[Interview] Toybloïd

Au lendemain de leur concert sauvage du Printemps de Bourges, sur la scène SFR Jeunes Talents, rencontre découverte avec les pas si jeunes de Toybloïd.

Toybloid © Fred Lombard
de gauche à droite : Mado (basse), Lou (guitare) et Pierre (batterie)
  • Salut les Toybloïd, que veut dire votre nom? Y a-t-il un sens caché ?

Mado: C’est totalement inventé, c’est un mot que j’ai trouvé quand j’avais 16 ans alors que le groupe n’existait pas vraiment. Il ne veut rien dire, le cheminement n’est pas hyper intéressant, au final on l’a gardé parce que quand tu tapes Toybloïd sur Google, tu tombes forcément sur nous ! (rires)
Les gens ne savent pas trop comment l’écrire ou le prononcer, mais au final on est quand même contents !

Pierre : Sans le vouloir, c’est une contraction de Toy et de Tabloïd.

  • Abordons la question qui fâche, celle des âges (rires). Bon toi Pierre, avec tes quelques cheveux blancs, on est amené à penser que tu es à l’origine du groupe, comment s’est passée la rencontre ?

Mado : En fait, c’est moi qui suis à l’origine du groupe avec une autre guitariste. Les débuts ont été longs, avec beaucoup de musiciens différents. Au final on s’est retrouvé à 4 et puis on est plus que nous 3 depuis 2012.

Toybloid © Fred Lombard

  • Donc là vous avez semble-t-il trouvé votre équilibre en trio, comment vous êtes-vous trouvés ?

Mado : Sur Paris, par petites annonces. On s’est rapidement entendus et cela fait maintenant 7 ans qu’on joue ensemble. Je crois qu’on s’est bien trouvés !

  • Ce qui nous a tout de suite attirés lorsqu’on vous a vu sur la scène SFR Live – Jeunes Talents ce mercredi 23 avril est ce charisme extraordinaire, l’impression que vous faîtes cela depuis 30 ans. Vous êtes allés chercher des sonorités, des esprits qui ne sont pas forcément de votre génération comme les Runaways, les Clash ou les B-52’s sur le titre « Yeah Yeah ». Vous avez des parents musiciens ?

Mado : On nous fait souvent la remarque avec tous ces noms que tu nous cites et pourtant on ne les a pas vraiment écoutés. Peut-être toi Lou qui a des parents un peu plus rock’n’roll, où tu as pu entendre des groupes comme les L7. Mais je ne sais pas en fait d’où cela vient.

Lou : Peut-être tout simplement parce que l’on est des filles !

Toybloid © Fred Lombard

  • Du coup, avec quelle musique dans les oreilles avez-vous grandi?

Pierre : Des choses différentes à la base. Moi, le premier groupe que j’ai écouté est Pink Floyd. Tu vois cela n’a rien à voir, c’est même plutôt l’antithèse avec des chansons longues, très construites et déconstruites. Puis après beaucoup de métal, du punk…

Mado : Je crois que le premier groupe que j’ai écouté est Placebo, j’étais plus là-dedans même si aujourd’hui ils sont devenus un peu autre chose. Après j’ai évolué vers les Clash et les Ramones…

Lou : Moi j’ai jonglé entre Avril Lavigne, les Spice Girls, L7, Blondie et INXS. Plutôt des trucs des années 90 avant de partir sur le métal. Aujourd’hui, c’est plus du punk, du rock, du garage et la découverte de nouveaux groupes sur Deezer.

  • Vous avez joué une douzaine de titres sur la scène SFR Live Jeunes Talents, qu’est-ce que vous avez en place à part l’EP « From Scratch » édité grâce à une campagne de financement participatif.

Mado : On a sorti un autre EP il y a 5 ans, mais il ne veut plus rien dire

Pierre : Le groupe a beaucoup changé. On s’était même dit qu’on aurait peut-être dû changer de nom, car les titres du premier EP sont beaucoup plus pop. En se mettant en trio, on est partis sur quelque chose de beaucoup plus brutal, en mode guitare-basse-batterie.

Toybloid © Fred Lombard

  • Et comment écrivez-vous ?

Pierre : Le processus créatif est qu’on part d’une idée de base à la guitare. Avec des petites idées qu’on développe ensemble et qu’on répète ensuite.

  • Vous vous référez à des musiques actuelles ou en puisant dans vos connaissances comme avec ce clin d’œil sur scène au Sweet Dreams des Eurythmics ?

