[Interview] Timo Ellis (Netherlands)

Note for our readers: for the ENGLISH LANGUAGE VERSION of the interview, CLICK HERE.

La formule est connue, mais Timo Ellis est sûrement le secret le mieux gardé de New York City. Que ce soit en solo ou aux commandes de la machine de guerre Netherlands, l’artiste atomise le rock et expérimente à tout va. Son nouvel et génial EP « Death Is Everywhere » n’a fait qu’augmenter notre passion déjà grande pour le bonhomme et il était temps d’échanger avec lui pour découvrir ce qui se trame dans ce cerveau hyperactif. Processus de composition, destruction de talk-shows, sorties prévues pour 2021, ukulélé baryton, on n’a pas été déçu !

  • Bonjour Timo. C’est un grand plaisir d’échanger avec toi. Merci de prendre ce temps pour indiemusic. Comment vas-tu ?

Tout bien considéré, bien ! Malgré tout le chaos et l’incertitude de ce moment, mes vies personnelle et professionnelle sont actuellement stables et fonctionnelles et j’en suis extrêmement reconnaissant.

  • Pour les gens qui ne te connaissent pas, on peut te présenter comme un vétéran de studio qui a travaillé avec un grand nombre d’artistes de la scène pop-rock de NYC. Tu affiches ton amour du hard rock des années 70 et 80 tout en faisant preuve d’une très grande ouverture d’esprit musical à travers des DJ sets pour thelotradio.com. Tu as sorti un grand nombre d’albums en solo et a fondé Netherlands, groupe atypique qui joue sur les déflagrations, l’étrange et des basses surpuissantes. Ce portrait te convient-il ? Peux-tu le compléter ?

« Déflagrations, l’étrange et des basses surpuissantes », j’adore ! Musicalement, je passe régulièrement d’une chose à une autre de façon assez radicale. Que ce soit avec d’autres artistes ou dans mon propre travail. J’ai des goûts très variés, je joue de plusieurs instruments et j’ai l’habitude depuis longtemps maintenant de poursuivre de tout cœur mes visions musicales, quel que soit le genre. Je pense que j’en suis à plus de 35 albums à ce stade. Et franchement, aucun d’entre eux n’est nul ! J’irais même plus loin en disant qu’il n’y a littéralement aucun remplissage sur aucun d’entre eux. Je suis simplement un artiste qui travaille sans relâche. J’ai organisé mon existence pour pouvoir me lever tous les jours et aller produire des trucs.

  • Tes paroles sont très inspirantes. Tu sembles vouloir aller de l’avant malgré un constat sombre de l’état du monde. Sur le curseur entre pessimisme et optimisme, où te situes-tu ?

Il est difficile de répondre honnêtement à cette question pour moi. Je pense que les états psychologiques comme « le pessimisme » et « l’optimisme » sont loin de contenir ou de comprendre l’hypercomplexité de la civilisation techno-industrielle moderne. Où elle semble se diriger et où elle se trouve déjà. Mon humeur quotidienne et personnelle, ainsi que ma vision « positive » de la vie, dépendent entièrement de ma santé mentale et physique, de mes habitudes de consommation d’informations, de mes préjugés culturels, de mes privilèges économiques et des techniques et outils associés qui me permettent de faire abstraction de toute réalité désagréable lorsque je commence à me sentir trop anxieux ou déprimé. D’une manière générale, je me méfie de toute personne qui réduit exagérément sa vision du monde à ce genre de polarité d’un côté comme de l’autre, car la vérité est toujours plus compliquée. Je suppose que dans le sens le plus simple, je suis à la fois complètement pessimiste et optimiste, et c’est souvent profondément déroutant.

  • La musique de Netherlands est cathartique. Que souhaites-tu que tes morceaux provoquent chez l’auditeur ?

Voyons voir… L’excitation émotionnelle, le plaisir esthétique, la joie extatique, l’humour, la tristesse, la colère, la solitude… et au mieux ; une reconnaissance partagée, viscérale de l’incompréhensible, du miracle absolu et de la beauté de la vie, et de la conscience humaine ! Ou juste le fait qu’ils apprécient cela, à quelque niveau que ce soit (rires) !

  • Comment se porte la scène de NYC ? Celle de Brooklyn ? Des initiatives ont-elles été menées pour pallier la fermeture des salles ?

