[LP] Ümlaut – Vasco Da Gama

Artiste aux multiples talents, baignant aussi bien dans les arts visuels que musicaux, Jeff Düngfelder, alias Ümlaut, nous livre un disque entre expérimental et trip sensoriel décalé et hors des sentiers battus, pour un résultat faisant autant appel à l’imagination qu’à la découverte de son univers riche en surprises et visions aussi dérangeantes qu’irrémédiablement attirantes.

Motivé par les foisonnantes inspirations multiculturelles de son foyer du Queens, à New York, le plasticien, photographe, réalisateur et maintenant musicien Jeff Düngfelder donne aujourd’hui vie à son projet musical, Ümlaut ; un patchwork de sons tantôt discrets, tantôt affirmés et continuellement intemporels, tout en incitant l’auditeur à plonger au plus profond de lui même pour y découvrir les trésors cachés qu’il n’ose à aucun moment révéler. Car le langage musical ici porté par le compositeur, d’abord hermétique, voire élitiste, contient ces fragments humains allant de l’explosion des sens à l’introspection, sans jamais se détourner de son but premier : faire réagir, de manière épidermique, le public qu’il prend dans sa toile. Mystique et étrange, « Vasco Da Gama » nous invite à découvrir des terres vierges de toute présence ayant foulé ces paysages naturels qui se meuvent sous nos yeux et nous obligent à voir au-delà des simples apparences.

Mélangeant tonalités orientales déformées puis exposées pour mieux intégrer l’auditeur dans un univers mystique et introspectif (« Agaani », « Manifestus »), Jeff Düngfelder brouille les pistes en convoquant des arrangements électroniques apportant un mouvement inédit et attractif sur l’ensemble de son œuvre. Sans jamais s’accorder de limites trop restrictives à son art, tout en ayant comme objectif principal d’accompagner par le son les images qu’il a auparavant immortalisées, il déroute en invitant un ambient minimaliste reposant (« Reveal ») autant qu’une électro passéiste et pourtant vivante, dont les dissonances sont autant de songes éveillés pour celui qui se précipite, sans pouvoir se retenir, dans les canaux sombres de l’album (« Formed + Informed »). La cohésion du travail ici offert se retrouve dans cette capacité en apparence inépuisable à conjuguer malaise (« Santa Maria » et sa course folle vers l’inconnu) et plaisirs audacieux et interdits (la plénitude reposante de « But The Sky Is Empty »). Difficile à aborder, mais pourtant chargé de sens et de significations que chacun pourra y discerner.

Indissociable des photographies et métrages de son géniteur, « Vasco Da Gama » est le complément idéal à la puissance évocatrice des images et mouvements cinématographiques d’un artiste complet qui, en dépassant toujours plus les frontières de l’inspiration, utilise tous les outils mis à sa disposition pour dévoiler un regard tantôt sincère, tantôt onirique et épuré sur le monde qui l’entoure. Tout en nous contaminant, le virus se répandant dans nos veines et modifiant notre perception du réel, dans une apothéose sensorielle aussi brutale que délicieuse. Rendez-vous en terre inconnue, mais avec la meilleure compagnie possible.

crédit : Jeff Düngfelder

« Vasco Da Gama » de Ümlaut est disponible depuis le 6 janvier 2017 chez Carpe Sonum Records.


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