[LP] Weekend Affair – Du rivage

Tour-à-tour sensuel et séducteur, narrant les histoires de couples s’interrogeant, s’aimant et apprenant à se connaître, « Du rivage » de Weekend Affair transforme la pop en thérapie d’utilité publique, quelque part entre les égarements de l’âme et les embruns salés d’une plage déserte où l’on se retrouve naufragé de l’existence.

Quelque chose d’étrange se produit lorsque l’on découvre « Du rivage » : immédiatement, dès les premières mesures de « L’indécise », on se sent à l’aise, comme si l’on avait enfin trouvé un ami auquel parler sans détour, en toute sincérité. C’est peut-être là que repose tout le fascinant mystère de Weekend Affair : cette humanité qui glisse le long d’instrumentaux électroniques chaloupés et caressants, tandis que le chant, grave et sûr de lui, décrit ce que nous ressentons en notre for intérieur. L’amour et la confidence se voient ici inspectés, explorés et vécus avec autant de précision et d’implication que de distance, pour les comprendre et les vivre de tout notre cœur, de toute notre âme. Observant les tumultes des sentiments de loin, de la côte, Louis Aguilar et Cyril Debarge saisissent des jumelles permettant de contempler la difficulté de l’entente comme au microscope, sous toutes ses formes ; même les plus mouvantes.

Ces fausses certitudes que Weekend Affair saisit et éprouve, ce sont nos expériences passées et, certainement, futures de l’intimité, de l’attraction et des minutes finales d’une liaison qui pourrait être sans lendemain ou, au contraire, éternelle. « L’indécise » se pare d’une féminité emplie de crainte, celle de s’attacher alors que le contact corporel prédomine dans une parfaite parité. Un désir qui n’est qu’éphémère, déroutant et devant, contre toute attente, s’achever, non pas dans les larmes, mais par un consentement mutuel que l’on voudrait insensible, tandis qu’il ne l’est pas (« La fête est finie »). Dans une course effrénée digne de montagnes russes émotionnelles, le duo parle de drague et de ruptures, de dépendance (« Pour en finir »), de déception et de renoncement, tandis que le vœu d’une indicible union reste latent (« Sécheresse »). Ici, les vagues synthétiques et les rythmes artificiels sont une pulsation cardiaque en apparence calme, même si elle ne demande qu’à s’emballer pour s’affirmer (« Duel pt. 2 »). Jusqu’à sombrer dans la folie.

« Du rivage » nous inspire la vibrante volonté de connaître l’autre autant que les soupçons que nous conservons continuellement à l’égard du sentiment ultime ; sans jamais se positionner comme trouble-fête ou entremetteur, Weekend Affair se montre avant tout sensible, inspiré par les défaites de même que par les victoires. Une histoire intense, cruelle et profonde du quotidien qui s’effrite ou se consolide, selon l’engagement de chacun.

« Du rivage » de Weekend Affair est disponible depuis le 26 janvier 2018 chez Partyfine / Play It Loudly Records.


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