Pour être honnête, je ne commence que maintenant à enquêter activement sur l’état de l’infrastructure locale de la musique live qui n’est probablement pas prête de rouvrir à grande échelle… Tant de clubs, de bars et de restaurants que j’adore ont été frappés mortellement par la pandémie, mais l’esprit de résilience, l’enthousiasme et l’énergie explosifs pour que la culture reprenne vie sont clairement perceptibles. C’est en quelque sorte une bonne nouvelle. Mais honnêtement, je ne sais pas vraiment. Comme tout le monde, j’ai été totalement isolé de cela l’année dernière.

  • Ton jeu de guitare est impressionnant et tu utilises avec une grande maîtrise beaucoup d’effets. Ne serais-tu pas tenté de développer un projet où la guitare occuperait le premier plan avec très peu d’artifices ?

Merci ! Je comprends que toute personne qui n’est pas vraiment familière avec mon travail en dehors du groupe (ou pas du tout) n’aurait évidemment aucune idée que j’ai fait tant d’autres types de choses différentes musicalement. Et tu as raison de qualifier le groupe de « heavy guitar effects » : la manie des pédales fait partie intégrante du concept du groupe ! Mais pour répondre à ta question, j’ai à mon actif plusieurs albums qui sont plus traditionnels en termes de jeu de guitare. Écoute mon album de country « The New Yorker » ainsi que l’un de mes trois albums de ukulélé baryton (« Uppalappu », « Civilian Pursuits », « Feral Minty ») qui sont plus des albums de prog-rock minimaliste et qui, selon moi, font partie de mes meilleurs travaux.

  • Parlons de ta voix. Elle est unique et doit sa particularité à un parfait dosage entre le calme voire le chuchotement et les hurlements. Quels chanteurs et chanteuses sont tes principales influences ?

Michael Jackson, Carl Wilson, David Lee Roth, Little Richard, Benjamin Orr, Etta James, Ozzy Osbourne, Philip Bailey, Yoko Ono, Marvin Gaye, Dio, Buffy Sainte-Marie, Ralph Stanley, Diamanda Galas, Art Garfunkel, Johnny Rotten, Nusrat Fateh Ali Khan, Prince, Mika Yoneta (Pixeltan), Gary Shider, Iggy, Nina Simone, H.R. (Bad Brains), Tom Angelripper, Kaori Okumura (Yellowmachinegun), Ricky Williams (Flipper)… J’ai été viscéralement, profondément influencé par tous ces chanteurs et cette liste pourrait continuer encore et encore !

  • À l’écoute de ton dernier EP solo « Death Is Everywhere », on note que tu as délaissé les structures de morceaux très expérimentales pour un format plus cadré. J’ai l’impression que tu as réussi à canaliser toute ton énergie et tes idées parfois folles pour les fondre dans un moule pop-rock plus accessible et leur faire ainsi gagner en puissance. Qu’en penses-tu ?

Je pense qu’il est intéressant que tu le perçoives de cette façon. Pour moi, « D.I.E. » est en fait plus expérimental que les morceaux de Netherlands, dans la mesure où il est généralement plus « mélange des genres » alors que les morceaux de Netherlands ont tendance à être plus formels, contraints par les règles du genre. Là où je suis d’accord avec toi, c’est que le chant et les mélodies de « D.I.E. » sont plus « poppy », plus accessibles et plus légers même si le sujet et les paroles sont au moins aussi sombres que ceux qu’on entend chez Netherlands. Mon premier EP solo, « The Enchanted Forest Of TE » est, pour moi, plus proche esthétiquement et philosophiquement de « D.I.E. » que tout ce que j’ai fait avec le groupe ces dernières années. Mais bien sûr j’apprécie que tu penses que « D.I.E. » est puissant !

  • Tes morceaux sont fascinants, car ils nous projettent dans le futur du rock. Tu voues pourtant une grande admiration aux figures du passé, que ce soit dans le hard rock, le progressif ou d’autres genres musicaux injustement méprisés aujourd’hui. Qu’est-ce que ces musiciens que tu vénères ont à nous apprendre en 2021 ?

