Rencontre avec Zero

À trois, ils forment Zero. Un rock en français, aux influences anglo-saxonnes et aux racines berlinoises dont Adrien, leader du projet nous fait la présentation à quelques jours de la soirée indiemusic au Scop’Club.

  • Salut Adrien, ton projet est né à Berlin. Comment tout a commencé ?

Je devais faire une année d’études à Berlin, et puis j’y suis resté. Être là-bas ne me posait pas de problème puisque j’écrivais en anglais. Je composais beaucoup dans mon coin depuis plusieurs années. J’ai recherché des musiciens, et puis la formation s’est stabilisée autour de Johnny, Susanne et moi, avant tout parce qu’on s’entendait bien. Musicalement les débuts étaient un peu laborieux !

  • Je suis curieux de savoir la raison du choix du nom de ton groupe Zero.

C’est un hommage aux Smashing Pumpkins dont j’étais un grand fan. Et puis c’est un nom qui suscite l’étonnement, presque embarrassant, qui colle parfaitement à la sincérité et la vulnérabilité que j’essaie de faire passer.

  • Comment s’est passé la première répétition avec tes deux musiciens Johnny et Susanne ?

Oh là, comme je le disais plus haut, c’était laborieux, en fait ni l’un ni l’autre ne savait jouer, on n’avait pas d’équipement, Susanne n’avait même pas de basse, je lui ai prêté la mienne. J’avais juste une vague idée de la manière d’arranger les morceaux puisque je le faisais quand j’enregistrais tout seul. Ensuite, on a tout appris ensemble, comment répartir le travail entre les deux guitares, comment utiliser les effets…

  • Et le premier concert ?

On a fait un concert en salle de répète devant une quinzaine de potes ; souvenir héroïque ! On n’avait pas d’expérience, mais on avait la conviction !

  • Comment se passe l’enregistrement d’un titre dans ton projet, Zero ?

J’ai essayé plusieurs méthodes mais je crois que le plus important, c’est que ma guitare rythmique tire l’ensemble. Soit je la joue tout seul sur un clic, soit je joue en live avec le batteur, les deux marchent. C’est cette guitare qui est à la base de tout, c’est aussi comme ça comme je compose le plus souvent, en jouant une rythmique sur une acoustique. Ensuite il n’y a plus qu’à poser le reste. La voix en dernier.

  • Grâce à My Major Company, tu as pu collecter 100 000 euros pour enregistrer ton album. Ça a pris combien de temps et surtout quand est-ce que le déclic a véritablement eu lieu pour tes producteurs ? En d’autre terme, l’engouement pour ta musique, notamment pour ton single Lola, Berlin, quand a-t-il eu lieu ?

C’est difficile à dire ; l’afflux des mises n’est pas forcément lié à un engouement pour la musique. Sur My Major Company, on ne parle qu’à une minorité du public, ça a été clair dès le début. Notre progression a été lente et régulière, et on la doit à cette minorité qui ne nous a pas lâchés. Ensuite, il y a bien eu une envolée finale sur la fin, très impressionnante même, mais la même chose se produit pour tous les artistes, c’est plus un effet d’emballement comme pour les enchères sur Ebay par exemple.

  • Que comptes-tu faire de spécial désormais avec ce budget important en poche pour cet album ?

Le plus difficile est de trouver un son. Il y a beaucoup d’albums qui ne sont qu’une collection de chansons sans identité sonore particulière. Et puis il y a des enregistrements qui sont magiques, comme la démo de « Oh le mal au cœur ». Il faut trouver la guitare, l’ampli, la pièce, c’est un travail d’orfèvre où le moindre élément compte. Je me suis planté par le passé et là je n’ai pas le droit de me planter. Donc voilà ce que je fais, je me prépare, je cherche, je fais des essais.

  • Tiens-tu d’ailleurs tous les titres qui figureront sur cet album et pourra-t-on les découvrir en live à l’occasion de la soirée indiemusic du 30 novembre au Scop’Club ?

J’ai suffisamment de titres pour l’album, mais bien sûr je continue à composer dans l’espoir d’en faire de meilleurs. Les titres joués le 30 seront probablement sur l’album, oui.

  • Y-a-t-il un temps, un moment de la journée, une heure qui t’invite plus qu’une autre à l’écriture et à la composition ?

Non, c’est plus une question d’énergie. Le café marche très bien.

  • Alors que beaucoup d’artistes choisissent de défendre leurs titres en anglais, tu fais partie des artistes qui résistent à cette tendance en écrivant exclusivement des titres dans notre belle langue. Si tu devais donner trois raisons essentielles qui t’ont poussé à le faire, quelles seraient-elles ?

Il n’y a pas eu de raison, c’était un choix par défaut. J’ai commencé par chanter en anglais comme tous les gens qui viennent de la pop et du rock anglo-saxon. C’est dans une crise d’inspiration que j’ai essayé de chanter en français ; le groupe n’existait plus, je ne composais plus. C’est seulement après coup que j’ai réalisé à quel point ce que je faisais jusque-là était incomplet : je croyais faire de la pop, je ne faisais que de la musique instrumentale. Je chantais mais je ne disais rien. Je me sens plus proche de mes influences, bien qu’anglo-saxonnes, aujourd’hui que je chante en français. John Lennon ou Kurt Cobain disaient quelque chose aux gens.

  • As-tu une idée de la date où va démarrer l’enregistrement de ton premier album studio ? Et une date de sortie à l’heure actuelle ?

Non, je n’en sais rien, il faut d’abord chercher où et avec qui le faire, et ça va prendre du temps.

  • Question difficile, quel est le charme que Berlin a et que Paris n’a pas ? Et inversement ?

Berlin a les attraits d’une capitale et la qualité de vie d’une ville de province. J’ai toujours détesté Paris.

  • Que puis-je te souhaiter pour la suite ?

De faire un grand album.

  • Merci pour tout Adrien et à très bientôt !

Merci à toi !

http://www.mymajorcompany.com/zero

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