[EP] Vagina Town – Ecstasy – Comedown

Deux titres captivants dont le rock old school sent bon le psychédélique et le trip multicolore.

Vagina Town - Ecstasy - Comedown

Avec un nom et une pochette pareils, on est en droit de se demander ce qu’il va bien pouvoir se passer ; eh oui, le quatuor se prend méchamment les pieds dans des tapis élimés et poussiéreux, cherchant coûte que coûte à replonger au milieu de vieux 33 tours (ou de 78, c’est selon) qui sentent bon la naphtaline. Et le formol. Car leurs deux derniers titres rappellent ces temps anciens où graver sa musique revenait à se taillader les veines avant de graver d’authentiques vinyles prêts à être rayés à force d’écoutes répétitives et inépuisables. Car le rock de la fin des 60’s continue à brûler sur les platines, à servir à autre chose qu’aux délires scratchés de DJs en panne d’inspiration.

« Ecstasy » fleure bon les essences de la musique paternaliste, celle-là même que les jeunes générations bercées à la techno et autres machineries insipides rejettent en bloc alors qu’elles sont les bases des courants actuels. Énergique et incitant à bouger dans tous les sens, comme le plus improbable des pogos de fin de soirée, il introduit également un orgue et des arrangements dont la puissance libère, là où les guitares et les chœurs deviennent les hurlements contenus d’individus prêts à exploser, à se dévêtir pour mieux sentir la chaleur, la moiteur de salles de concerts planquées au fin fond d’une cave insalubre et irrespirable, mais où il fait bon se dépenser sans jamais s’arrêter.

« Comedown » calme le jeu et éteint les lumières, dialogue déviant entre individus d’un autre univers, voire d’une galaxie lointaine. Les voix se répondent, plongeant dans un voyage hallucinogène mécanique et coloré, une expérience addictive d’étreintes physiques portées par des bruits et improvisations instrumentales nous invitant à l’apesanteur, au voyage subliminal au-delà de la substance. On ingère la matière pour mieux sentir les cellules de nos corps fondre et nos synapses se percuter pour créer une ambiance électrique et tendue, une descente vers l’irréel qui engourdit et finit par paralyser. Implacable et terriblement efficace, le titre emmène loin des rivages rassurants de l’art formaté pour nous renvoyer vers les expérimentations bruitistes du début des 70’s ; et on accepte d’aller vers l’inconnu, sans moyen de locomotion classique. Ou alors, l’une des nacelles bigarrées d’un vieux manège, dont les couleurs s’estompent sans pour autant enlever la magie du moment.

Vagina Town

Vagina Town, ville de plaisirs oubliés mais indéfiniment présents et prêts à rejaillir ? Aucun doute.

« Ecstasy – Comedown » de Vagina Town, sortie le 29 septembre 2014 chez Kythibong Records.


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