plongés dans l’obscurité, les trois musiciens installés dans une position statique, et typiquement shoegaze avec un regard pointant en permanence vers le sol joueront sans discontinuer pendant près d’une heure.


Un clavier-guitare-batterie happant avec ses rythmes lourds et entêtants. La séance d’hypnose psychédélique a bel et bien démarré.
Dépaysement assuré ensuite avec Tamikrest, groupe malien venu insuffler un parfum d’exotisme au sein de la programmation psychédélique de cette première journée.
Avec ses musiciens habillés comme des princes et reines du désert, Tamikrest apportera des couleurs à cette soirée, conviant parfois le dub comme la musique traditionnelle au milieu de ce blues touareg envoutant.


Porteur de messages de paix et de respect, Ousmane Ag Mossa au chant trouvera les bons mots pour obtenir l’attention du public. Un beau moment.
Sans transition, on ira prendre l’air à l’occasion du concert des Wall Of Death parisiens.
Ambiance survolée, la nuit aidant, les trois musiciens offriront un set très puissant, fracassant même par moments devant un public massé sur la crash barrière.


Tout comme Camera, on ne parviendra jamais à voir clairement les musiciens, notamment Gabriel au chant, faisant presque tout pour ne pas apparaitre sous les lumières. Tant pis, cette place sera prise par Alex Maas, leader des Black Angels venu prêter main-forte aux Français avec Christian Bland à la guitare le temps d’un morceau.

On finira la soirée à l’intérieur en présence des Américains.
D’abord avec Night Beats, trio psych-rock basé à Seattle dont le concert se révèlera moins transcendant que leur second disque « Sonic Bloom » à paraitre le 24 septembre prochain, et disponible sur place.


Dispersés aux extrémités de la grande scène du Chabada, Lee Blackwell à la guitare et au chant et Tarek Wegner à la basse, malgré un jeu fougueux ne parviendront pas à réveiller véritablement la salle.
La faute non pas à l’énergie déployée ; les trois musiciens étaient à fond, mais la scène bien trop large n’était décidément pas à leur avantage avec cette formation réduite.
Enfin, les hôtes de l’Austin Psych Fest en la personne des Black Angels viendront marquer la fin de cette première journée avec un concert époustouflant.
Gonflé à bloc en bon représentant du renouveau du psych-rock, le quatuor d’Austin (en formule quintet pour l’occasion) présentera un set principalement orienté autour de leurs deux derniers albums « Phosphene Dream » et « Indigo Meadow ».


Charismatique, Alex Maas emportera sans peine le public de Levitation encore sur pattes, tandis que la ravissante Stephanie Bailey derrière les futs fera tomber sous le charme, et avec force, le public masculin.
S’il s’avère difficile de dresser un bilan global de cette première journée tant les prestations présentées étaient changeantes comme les genres représentés, Levitation France impose par son caractère unique, celui d’un festival mélange de découvertes et de têtes d’affiche sans barrières. On se dit à très vite pour la seconde étape.
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