[Live] Toybloïd au Printemps de Bourges

Le steak haché de mon hamburger en est tombé sur mes genoux, maculant au passage mes jeans de ketchup et de moutarde bon marché. Alors confortablement installé à une table jouxtant la scène SFR Live du Printemps de Bourges, prêt à savourer mon seul repas consistant de la journée, les Toybloïd n’ont eu absolument aucune pitié de mon instant de pause.

Toybloïd © Fred Lombard

Secouant l’esplanade entière, ils ont déboulé sur la scène SFR Live sans crier gare, pour rouler impunément leur mécanique effrontée. Les respirations se sont suspendues le temps d’un set ravageur de 40 minutes qui ne laissera aucune trace de peu.

Sans jamais laisser soupçonner de leur jeune âge inversement proportionnel au talent et à la maîtrise du rock et de la scène qui les habitent, les Toybloïd se sont baladés dans tous les sens du terme et nous ont promené durant 13 titres sur leur planète punk-rock cohabitée par les L7, B52’s, Garry Glitter et les Runaways.

Et si L.M.P. se réfère plutôt à des histoires de patrimoine immobilier, Lou, Mado et Pierre ont partagé avec frénésie l’héritage de la recette qui nous fait jubiler le rock : riffs, voix et attitude.

Ils ont dû écouter et voir beaucoup de bonnes choses, à moins que ce ne soit tout simplement un don inné. Car ils ne sombrent jamais dans le cliché, ni dans une pâle copie de leurs aînés. Rien n’est singé, tout est authentique, tout droit venu de leur inspiration et de leurs des tripes.
Une fraîcheur insolente restituée à coups de gimmicks et d’extrême charisme qui nous met des claques sans autre forme de respect.

Chacun occupe pleinement mais naturellement l’espace, le son, stimulé par des compos qui percutent en plein cœur. Des Lucky Luke qui vous dégainent du rock bien à sa place, sans carte de visite, sans préambule. Donnant toujours dans le mille.

À coups de « Yeah Yeah » qu’une Lita Ford adouberait sans hésiter, Lou joue et chante derrière ses mèches noires comme pour mystifier son personnage. Fausse timide, elle ne cesse d’haranguer les rangs échauffés de sa débordante énergie communicante. Mado, la patronne à la basse est plus en retrait, toute en générosité. Accrochée à sa guitare, elle ne lâche jamais le morceau. Certainement la force tranquille du groupe. Pierre à la batterie frappe de son plus fort tout en surveillant d’un œil perché ses sexy girls. Sa voix rauque vient de temps en temps soutenir les filles si tant est qu’elles en aient besoin.

Tout est en dextérité, en maîtrise ultime de tout, pour le tout.
Lou se paye le plaisir d’improviser des notes de « Sweat Dreams » sur quelques notes bien sonnées, elle nous prouve encore que les portées musicales de Toybloïd sont leurs lignes de vie.

Au rock’n roll hall of fame, Toybloïd n’a pas attendu pour déjà laisser son empreinte.
De vrais enfants TTTerribles !


Setlist

Play The Game
Can’t Stop
Stuck in Boring City
Girls on The Picture
Take a Ride
Babylon
Puppy With The Cats
Hell Yeah
Not Alone
If You Dare
The Riot
Yeah Yeah
TTTurn Me On


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