Je suppose que je ne suis pas vraiment conscient de la mesure dans laquelle certaines personnes de nos jours méprisent le hard rock ou le prog-rock. Et heureusement ! Je pense que les jeunes artistes d’aujourd’hui pourraient essayer de se rappeler que tout n’a pas besoin d’être aussi parfait, si overdubbé, édité et compressé à l’infini. À part peut-être les musiciens de jazz moderne et les artistes des scènes de musique bruitiste, d’avant-garde et improvisée, une grande partie de la nouvelle musique pop me semble aujourd’hui complètement cuite et trop préparée. La musique faite avant l’avènement de tous ces super programmes d’enregistrement numérique avait, selon moi, une qualité humaine plus libre et oxygénée et acceptait généralement d’avoir des défauts et des imperfections. Ce qui, pour moi, était une expression plus vraie de la nature humaine désordonnée et un reflet plus précis de la réalité elle-même. Bien sûr, il y a des tonnes d’exceptions étonnantes dans ce contexte et une analyse crédible de tout cela nécessiterait une conversation beaucoup plus longue et plus nuancée.

  • Quel artiste/groupe contemporain t’a le plus impressionné dernièrement ? Quel artiste/groupe souhaites-tu faire connaître aux lecteurs d’indiemusic ?

Les nouveaux morceaux d’Eartheater sont tout simplement stupéfiants. Elle possède un large éventail musical et fait généralement des choses qui sont plurielles, provocantes et tout simplement magnifiques, enchanteresses, chamaniques… et franchement quelque peu terrifiantes.

  • Tu as lancé un talk-show minimaliste et fou, le « ShameParty ! ». Le concept est génial. Peux-tu nous le présenter ? D’autres épisodes sont-ils prévus ?

« Shame Party ! » est essentiellement une déconstruction surréaliste et amusante du format des talk-shows. J’essaie de détruire de manière créative la dynamique conventionnelle de l’interview en utilisant des effets sonores et visuels tout en mettant en scène un groupe de mes amis cinglés de la scène locale. Avant notre tournée avec Mastodon en 2018, j’ai tourné environ vingt épisodes. J’en ai édité dix jusqu’à présent, alors attendez-vous à un tas de nouvelles folies « Shame Party » à venir cet été !

  • « Left Without an Answer » sur « D.I.E. » est une chanson absolument magnifique. L’outro est d’une beauté pure où se croisent deux chorus que tu chantes a cappella. Quelle a été ton impression lorsque le résultat a surgi ? Aspirais-tu à atteindre ce niveau de perfection ?

Merci beaucoup. Dans l’ensemble, je suis assez fier de cette chanson et je pense qu’il est juste de la caractériser comme étant le « cœur » de l’EP et probablement le morceau le plus mémorable de celui-ci. J’aime sa combinaison d’introspection et de furie rock obscure. Selon moi, elle a l’un des plus grands refrains à deux voix dans une chanson rock que j’ai jamais entendu … par qui que ce soit ! Comme je te l’ai dit, j’en suis fier (rires) !

  • Concernant l’écriture et la composition, envisages-tu d’aller vers plus de simplicité, d’efficacité ou laisser libre cours à ton imagination débordante ? As-tu un plan ou es-tu à la merci de ton inspiration ?

En général, je n’opère jamais avec un plan à l’avance. Tout mon processus consiste à permettre à ce qui doit arriver d’arriver puis d’affiner les choses en essayant de mettre en évidence les qualités émergentes les plus fortes d’un morceau. Le seul paramètre peut être le genre. Comme si je commençais à penser (semi-)consciemment « J’ai envie de faire de la danse music » et que je partais de là pour voir ce qui se passe. Et même dans ce cas, l’œuvre peut prendre des directions musicales radicalement différentes de celles que j’avais initialement prévues ! Mais pour moi, découvrir le processus est une grande partie du plaisir. Je ne fais pas les choses de la manière la plus simple possible, mais c’est comme ça, pour le meilleur ou pour le pire. De plus, je ne crois pas à l’idée traditionnelle du besoin d’inspiration musicale. En fait, j’en ai très rarement. Je pense généralement qu’une pratique artistique quotidienne rigoureuse, qu’il pleuve ou qu’il vente, augmente exponentiellement les chances d’être un canal spontané pour la beauté, les idées, le hasard, l’énergie. En d’autres termes, on crée ses propres conditions pour l’inspiration et elle vient de l’intérieur.

  • La crise sanitaire mondiale met à mal une infinité de projets artistiques. Quand les artistes pourront à nouveau aller à la rencontre du public, que voudras-tu faire ? As-tu des projets qui n’attendent qu’à sortir (tournées, collaborations, …) ?

