Mercredi 1er mai, je prenais avec Maxime et Adrien la direction de leur local de répétition pour passer la soirée avec leur groupe Yes! Indians.
Quatuor indie pop angevin, le projet s’affine au fur et à mesure des répétitions et ambitionne de défendre sa musique sur de belles scènes en local et nationalement. J’ai profité de l’occasion de cette répétition pour avoir le groupe au complet et leur proposer une interview pour parler du groupe, de ses membres, de leur regard sur la scène régionale et de leur EP à venir cet été.

- Salut les Indiens ! Ça va bien ?
Colas : Ça va bien !
Clément : Fort bien.
Adrien : Ça va bien aussi.
Maxime : Bof (rires).
- Parlez moi du groupe, qui est à l’initiative du projet ?
Adrien : Maintenant, je suis le plus ancien membre du groupe, puisque je suis moi-même un membre rapporté. A la base, le projet était formé autour d’un bassiste et d’un batteur.
Maxime est arrivé, Colas nous a rejoints et tout dernièrement, il y a trois semaines, Clément est arrivé à la batterie.
- D’ailleurs, Clément, l’intégration dans le groupe s’est bien passée pour toi ?
Clément : Très bien, très bien. Ça a été plus rapide que je ne le pensais. Je connaissais déjà Adrien que j’avais déjà croisé plusieurs fois. Colas, je ne le connaissais pas du tout, et d’ailleurs, je l’ai appelé Nicolas pendant plusieurs semaines.
Maxime : Ça doit être la toute première fois qu’il l’appelle Colas (rires).
Clément : Et Maxime, j’ai fait deux trois projets avec lui et on a toujours gardé contact.

- Allez j’embraye sur la question la plus commune des interviews de groupes : Yes! Indians, pourquoi ?
Adrien : Au début, on cherchait un nom. Il nous semblait important de montrer notre joie de vivre avec la part de « YES ». C’est un peu comme le film Yes Man.
Et Indians, moi de mes origines, je le prends personnellement, car je viens d’Amérique du Sud. Mais l’interprétation est libre pour trouver sa propre indianité.
On veut laisser une place à l’imaginaire collectif.
Colas : Je vois également le côté exotique et le rapport à l’indie pop, tout simplement. Et du coup, le côté Yes, c’est la joie de vivre et le pep.
- Ce soir vous êtes en répétition. Sur quoi travaillez-vous lors de ces répétitions ?
Maxime : En ce moment, on répète toutes les semaines. Avant, c’était deux fois par semaine, mais vu que toutes nos chansons sont déjà composées, on peut se permettre d’avoir un rythme un peu moins élevé. On recommence actuellement tous les morceaux pour les perfectionner et avoir un set rodé, abouti et prêt pour le live.

