Le Vasco sur scène

Pour son deuxième jour, l’Aoutside se délocalisait. Au placard les lunettes de soleil, les concerts s’engouffraient dans l’obscurité d’une véritable salle de concert. À l’image de ce qu’est le festival, l’affiche de la soirée fut hétéroclite avec sa pincée de locaux. L’espace Paul B accueillait, notamment, Le Vasco.

Le Vasco
crédit : Charlène Biju

Leur nom circule sur internet. Il fait aussi son chemin de bouche à oreille. La rumeur gronde autour de ces cinq jeunes gens qui font Le Vasco. Elle s’amplifie même, allant jusqu’à être parmi les groupes cités par les Concrete Knives. Alors le temps d’un set d’une heure, indiemusic s’est plongé dans les méandres du groupe. Le verdict est tombé, Le Vasco n’est pas qu’une rumeur.

crédit : Charlène Biju
crédit : Charlène Biju

Voir Le Vasco en concert est une chose. Voir Le Vasco en concert à Massy est une chose différente. Ici, le groupe est chez lui. Il connaît la scène et par-dessus tout le public est là pour lui. Il y a comme une sensation de fierté qui circule dans la foule, cette sensation d’avoir sous ses yeux son poulain, le cheval sur lequel on mise. Peut-être même depuis longtemps. Se dire que depuis le début, on les a toujours suivis et puis pouvoir dire « Le Vasco, ils étaient dans mon lycée ». Oui, c’est ça qui se sent, en premier, dans la fosse.

crédit : Charlène Biju
crédit : Charlène Biju

Ils ont ce charme, cette proximité, cette joie de recevoir autant d’attention. Mais Le Vasco ne s’arrête pas à ça, pas à cette reconnaissance. Le groupe nous plonge dans une représentation conquérante. Peut-être que tout commence dès l’arrivée du groupe. Sûrement que tout commence là d’ailleurs. Cinq corps dans la fumée. Cinq corps en ligne. Le Vasco fait front au public. Puissant. Guerrier. Quand une clarinette sonne comme la mort d’un western.
Toute cette classe invincible est sublimée par la lumière. La scène donne des tons tragiques au groupe. Des ombres magistrales qui offrent une musique parfois très onirique, parfois très ludique. Ils jouent avec les styles, les influences, les envies de chacun. Ils invitent la performance physique derrière chacun de leur instrument.

crédit : Charlène Biju
crédit : Charlène Biju

Un concert de Le Vasco s’appréhende comme un match de boxe. Il y a les coups. Les temps forts. Les silences. Les cris. Les tensions. Il y a aussi bien plus. Au-delà de la rage se dégage une furieuse envie de tout envoyer valser. À contre-pied, les lives de Le Vasco peuvent être ténébreux comme festifs. Entre transe et pulsation hip-hop. L’idée est d’être transporté. Au corps de sentir par quoi. Par qui. Dans la musique qui s’échappe, la transe est bien présente. Il y a cette chose très sonore, très palpable qui nous pousse. La question est vers où ? Jusqu’où ? Car là où certaines musiques nous perdent dans les retranchements, en nous poussant toujours plus loin, Le Vasco joue avec les rythmes et les pauses. N’hésitant pas les arrêts nets, là où les corps en demandent plus. Leur son n’est pas une route toute tracée, loin d’être reposante et réconfortante. Non, il est cette musique qui trimbale plus qu’elle ne porte. Les corps s’entrechoquent, il en est de même pour notre inconscient. Le Vasco est un bateau fou.

crédit : Charlène Biju
crédit : Charlène Biju

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levasco.com

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Juliette Durand

étudiante en cinéma, arpenteuse des scènes parisiennes et passionnée des musiques qui prennent aux tripes