Bien que toute la culture musicale live ait été décimée par la pandémie, j’ai quand même passé toute l’année à bosser ainsi qu’à produire un tas de nouveaux morceaux solo et avec Netherlands. Juste avant le début du confinement en mars 2020, nous avons enregistré un LP complet avec le grand Kurt Ballou (Converge) qui était énorme. L’été qui a suivi, nous avons enregistré un autre EP, mixé et masterisé à distance par le grand Joel Hamilton (producteur lauréat d’un Grammy Awards qui a travaillé avec The Pretty Lights, Tom Waits, Danny Elfman) ! J’en suis aujourd’hui à environ 75 % de la réalisation d’un album de hip-hop old-school avec un groupe de pointures, de dingues, chanteurs et MC’s de ma communauté ainsi que des invités incroyables dont je suis également très fier. Au-delà de tout ça, j’essaie juste de préparer le groupe à reprendre la route en jouant en live avec Netherlands. En fait, j’ai une avalanche de nouveaux contenus qui vont sortir cette année.

  • Que puis-je te souhaiter pour la suite ? Personnellement, si j’étais un génie, je ferais en sorte que les rockers du monde entier découvrent et se lâchent sur Netherlands !

Merci beaucoup encore une fois ! J’apprécie vraiment. Bien sûr, j’aimerais venir en Europe et faire une grande tournée avec le groupe, le plus vite possible ! Cependant, au-delà de mes propres aspirations professionnelles, j’espère simplement que les gouvernements nationaux seront en mesure de fournir rapidement des vaccins à tout le monde, afin d’éviter encore plus de tragédies évitables.

  • Un dernier mot pour les lecteurs d’indiemusic ?

Peace ! I love you ! Allez écouter mes albums ! Et autant que vous le pouvez, arrêtez de manger des animaux tués industriellement et d’utiliser des plastiques à usage unique !


Retrouvez Time Ellis sur :
Site officielFacebookInstagramBandcamp


ENGLISH

  • Hello Timo. It’s a great pleasure to talk to you. Thank you for taking this time for indiemusic. How are you doing?

Fine, all things considered! In spite of all the general chaos and uncertainty of this moment, my personal and professional lives (currently) are stable and functional, and I am extremely grateful for it.

  • For people who don’t know you, you can be described as a studio veteran who has worked with many of the artists in the NYC pop-rock scene. You display your love of 70’s and 80’s hard rock while also being very open-minded musically through DJ sets for thelotradio.com. You’ve released a lot of solo albums and founded Netherlands, an atypical band that plays on deflagrations, strangeness and overpowering basses. Does this portrait suit you? Can you complete it?

“Deflagrations, strangeness and overpowering basses”: I love it!! Musically I’m regularly moving around pretty radically, with other artists and within my own work; I have hugely varied tastes, play multiple instruments, and have a (now long term) practice of wholeheartedly pursuing my musical visions, regardless of genre… I think I’m up to 35+ albums at this point?? (And frankly none of them suck! I would even go farther and say that (IMO) there’s literally NO filler, on any of them. I’m just a relentlessly working artist: I’ve organized my existence so I can just get up every day and go make stuff.)

  • Your lyrics are very inspiring. You seem to want to move forward despite a gloomy assessment of the state of the world. On the cursor between pessimism and optimism, where do you stand? 

That’s difficult to honestly answer, for me. IMO psychological states like “pessimism and optimism” can’t actually come anywhere near fully containing or comprehending the fluid, hyper-complexity of modern techno-industrial civilization, where it appears to be headed, and where it already is. My own daily, personal mood, and “positive” vision of life is entirely mediated by my own mental (and physical) health, my information consumption habits, cultural biases, economic privileges, and associated techniques and tools to block out any unpleasant realities when I start feeling too anxious or depressed. Overall, I generally mistrust anybody that overly reduces their worldview to even this kind of a polarity/ binary, on either side, as the truth is (always) more complicated. I guess in the simplest sense, I am both completely pessimistic and optimistic at the same time, and it is often deeply confusing.

  • Your solo tunes and Netherlands’ tunes too are cathartic. What do you want your songs to bring to any listener?

Let’s see…emotional excitement, aesthetic pleasure, ecstatic joy, humor, sadness, anger, solitude…and overall (at best!) a shared, visceral recognition of the incomprehensible, utter miraculousness and beauty of life, and human consciousness (or…just that they enjoy it, on any level, at all! haha.)

