Jeudi dernier, concert complet au Chabada pour Lou Doillon.

En première partie, Theodore, Paul & Gabriel, trio féminin classieux sur des pop songs à l’ancienne démarre avec entrain et joie de vivre la première partie en défendant quelques titres de son premier album « Please Her Please Him ».
Mené par la blonde Clémence Gabriel, resplendissante et passionnée, dès le titre d’ouverture sur Silent Veil, où sa voix légèrement éraillée fascinera l’auditoire réceptif.

Entourée de Pauline Thomson à la guitare et de Théodora Delilez à la basse, et assistée par Benjamin Colin à la batterie, le groupe proposera une excellente première partie illustrée par des titres magistralement interprétés, ponctués par un échange sincère entre les musiciennes et avec le public.

Plus spontané encore que sur disque, notamment sur l’emblématique « My Home » au refrain prenant et sur l’excellent « Would You Mind? », chanson sur la timidité comme nous l’a introduit Pauline en s’aventurant seule au chant avant d’être rejointe sur les refrains par ses deux amies.

Conclu sur Bad Mood, avec la voix déchirée, mais toujours très juste de Clémence, le court set de Théodore, Paul & Gabriel ne décevra que par sa certaine concision.
Il faut bien l’avouer, on n’avait pas vraiment envie de les laisser quitter la scène pour laisser la place à Lou Doillon, surtout face à l’élan de sympathie déployé par le groupe envers son public d’un soir.

Une première partie exemplaire, bravo les filles !
Pendant l’entracte, la technique s’agite et installe pour chaque musicien une sorte d’arc métallique portant sa lampe et un assemblage de diodes lumineuses. Visuellement, ça promet d’être fort intéressant.
Quelques minutes plus tard, les musiciens suivis de Lou Doillon font leur apparition sur la grande scène.

Vêtue de sa veste de fourrure (qu’elle retirera après le premier titre), la belle trentenaire accueille le public, souriante, en prenant son thé, sur « Defiant ».
Lou nous commentera souvent ses titres avant de les jouer, en nous racontant ses histoires de mecs, ou ses histoires tout court, avec une sincérité non trahie. Ce sera le cas de « Real Smart », qu’elle nous traduira par « grosse maline » sur sa maladresse lors de soirées, ou l’évident « Jealousy » en nous parlant de sa jalousie maladive. À croire que les mecs ne sont pour elle qu’objets de déception ou de désillusion.

Entourée de musiciens tous excellents, la chanteuse touchera le public de sa voix de velours.
On ne pourra d’ailleurs pas rester indifférent devant l’interprétation solennelle d’ICU tout en justesse et en émotion.
Lou nous expliquera que son premier album ne lui a pas permis de projeter l’écriture de nouvelles chansons, et ce sera donc quelques reprises qui viendront compléter la lecture de « Places » joué dans sa quasi-intégralité.

Elle nous offrira ainsi sa reprise personnelle de « Should I Stay or Should I Go » des Clash accompagnée de son guitariste et de son percussionniste pour un moment plus intimiste devant une salle comble et comblée ou celle d’ « I Go To Sleep » de The Pretenders, parfaitement approprié par Lou et ses musiciens.

Juste, souriante et sensuelle, Lou Doillon régalera ses convives sur « Devil or Angel » et « Questions and Answers » qui figurent de loin comme les meilleurs titres de l’album.
Ce jeudi soir, avec d’abord Théodore, Paul & Gabriel puis Lou Doillon, j’ai vécu comme, je l’espère, une majeure partie du public une très belle soirée, frappée par une vague d’authenticité, et la démonstration d’une pop française féminine et assumée, parfaitement à l’aise pour contenir une salle entière.