[EP] Ultraviolet – Outlaw

Derrière Ultraviolet s’affirment deux jeunes artistes qui étaient sans doute faits pour se rencontrer. Loin de vouloir dérouler le tapis rouge à ce duo naissant qui possède tout simplement de l’or dans ses mains, c’est avec une grande sincérité que nous aborderons  leur premier disque, « Outlaw », EP extrêmement dense sous l’influence indéniable d’une des plus grandes références contemporaine : Depeche Mode.

Difficile, donc, de faire l’impasse sur la bande à Martin Gore, Dave Gahan et consorts pour envisager la musique d’Ultraviolet. En même temps, de Johnny Cash en passant par Arcade Fire, Nine Inch Nails, voire jusqu’aux français Sylvain Chauveau et Moriarty, et la liste pourrait être très longue : tous célèbrent avec vigueur l’influence et l’œuvre de ce groupe hors-norme. Alors, qu’un jeune groupe se retrouve dans une telle vision partagée de la musique moderne n’a finalement rien d’étrange ni de dérangeant. Dès le premier morceau, « Chaos Lives in Everything », c’est une intense matière musicale qui s’impose, une matière entre l’électronique et l’organique, ambitieuse et maîtrisée. Capable de jouer sur la corde sensible comme de soulever les montagnes, la musique d’Ultraviolet se démarque aisément du tout-venant électro actuel. En effet, derrière ce magma sonore se profilent deux âmes curieuses et exploratrices et ne se refusant pas, cà l’image de leurs illustres aînés, à aller chercher du côté du jazz et du blues, ou même des musiques traditionnelles, le chemin de l’émotion. Ainsi, il n’est pas étonnant de constater que Romane affole déjà les compteurs avec son projet électronique solo, Kawrites, tandis que Louis suscite beaucoup d’attention depuis quelques années à travers ses différents groupes comme son précédent projet, Square.

Sur « Outlaw », ce sont bien, sans aucun doute possible,  de véritables chansons qui développent leurs constructions fines et finalement assez éloignées des préoccupations du dancefloor. En même temps, lorsque les intentions d’un groupe sont décuplées avec tant d’aisance par les aptitudes vocales d’un chanteur de la trempe de Louis, tout semble possible. Le cœur de cet EP s’articule principalement autour d’intenses ballades mélancoliques et sinueuses (« Erased », « Surrender », « Hold the Time »), mais certains morceaux entrouvrent des portes tout-à-fait excitantes, comme cette partie instrumentale tout en percussion habitant le corps de « Violet Opus », après une intro mystique digne de Dead Can Dance. Mais c’est certainement le dernier morceau, « Happy End », qui interpelle avec le plus de force notre imaginaire : des espaces infinis s’ouvrent dans une dimension parallèle, sublimés par le saxophone subtil de Louis, s’élevant littéralement au dessus des abîmes sonores de Romane.

« Outlaw » est vraisemblablement le premier chapitre d’une grande histoire : celle d’un groupe en devenir qui devra certainement dépasser sa relative zone de confort pour décrocher la lune mais qui, en l’espace de quelques titres, nous a déjà totalement bluffés.

crédit: Tristan Garnero

« Outlaw » d’Ultraviolet est disponible depuis le 13 janvier 2017.


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