  • How is the NYC scene doing? The Brooklyn scene? Have there been any initiatives to compensate for the closure of the venues (ex: your streaming concert with Footlight TV)?

To be honest I am only now starting to actively begin to investigate the state of the local live music infrastructure, which is probably still several months away from re-opening, on any larger scale… So many beloved clubs, bars and restaurants have taken fatal hits because of the pandemic- however the entire spirit of resilience/ a clearly explosive enthusiasm and energy for the entire culture to go back online is clearly percolating, so that is (sort of) the good news, I guess. But honestly, I don’t really know; I, like everyone else, have basically been totally isolated/ inactive this way for the entire last year.

  • Your guitar playing is really impressive and you use a lot of effects with great mastery. Wouldn’t you be tempted to develop a project where the guitar would take the foreground with less tricks?

Thank you! I understand that anybody not really familiar with my work beyond the band (or at all) would obviously have no idea that I’ve done so many other different types of things musically. And you’re right in characterizing the band as being “guitar effects heavy”; pedal mania is basically part of the entire band concept! But to answer your question I actually have already made several albums that are more traditional in terms of more straightforward guitar playing; check out my country album, called “The New Yorker, as well as any of my three baritone ukulele records (“Uppalappu”, “Civilian Pursuits” and “Feral Minty, which are actually more like minimalist prog-rock, classical guitar albums, and IMO are some of my best works, and all on my Bandcamp.)

  • Let’s talk about your voice. It’s unique and owes its particularity to a perfect balance between quietness, whispering and screaming. Whose singers are your main influences?

Michael Jackson, Carl Wilson, David Lee Roth, Little Richard, Benjamin Orr, Etta James, Ozzy, Philip Bailey, Yoko, Marvin Gaye, Dio, Buffy Sainte-Marie, Ralph Stanley, Diamanda Galas, Art Garfunkel, Johnny Rotten, Nusrat, Prince, Mika from Piexeltan, Gary Shider, Iggy, Nina Simone, H.R., Angel Ripper, Kaori from Yellowmachinegun, Ricky Williams from Flipper… I have been viscerally, profoundly influenced by all of these singers (+ this list could go on and on!)

  • Listening to your latest solo EP “Death Is Everywhere”, it can be noticed that you have abandoned very experimental song structures for a more structured format. I have the impression that you have managed to canalize all your energy and your sometimes crazy ideas to melt them in a more accessible pop-rock mould and thus make them more powerful. What do you think of this?

I think it’s interesting that you perceive it that way; for me “Death Is Everywhere”, in a certain way is actually more experimental than the Netherlands stuff, inasmuch as it’s generally more “genre bending” than Netherlands, which for me tends to be to feel a little more formal, constricted by genre rules. Where I would agree with you though is that the vocals + melodies on “D.I.E.” are more “poppy”/ overall feel a little more accessible/ lighthearted (even though the subject matter, and the lyrics themselves, are at least as dark as anything I do in NETH.) in fact my first official solo EP, “The Enchanted Forest Of TE, for me is more aesthetically and philosophically similar to “D.I.E.” than anything I’ve done with the band in recent years (but I of course also appreciate that you think “D.I.E.” is powerful!)

  • Your songs are fascinating because they throw us into the future of rock. Yet you have great admiration for the figures of the past, whether in hard rock, progressive or other musical genres that are unjustly despised today. What do these musicians you revere have to teach us in 2021?

I guess I’m not really aware of the degree to which some people these days despise hard rock, or prog-rock (thankfully!) In a more general sense, I personally think younger artists of today might try to remember that not everything needs to be so goddamn perfect/ endlessly overdubbed/ edited/ compressed to death; aside from perhaps modern jazz musicians and people in the noise/ avant-garde/ improvised music scenes, so much new pop music these days to me just seems utterly overcooked, and overly prepared, in a way; music made prior to the advent of all the super digital recording programs IMO just had a more freewheeling and oxygenated human quality/ was generally just OK with having flaws and imperfections, which for me felt like a truer expression of messy human nature, and a more accurate reflection of reality itself (*of course, there are tons of amazing exceptions in this context, and a credible analysis of all this IMO would require a much longer, and more nuanced conversation, etc.)

