[Flash #15] Will Samson, Ed Carlsen, Mademoiselle K, Andrew Belle et The Aces

Notre – déjà – quinzième épisode de Flash se consacre à ces artistes français et internationaux qui ravivent les couleurs des musiques actuelles en cette rentrée. Avec Andrew Belle, Ed Carlsen, Mademoiselle K, The Aces et Will Samson, l’éclectisme est la clé de ce rapprochement inédit qu’on ne saurait trop vous recommander de tenter à votre tour.

[LP] Will Samson – Welcome Oxygen

8 septembre 2017 (Talitres)

En à peine deux semaines, le quatrième album de Will Samson aura vu le jour. En décadenassant son inspiration et certainement un peu son cœur, là où son précédent album « Ground Luminosity » lui avait demandé deux longues années de réflexion et d’écriture, « Welcome Oxygen » respire et transpire d’une immédiateté resplendissante. Chaque morceau présentant entre parenthèses la journée d’écriture – exception faite de « Water Fall Diver (Day Zero) », composé en amont -, participe à la reconstitution de l’œuvre la plus immédiate du songwriter anglais. Guitare, chant et violon sont les ingrédients de l’accueillant « Welcome Oxygen », album lénifiant et délicat qui panse bien des maux. Quand on sait que l’album est né des suites de nuits agitées à l’hôpital pendant un séjour au Portugal à la recherche de ses racines luso-indiennes, on est forcé de croire que le destin joue parfois de drôles de tours aux musiciens.


[EP] Ed Carlsen – Elusive Frames

8 septembre 2017 (Moderna Records)

Un an plus tôt, Ed Carlsen offrait, à travers son premier album « The Journey Tapes », sa vision contemplative du modern classical avec vue sur les cimes danoises de Ravnholm. Le compositeur italien, passé depuis maître dans la confrontation délicate du classique et des musiques électroniques nous emmène bien au-delà des notes avec son nouvel EP, « Elusive Frames ». Au fil de sept compositions lentement éveillées et prisonnière sous la glace, l’œuvre cristalline de Carlsen se fait tour à tour vibrante, minérale et fractionnée. La douceur sereine de « Spring » laisse ici place à la solitude d’un piano au bois craquelant sur « Unfold » pour une redécouverte du classique : essentielle et authentique. Une valeur sûre entre Kiasmos et A Winged Victory For The Sullen.


[LP] Mademoiselle K – Sous les brûlures, l’incandescence intacte

1er septembre 2017 (Kravache)

Deux ans et demi après « Hungry Dirty Baby » sur lequel Mademoiselle K s’essayait entièrement à l’anglais, la rockeuse parisienne, toujours plus indépendante, revient à ses premières amours avec « Sous les brûlures, l’incandescence intacte », sans s’offrir quelques détours bienvenus par la Perfide Albion. Toujours rebelle, contestataire et irritée, Katerine Gierak ne tient plus en place sur les braises et bouillonne dans un album rageur, à l’acidité corrosive. Pourtant, derrière cette dureté face à l’amour, le cœur de la chanteuse se montre plus touchant que jamais sur quelques bonnes surprises à l’instar de la ballade acoustique « J’ai pleuré » et d’une conversation avec ses fans autour du réconfort sur « Pour aller mieux ». Revoici donc un drôle d’OVNI dans le paysage rock français qui n’a pas fini de planer au-dessus de nos têtes étourdies.


[LP] Andrew Belle – Dive Deep

25 août 2017 (Andrew Belle Inc.)

Après sa course après le « Black Bear », Andrew Belle réunit et transcende ses émotions les plus vibrantes dans un troisième album mûr et captivant, pour nous réserver l’une des descentes les plus enivrantes de l’année. Près de dix ans après ses débuts et quatre années après son dernier opus, le songwriter californien de 33 ans nous revient avec « Dive Deep », une plongée libératoire où l’intimité effleurée côtoie l’évasion la plus sensible. Difficile de ne pas succomber à ces onze titres à la production avantageusement soignée et remarquablement rythmée (le prenant « Down » et le captivant « New York » parmi d’autres), qui sans s’éloigner de la marque de fabrique du chanteur américain, ne souffre d’aucune redondance et délivre une impeccable collection de singles pop alternatifs d’une épatante fluidité. L’interprétation tendre et authentique du natif de Chicago nous guide dans l’écoute d’un enregistrement de longue haleine et à l’immersion immédiate dont l’appréciation ne faiblira pas au fil des écoutes. C’est sans nul doute la marque d’un grand artiste.


[EP] The Aces – I Don’t Like Being Honest

23 juin 2017 (Red Bull Records)

Jeune groupe protégé d’une célèbre boisson énergisante, à force de premiers singles accrocheurs, The Aces a tous les atouts en mains pour devenir le phénomène indie pop de la rentrée. Chez ces quatre musiciennes originaires de Provo dans l’Utah, les ressemblances avec Haim et Tegan & Sara ne manquent pas tant du côté des thématiques sur le passage de l’adolescence à l’âge adulte (l’indépendance, l’amour de soi et l’intimité entre autres), que des mélodies catchy et upbeat aux influences 80’s, sans oublier la complicité manifeste entre les sœurs Ramirez ; Christal au chant et à la guitare et Alisa à la batterie et leurs complices, Katie Henderson à la guitare et McKenna Petty à la basse. Leur premier EP « I Don’t Like Being Honest » est un plaisir presque coupable, mais follement irrésistible dont les singles, « Stuck » et « Physical » en tête, ne manqueront pas de hanter longuement nos esprits. Vivement l’album !

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