[Entourage #100] We Hate You Please Die

Ils font le beau temps de la nouvelle scène rouennaise. Raphaël, Chloé, Joseph et Mathilde forment depuis 2017 le groupe punk garage We Hate You Please Die – nom emprunté au titre des Crash and the Boys dans Scott Pilgrim (2010) – qui fait gronder ses riffs supersoniques et ses voix hurlantes et surtout libératrices. De l’énergie brute, intense et criante de vie, de conviction et d’un amour total pour les concerts effervescents et éclairs. Deux ans ou presque après le tellement fou, passionné et effréné « Kids Are Lo-Fi », le quatuor normand revient avec un EP surprise, « Waiting Room », trois titres compacts et urgents, qui se font les vives critiques d’une société de consommation et de production toxique. Les douces terreurs qui ont déjà secoué le Printemps de Bourges, les Bars en Trans et Rock en Seine (beau palmarès) nous présentent leurs amitiés transpirantes avec leurs copains du rock.

crédit : Guillaume Kerjan

Mars Red Sky

LE groupe français quand on parle de stoner. Leur son est tellement lourd et planant, ça envoie dans l’espace. Un concert de ces gars, c’est une vraie purge de l’âme. C’est calé, c’est visuel, tout appelle à la transe. On a eu la chance de les retrouver plusieurs fois sur des dates. Une fois sur une date dans l’est, Mathilde et Chloé avaient mis des paillettes sur leur visage avant de monter sur scène. Du coup, Raphaël s’amusait à faire des petites lignes avec ce qui restait des paillettes sur la table pour rigoler. Un moment, un des gars de Mars Red Sky est passé, Raphaël lui a dit « T’en veux ? ». Il a dit non merci et a continué son chemin. Le lendemain, on partait pour faire une nouvelle date avec eux dans une autre salle. Le mec nous a prévenus par texto qu’ils venaient de croiser la douane sur la route entre Belfort et Strasbourg, et il nous a dit de faire attention à ce qu’on transportait. Sur le coup, on n’a pas compris. C’est genre trois semaines plus tard qu’on a fait un rapprochement avec les paillettes…


Dewaere

On est tombé amoureux de ce groupe cette année, genre un coup de cœur extrême. Le son est frais et fort, du vrai punk noise. Le chanteur Maxwell Farrington jongle entre crooneur et hurleur, on sent son expérience des karaokés quand il est sur scène, c’est carrément la foire. On a eu l’occasion de tourner avec eux. Quand on a joué à Rennes pour Les Bars en Trans, ensemble au Penny Lane, Maxwell a passé la soirée à nous montrer un micro tout en or qu’il avait récupéré. Un peu un trophée pour ce pro du karaoké. On a aussi joué avec eux à Niort, et entre chaque chanson Maxwell racontait un bout d’histoire (inventée ?) sur la mère d’un des autres membres de Dewaere qui allait acheter des fleurs, c’était hilarant l’écart entre la violence de la musique qu’ils proposent et leur second degré. C’est ça qu’on aime beaucoup chez eux : il y a un gros côté fait maison (leur album est mixé par Julien, le guitariste et les clips sont maison aussi, je crois) mais qui est hyper crédible, comme quoi faire de la bonne musique c’est surtout la faire avec le cœur.


Kumusta

C’est nos frères punks de Rouen. On est sur le même label, on aime les choses qui tachent et la bière sur les Docs Martens. Ils ont sorti un premier EP qui est un vrai missile et ils ont cette humeur contestataire qui se marie au fun, c’est pas sans nous déplaire. En début d’année, on a joué avec eux à notre concert à la Boule Noire à Paris, c’était vraiment le feu ! Mais on avait déjà fait quelques concerts en leur compagnie, notamment une mini tournée en février 2019. Bon, ils ont eu quelques soucis en fin de soirée avec l’appart de leur hôte (détails en MP) à cause de la fin de soirée un peu agitée, mais on a passé des supers moments ensemble, les lieux étaient vraiment atypiques et tout le monde hyper sympa, à la débrouille associative en fait. Le dernier jour, c’était sans Kumusta (au MC Daid’s au Havre) et on était tellement crevés qu’on s’est embrouillés de ouf entre nous quatre au sujet d’on sait même plus trop quoi, mais le concert était quand même vraiment top, avec Surfbort, grosse énergie en live. Le lendemain, on enchainait sur le tournage de « Minimal Function », qui n’était pas non plus de tout repos !


Anne-Laure de Bungalow Depression

Lors de notre release party du premier album, on a invité Anne-Laure et son projet Bungalow Depression. À l’époque, c’était un projet solo noisy, maintenant ils sont trois. C’est plus electro et pop, et ça défonce tout autant ! Du coup, on avait fait un featuring avec elle sur notre dernière chanson qui s’appelle aussi We Hate You Please Die. Elle avait apporté un violon, des pédales d’effets et des micros piezo qui nous ont permis de faire une version de la chanson hyper sensible et brutale en même temps. Un souvenir vraiment intense, même si à la toute fin un mec ultra bourré a arraché le micro à Raphaël pour raconter des conneries. Je crois qu’il invitait des gens à son after, il doit y avoir une vidéo de ça…


Metro Verlaine

Un groupe normand encore ! Des gens adorables et qu’on adore, on est content de les connaître de plus en plus. Leur son est romantique et sauvage. C’est du costaud. Une fois à Rouen, on a une usine (Lubrizol) qui a explosé la nuit d’une veille d’un concert à Orléans. Énorme nuage noir, beaucoup d’inquiétude. On partait de bonne heure le matin, et tout notre matos était bloqué à côté de l’épicentre de l’explosion. Finalement, on est quand même partis, car les Metro Verlaine nous ont dépanné de quoi nous refaire un set-up. Ainsi que le groupe LVOE avec qui on partageait l’affiche le soir même. On les remercie encore fort.


« Waiting Room » de We Hate You Please Die est disponible depuis le 13 mai 2020 chez Kids Are Lo-Fi Records.
La réédition de l’album « Kids Are Lo-Fi » est disponible depuis le 14 février 2020 chez Howlin Banana Records.


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