  • Which contemporary artist/band has impressed you the most lately? Which artist/group would you like to introduce to Indiemusic readers?

Eartheater‘s new music is just stunning. She has a huge musical range and generally does stuff that is pluralistic, provocative, and just gorgeously done; enchanting, shamanistic…and frankly somewhat terrifying.

  • You launched a crazy minimalist talk show on Instagram, « Shame Party with Timo Ellis ». The concept is great. Can you introduce it to us? Are there any more episodes planned?

Shame Party! is basically a fun, surrealist :60 deconstruction of the talk-show format, where I try to creatively dismantle/ destroy the conventional interview dynamic using sound and visual effects, while featuring a bunch of my friends/weirdos from the local scene (+ prior to the Mastodon tour in 2018 I shot around 20 new episodes, and have so far edited 10 of them; so standby for a bunch of new Shame Party insanity coming this summer!)

  • « Left Without an Answer » on « D.I.E. » is an absolutely beautiful song. The outro is a pure beauty where two choruses intersect. What was your impression when the result came out? Did you aspire to reach this level of perfection?

Thank you so much. Overall, I am pretty proud of that song and I think it’s fair to characterize it as being the “heart” of the EP, and possibly the most memorable track on it… I personally like its combination of understatement/ introspection and full-blown nocturnal rock fury, + IMO it’s got one of the biggest second choruses in a rock song that I’ve ever heard…possibly by anyone! (*as I said, I am proud of it, haha.)

  • Concerning the writing and the composition, do you plan to go towards more simplicity, efficiency or to let your imagination run free? Do you have a plan or are you at the mercy of your inspiration?

I generally don’t ever operate with a plan going in; my entire process really is about allowing whatever happens to happen, and then intuitively refining/ carving things out, trying to highlight whatever the strongest emergent qualities of a piece appear to be. The only parameters (sometimes) are genre ; like I’ll start off (semi)consciously thinking, “I feel like making dance music” and then go from there and just see what happens (*and even then, the work can go in drastically different musical directions than I originally had intended! But to me that’s a huge part of the fun, the discovery/ uncovering aspect of the whole process.) and “efficiency” is definitely NOT in my M.O. generally… I will just maximally/ excessively flesh things out sometimes, and then reduce afterwards…I definitely do not do things in the easiest way possible, which just is what it is, for better or worse?? Also, perhaps nitpicking, but I don’t believe in the traditional idea of needing musical “inspiration”… in fact I very rarely have it- I generally am of the mind that a rigorous daily art-making practice, rain or shine, exponentially increases the chances of being a spontaneous channel for beauty, ideas, chance, energy; in other words, one creates their own conditions for “inspiration”, it comes from within.

  • The global health crisis is putting a strain on an infinite number of artistic projects. When artists will be able to meet the public again, what will you want to do? Do you have any projects waiting to be released (tours, collaborations, …)?

Although the entire live music culture got decimated by the pandemic, I basically still spent the entire year grinding, making commercial work, as well as a bunch of new solo music and music with Netherlands. Right before the lockdown started last March, we recorded a full LP with the great Kurt Ballou (of Converge) which just came out monstrously great- and over the summer we recorded another EP, remotely mixed and mastered by the also-great Joel Hamilton (Grammy-winning producer, Pretty Lights, Tom Waits, Danny Elfman) which also came out incredibly great! plus I am about 75% done with an old-school hip-hop (solo) record, featuring a bunch of luminaries/ freaks/ singers/ MC’s from my community (as well as some incredible special guests!) which I’m also extremely excited about. Beyond all that, I’m just trying to prepare the band to hit the road running playing live again with Netherlands, literally and figuratively. I basically have an avalanche of (IMO, rad) new content coming out this year.

What can I wish you for the future? Personally, if I were a genie, I’d get rockers all over the world to discover and unleash on Netherlands!

Thank you so much again! I really appreciate it…Obviously, I would love to come to Europe and tour extensively with the band, ASAP! However, beyond my own professional aspirations I am currently just hoping that national governments are able to quickly provide vaccines for everyone at scale in order to stave off even more (avoidable) tragedy.

Any last words for indiemusic readers?

Peace / I Love You/ Kindly check out my music (and as much as you can, also please stop eating industrially killed animals and using single-use plastics! etc., etc.).


Connect with Time Ellis:
Official websiteFacebookInstagramBandcamp

Partager cet article avec un ami