[Live] Voyou et Mou à Stereolux

Quelques semaines après qu’il ait sorti « Les bruits de la ville », Voyou a offert le 5 avril dernier au public nantais une interprétation enthousiaste de ce premier album impeccable. Riches en découvertes et instants rares, cette release party « sold out » a tenu toutes ses promesses.

Voyou – crédit : Fred Lombard

L’univers découvert à travers l’écoute des singles et EP sortis par Mou nous laissait présager une première partie de soirée résolument love. C’est précisément ce que vante le grand gaillard dès son entrée sur scène. Les accords mélancoliques de « Godbless » s’immiscent et le public se met à onduler dans une ambiance feutrée. Seul sur scène et dans la pénombre, Mou a un flow aussi cool que sa dégaine. Les morceaux ne le sont pas moins et les mots tendres sont tirés du petit guide de la séduction.

« Sensuelle » et « Cha Cha » ne laissent pas de doute sur le but que souhaite atteindre le lover barbu.  Cependant, au fil des punchlines, on constate que Mou aime à flirter avec l’absurde et c’est là que réside tout l’intérêt de ces morceaux surprenants. Qu’il affirme son amour pour les croissants ou vante la beauté de sa chemise comme l’apparat ultime du Don Juan, le Nantais séduit le public par sa fausse naïveté et la légèreté qui s’en dégage.

Contrairement à son titre totalement assumé, « La flemme » est le morceau qui verra tout le monde se déhancher. « Ça va le faire » assure Mou qui a délivré au final, un set étonnant à base de vibes lascives et non moins revigorantes.

Claviers et congas ornés de feuilles rappelant les forêts tropicales, le décor est planté. Voyou et ses musiciens nous invitent à pénétrer « La serre ». L’artiste ne cache pas sa joie de célébrer la sortie de son premier et merveilleux album à Stereolux, salle qui l’accompagne depuis longtemps.

Bondissant sur scène comme un beau diable élastique, Thibaud alias Voyou est désormais accompagné de Laura Etchegoyhen (saxophone, pads), Lætitia N’Diaye (claviers), Diogo Strausz (guitare, basse, percussions). « Papillon » libère les chœurs des spectateurs emplissant la salle affichant complet depuis des semaines. La fosse n’est que sourires et cris et l’enthousiasme monte d’un cran quand le morceau est rallongé par un éclatant solo de trompette.

Le groupe récemment formé est d’une cohésion parfaite et rend honneur aux mélodies imparables des morceaux présents sur « Les bruits de la ville ». Parfaits sur disque, leur fraîcheur sur scène est intacte et provoque la liesse. « À nos jeunesses », « Les trois loubards » s’inscrivent comme des immanquables du répertoire de cet artiste d’une créativité incroyable.

Premier invité de la soirée, Frànçois Atlas saisit une Gibson pour jouer un air venu tout droit du désert sur « La légende urbaine ». Un tumulte rock gagne la scène au son d’un crescendo puissant et d’un solo joué avec emphase par Frànçois qu’on retrouvera après le concert à mixer des K7 venues tout droit du continent africain.

Après un instant d’une belle intimité sur « Il neige » et son refrain vibrant entonné par le public, on savoure d’assister aux retrouvailles de Voyou avec Pégase et Lenparrot, avec qui il officiait au sein de Rhum For Pauline. Pégase lance son remix de « Walker’s Lament », premier morceau du groupe et l’émotion est vite palpable. On croirait entendre Lenparrot réciter des mantras de sa voix si particulière évoquant à la fois la douceur et la souffrance pendant que Voyou orne l’ensemble de mélodies lancinantes à la trompette. Le temps se suspend et les musiciens nous entraînent dans des sphères insoupçonnées.

De belles pépites du répertoire de Voyou suivent. « On s’emmène avec toi » est joué pour la première fois par la formation. L’enthousiasme se propage sans mal de la scène à la fosse. Aux chœurs, Lætitia et Laura sont parfaites et occupent avec malice la partie chantée par Yelle sur « Les bruits de la ville » pendant que Voyou déambule parmi les spectateurs. La folie s’invite sur « On a marché sur la Lune ». Tout le monde y compris les invités se laisse aller à la danse.  Diogo tape comme un démené sur ses peaux avant que le morceau ne file en transe électro. Transe qui se poursuit sur le sublime « Seul sur ton tandem » qui prouve, à lui seul, le génie mélodique de Voyou. Les sourires se mêlent aux larmes de joie et aucune parole n’est laissée de côté par le public conquis.

Fort logiquement, le morceau d’adieu à « Lille » clôt le concert. L’atterrissage après ce beau voyage se fait en douceur et l’on a la primeur d’apprendre en direct le retour de ce bel équipage à Stereolux en janvier 2020. Comme par magie, la boucle d’intro des « bruits de la ville » surgit des enceintes et les musiciens reprennent illico presto leurs postes pour un rappel imprévu. La foule danse et dansera encore longtemps après ce set impeccable à la candeur bienvenue.


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