[Live] Thomas Azier à l’Aéronef

Lorsqu’il illustrait une pub télévisée en noir et blanc pour un parfum Yves Saint-Laurent, son morceau « Red Eyes » avait vaguement résonné dans nos oreilles. Pourtant, avec ses trente-deux années au compteur, Thomas Azier travaille d’arrache-pied pour nourrir son précieux univers. Originaire des Pays-Bas, le jeune prodige indépendant a déjà engendré trois albums, authentiques alliages d’électro et de pop, de piano et de mélodies acoustiques, dont le fil rouge n’est autre que son audacieuse voix exaltée. Protégé de Woodkid et Stromae, Thomas Azier arpente actuellement les salles françaises pour défendre son nouvel EP, « Raven On The First Floor ». Et le live est bien le meilleur moyen de s’immiscer dans son édifice. On vous raconte comment Thomas Azier nous a surpris et enchantés, en une soirée, sous les feux enthousiastes de l’Aéronef.

crédit : Juliette Poulain

Il arrive parfois que l’on peine à adhérer à l’électro/pop, souvent toute belle, toute propre, surfaite ou parfaite pour danser sous des projecteurs multicolores. Elle paraît presque anesthésiée de tout sentiment, limitée à ambiancer un dancefloor blindé. Mais Thomas
Azier prend complètement le contre-pied de ce cliché à travers une performance pleine de grâce et de sensualité. D’entrée de scène, « Hymn » déverse une pluie fraîche de pureté entre groove, décollage pop et hallucinante élévation de voix. Accueillis on ne peut plus chaleureusement par une ovation unanime, le chanteur néerlandais et ses musiciens diluent gimmicks électro et synthés dans de vigoureux coups de batterie et un tandem parfait guitare/basse, enchaînant les tubes festifs « Echoes », « Talk to Me » ou encore « How to Disappear », et jusqu’à l’incontournable « Red Eyes ». La voix triomphante surgit comme un cri doux et animal qui nous prend aux trips, puis remonte fébrilement le long de nos colonnes vertébrales. Le live procure une sensation beaucoup moins lisse que les enregistrements actuels, souvent bien mixés et arrangés. Ici, l’authenticité nous cueille d’une poigne.

Sur un ton plus intimiste, Azier entreprend « Satellite » et « Gold » au piano. De quoi cerner une carrière insatiable, constamment à la recherche de nouveaux moyens musicaux pour extraire les désirs, les rages, les rêves, les haines, les laideurs et les beautés. Artiste aux influences plurielles, il revisite l’indémodable morceau des Cure, « A Forest », ressuscitant la fameuse ligne de basse, y ajoutant des notes électro/pop sur lesquelles le chanteur vient se déhancher au milieu du public. Au cours de son voyage parmi ses trois opus, Thomas Azier greffe ses nouveaux souffles, dont le sublime « Map of Your Loneliness ». Sous les cris brûlants du public, il revient seul au piano pour nous saluer sur « Sandglass », première chanson qu’il a écrite à Berlin où il a vécu dix ans et composé son premier album. S’il nous laisse ainsi, accaparés par ses notes mélancoliques et débordantes de solitude fidèles à sa personnalité, Thomas Azier nous a envoûtés et conquis en un concert ahurissant, rayonnant par sa musique et sa présence passionnée.


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