Lou : En fait, ce Sweet Dreams était complètement improvisé, c’était une première. Je me suis dit que si le public pouvait reprendre des « Wouah ah ah ah », pourquoi ne pourrait-il pas chanter ces paroles avec moi.

  • Quelles sont les scènes qui vont ont aidées à vous construire, à faire que le public adhère immédiatement à votre musique, même en vous découvrant pour la première fois ?

Mado : On a fait énormément de premières parties donc on est habitué au format court de 30-35 minutes où tu dois convaincre à chaque fois un public différent. On a fait par exemple la première partie d’Indochine, d’Offspring, de Skip the Use avec des publics qui n’ont strictement rien à voir. Comme tu as toujours peur de la réaction des gens, on s’applique énormément, on est énergiques, on montre que l’on est content d’être là.

Pierre : On est vachement spontanés, ça n’est pas trop calculé. Peut-être des petits trucs, des transitions de chansons, on se fait plaisir et les gens aiment ça.

Mado : On reste assez persuadés que pour convaincre un public, il faut soi-même être convaincus.

Toybloid © Fred Lombard

  • Le groupe a 7 ans, quelle est la prochaine grande étape ? La couverture du NME, le Stade de France ?

Pierre : le Stade de France ? Tu dis cela en déconnant parce que justement on va le faire en juin…

  • On disait cela au hasard. Vous invitez qui du coup en première partie ?

Tous : Indochine (rires).

  • Il reste quoi à faire après ? Un concert sur Mars ? Ou tout simplement travailler sur un album ?

Lou : Oui, les compos on les a, on est en totale autoproduction.

  • D’ailleurs, vous arrivez à vivre du groupe ? Comment cela se passe dans la vie de tous les jours ?

Pierre : on bosse à côté, tout ce qui est gagné est aussitôt réinvesti, ce n’est pas une période facile pour la musique en ce moment.

  • Justement, que pensez-vous de la rétribution des groupes en développement ?

Pierre : Je pense que nous faisons quelque part partie des chanceux parce que la grande majorité des groupes émergents n’a parfois pas de cachet lorsqu’elle fait un concert. Beaucoup payent pour jouer. Même si on n’a pas de cachet tout le temps, on tourne, on fait des concerts, on arrive à en faire qui ne nous coûtent pas d’argent. Et pas rapport à nos métiers, on a de la flexibilité, car on bosse à notre propre compte. On organise notre temps, nous sommes nos propres patrons.

Toybloid © Fred Lombard

  • Quelle est la stratégie pour le futur de Toybloïd ?

Lou : Nous n’avons pas réellement de stratégie, l’idée est de développer le groupe encore et encore,
d’évoluer, de continuer à écrire de nouveaux morceaux.

Mado : On a la chance de pouvoir jouer un peu partout et d’avoir un public dans toute la France, avec beaucoup de fans sur Facebook. Mais pour la presse et les autres médias, c’est plus compliqué, on grappille, cela fait 2 ans qu’on est chez notre tourneur, on se sent plus entourés, mais l’étape suivante n’est pas évidente à franchir.

  • Pour revenir sur le stade de France, est-ce qu’il y a une préparation particulière par rapport aux concerts plus intimistes ?

Pierre : C’est quelque chose que l’on va travailler, il va falloir faire une setlist un peu spéciale et penser comment occuper l’espace, réfléchir à la scénographie. Y compris d’un point de vue technique pour le son, avec des micros HF pour pouvoir bouger. Cela va être assez particulier pour nous qui sommes plutôt habitués à jouer regroupés. Mais faut pas trop non plus qu’on se prenne la tête.

  • Et si vous deviez ouvrir pour un autre Stade De France ou une salle mythique comme Wembley ou l’O2, vous joueriez avec qui ?

Mado : Les Clash mais ça va être compliqué… ou alors en hologramme (rires).

  • Vous faites des cover ?

Lou : Héhé, on a tenté « Single Ladies » de Beyoncé, mais on n’a pas continué. On reprend par contre « Lump » des Presidents of The USA. Tout dépend si on est sur une grosse scène où on privilégie nos compos ou dans un bar.

  • Bravo pour les Presidents… cela prouve une nouvelle fois que vous avez un solide background musical. Tant mieux pour vous… et tant mieux pour nous ! Merci les Toybloïd et à bientôt sur la route !

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