- Et en dehors de ces temps de répétition, comment travaillez-vous vos compositions ?
Adrien : Pour l’arrivée de nouvelles compositions, souvent je suis à l’origine de pas mal de morceaux : je trouve deux trois sons, j’amène ça en répét et on recolle tout ça dans le bon sens. Mais là, avec l’arrivée de Clément, on ne compose plus vraiment.
On définit une chanson déjà enregistrée et on la répète chacun de notre côté pour la jouer ensemble la semaine d’après.
- Si on devait inscrire votre projet dans une certaine mouvance musicale, ça serait quoi ?
Colas : Faut rester simple et on s’était basé sur de l’indie pop. Ça en dit peu, mais ça reste clair.
Adrien : On a tous des influences hyper différentes, et ça a été très compliqué au début. On ne savait d’ailleurs pas exactement où l’on allait ! On ne voulait clairement pas s’appuyer sur des références pour qu’on puisse dire : tiens, ça ressemble à tel groupe. Globalement, en tout cas pour nous, c’est très difficile de nous définir.
Colas : Ce qui est marrant, c’est qu’on se rejoint finalement sur de la pop. Moi personnellement je n’écoute pas forcément ça et se rejoindre là dessus, c’est autant un chalenge qu’amusant.
Maxime : C’est vrai qu’on a essayé plusieurs styles et on a essayé d’avoir un résultat qui nous convient à peu près à tous. Quand je suis arrivé, on voulait faire de la pop à synthés, ensuite on est devenu un peu plus rock. On a quand même eu plusieurs étapes de recherche où on ne se montrait pas trop, voire pas du tout.
Et là, on commence à être prêts à vouloir dévoiler le projet.
Et pour revenir à ta question, je pense que l’indie pop nous correspond, en tout cas pour Adrien et moi, car on est très attaché aux années 90s au niveau des sonorités et de la manière de composer, d’aborder les mélodies. C’est très libre et on n’a pas de carcans, ou à l’inverse, quand il y a des clichés, on va chercher à les jouer à fond.
Finalement, il y aurait le rock alternatif pour les 90s et l’indie pop pour notre musique plus actuelle pour parler de Yes! Indians aujourd’hui.
Je pense que c’est un bon pont entre les deux. S’il faut choisir une case, les deux collent !
Clément : Je trouve que chaque instrument aussi apporte sa part d’univers. Ce sont des univers différents qui finalement font notre musique.

- De nombreux groupes angevins éclosent actuellement. On peut penser à The Dancers, à DJAK, aux Lemon Queen ou plus récemment aux Future Dust. Espérez-vous le même succès ?
Clément : Si on peut aller plus haut, moi je veux !
Maxime : Ça serait super hypocrite de dire qu’on rêve de rester enfermés dans notre local de répète. On a vraiment envie de partager ça le plus loin possible. Après la difficulté, c’est qu’on a envie de faire de la pop mais qu’en même temps, on ne se reconnait pas dans la pop qui marche nationalement et sur Angers, très inspirée par Foals et des groupes pop à synthés.
On n’est pas du tout proches de cette scène… mais en même temps, on aimerait faire leurs scènes.
Et on aimerait avoir notre public, et c’est là notre difficulté !
Le truc, c’est plutôt de trouver le circuit qui nous correspond, qui respecte vraiment nos choix. On a beau être des amateurs, on a des idées quand même bien arrêtées sur les choses.
Je me reconnaitrais pas dans une scène où il faudrait jouer telle ou telle ligne de guitare parce que ça plait plus ou de mettre de la batterie ou de la basse à contre-temps… et je ne me sens pas prêt à me déteindre les cheveux en blond !
- Dans Yes! Indians, accordez-vous de l’importance à la rédaction de vos textes ?
Maxime : Ça fait pas si longtemps que ça qu’on a réalisé qu’on avait de vraies ambitions et suite à ça, j’ai voulu refaire tous les textes histoire d’avoir quelque chose de cohérent.
- Qu’est-ce qui t’amène à les retravailler ?
Maxime : C’est des textes qui ont été écrits à la va-vite… C’est juste pas intéressant.

- Et donc tu ne veux pas parler de tes textes ?
Clément : Ugly, par exemple, ça parle d’une fille moche que Maxime tente de dessiner et elle est vraiment trop hideuse alors ça n’aboutit pas (rire).
- C’est pas très gentil tout ça !
Maxime : Je préfère raconter ça plutôt que de parler de l’histoire d’une nana qui m’a largué.
Clément : J’ai une question pour Maxime ! Est-ce qu’il y aura un lien entre le titre de la chanson et les paroles ?
Maxime : C’est tout con, mais je prends le plus souvent un mot récurrent dans les paroles. Ça va plus loin !
Clément : Ça parle pas que d’Indiens !
Yes! Indians : Hahaha !
Maxime : Non, ça ne parlera pas que d’Indiens ! (rire) J’aime bien l’idée aussi que le groupe se pose aussi des questions. Pour revenir aux textes, c’est vrai qu’on s’est attelé sur l’instrumental prioritairement et je me poserais vraiment la question des textes au moment d’enregistrer.
Je travaille mieux dans l’urgence et ça devrait me booster !
Adrien : Faut quand même être clair, on ne fait pas partie de la chanson française à texte ! (rire)
Maxime : Clairement pas !
- Ni de la chanson à texte anglaise…
Adrien : Non plus (rire).
Maxime : On cherche à faire des paroles cools, mais pas prétentieuses. C’est surtout ça !

