[LP] WYVE – Fictiopolis

Passage en vitesse lumière pour WYVE avec un second album charriant continuellement son lot de surprises, de mélodies versatiles et d’arrangements imprévisibles et savants. Une renaissance qui, trois ans après le remarquable « Birth », ressemble à s’y méprendre à un désir d’invention perpétuelle.

crédit : Pauline Goyard (logo : Jean Carlier)

Prévenons d’ores et déjà les fans de la première heure : sous ses allures assumées d’album-concept, « Fictiopolis » risque d’en déstabiliser plus d’un. Annoncé par le virage visuel et sonore qu’était, il y a quelques mois, le clip d’« Animals », ce second opus nous laissait dans l’attente, sans que l’on puisse à aucun moment concevoir ne serait-ce qu’un début de théorie sur ce qui allait nous tomber, au sens propre du terme, dessus. Le choc n’en est que plus intense : les douze chansons qui composent le disque imposent WYVE, désormais en trio, comme la figure de proue d’une musique hors norme, s’imprégnant autant des figures de l’électro et de la pop que du climat orageux d’un rock prêt à bondir. Une œuvre protéiforme, audacieuse et impossible à lâcher.

Loin de toute forme de revival malgré ses visuels et sonorités souvent nostalgiques, « Fictiopolis » regarde bel et bien en avant, porté par les décibels et les torrents climatiques d’un art passionnant. Les nappes introductives du titre éponyme, les bruitages qui préparent l’auditeur à une plongée dans un monde artificiel certes, mais possédant sa propre conscience, nous incitent à constater que les musiciens ont franchi un cap et ne regarderont pas en arrière de sitôt (ce que démontrera le final « Maverick », départ fantasmé dont la volonté d’entrelacer science-fiction et réalité se dévoile à portée de main). L’écriture est parfaite en tous points, accessible tout en demeurant puissante et complexe (les samples d’« Invicible », les rythmes et chœurs humanistes et sensitifs d’« Animals »). Les machines, maîtrisées et avides de sensations fortes, fusionnent avec les voix, clament leurs émotions (sublimes mouvements de « City is Mine » et pulsions contagieuses de « The Night Wanderer ») ou imposent leur vision futuriste de l’illustration harmonique (le corps-à-corps vibrant du chant et de l’I.A. sur « Spaceman » et « Supernova »). Même les guitares parviennent à laisser éclater leur électricité et leurs mouvements chorégraphiés sur « Run » et « Dancing in the Light », tandis que le rêve psychédélique de « Prophet of Time » suspend les corps, l’espace de quelques minutes.

« Fictioplis » invite à une multitude de sensations et de lectures, à une activité cérébrale et émotionnelle de tous les instants. WYVE touche ici les astres, les capture et les offre à la vue de tous ; sans avoir oublié, au préalable, de redessiner leurs éblouissantes facettes.

crédit : GD-Photographie

« Fictiopolis » de WYVE, disponible depuis le 24 février 2020 chez Aztec Records Ltd.


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