- L’EP dont vous parliez tout à l’heure, vous le préparez pour cet été ?
Adrien : Oui, pour le début de l’été ! On va essayer de retenir deux trois titres avant de passer à plus gros. Et la sortie pour le milieu de l’été.
- Vous préparez un tube de l’été donc ?
Clément : William Baldé, tout ça !
Yes! Indians : Hahaha !
- Vous m’aviez confié que vous souhaitiez privilégier les salles de taille moyenne plutôt que les bars pour défendre votre projet. Est-ce que c’est toujours d’actualité et pourquoi ?
Maxime : Moi, avec mes anciens groupes, j’ai fait pas mal de cafés concerts et tout, et là je préfère être un peu prétentieux et vouloir jouer dans de bonnes conditions.
Des salles comme les T’es Rock, c’est cool pour présenter un projet devant des amis par exemple, ou vraiment au tout début parce qu’il faut y passer, mais moi j’aimerais vraiment faire des salles intermédiaires comme l’Oasis au Mans. Et en tout cas, ne pas rester enfermé à Angers, ça c’est sûr !
Clément : Je rejoins Maxime. On a l’expérience des bars et ça n’a jamais trop avancé suite à cela dans nos précédents projets. Soit on avait plein de monde, bonne surprise, soit y’avait personne !
- Et les scènes partagées, ça ne serait pas une solution intermédiaire ?
Maxime : Si, justement, pour jouer dans des petites salles, ça pourrait être la solution. Il faut un peu de réseaux, mais oui, absolument !
Adrien : Au début, on ne peut pas jouer tous seuls.
Maxime : On a de toute façon besoin d’être accompagnés par d’autres groupes à nos débuts.
Clément : On peut pas se dire bien évidemment, demain, on fait le Chabada ! Il faut avoir fait nos preuves !
Adrien : Finalement, les conditions des petites salles qu’il y ait du monde ou pas font qu’on n’a pas envie de jouer dedans. Il y a forcément une part de déception parce que le son est dégueulasse par exemple. C’est une frustration que je n’ai pas envie de revivre des tonnes de fois.
On cherche à avoir des conditions techniques au moins minimales.

- Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter du coup pour la suite ?
Maxime : Qu’on puisse se faire plaisir en jouant un peu partout, de manière régulière, voire intensive.
Clément : Se faire un nom !
Maxime : Mon vrai rêve serait de se faire une tournée qui passe par les quatre coins de la France, pourquoi pas via une asso.
- Et jouer à l’étranger, ça vous tente ?
Clément : Oui, mais pas pour l’instant, il y a déjà assez de choses à faire en France avant d’aller ailleurs !
Maxime : La question ne se pose pas pour l’instant !
- Enfin, vous êtes en train de construire la musique de votre projet, qu’en est-il de l’aspect visuel ?
Adrien : On est en pleine recherche, car le visuel vient en même temps que la musique. La musique, comme elle est en cours de finition, avant de l’avoir ressenti et écouté, ça me semble difficile de faire ça en parallèle. On ne veut pas aller trop vite.
Mais il y a quelque chose qui commence à se sentir. Il va falloir qu’on le vive pour se dire : on veut ça parce que ça fait penser à ça !
On ne précipite rien !
- Merci de l’accueil durant vos répétitions et à bientôt Yes! Indians !
Yes! Indians : Merci beaucoup ! On peut te faire un bisou ?
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