[Live] The Staves au Point Éphémère

Même si c’est un groupe qui enchaîne les tournées depuis cinq ans, le passage des Staves au Point Éphémère avait tout d’une première puisqu’il ne s’était encore jamais produit en tête d’affiche à Paris. L’occasion de venir présenter le folk de son nouvel album, « If I Was », était donc trop belle pour être manquée par les trois Britanniques.

The Staves par Mauro Melis

The Staves est un nom déjà bien connu au Royaume-Uni au moment de la sortie de son deuxième album, « If I Was », en début d’année. À Paris pourtant, devant les 300 spectateurs du Point Éphémère, il ne s’agit que du tout premier concert du trio en tête d’affiche dans la capitale. Ce set avait donc un goût particulier, même pour un groupe déjà habitué de la scène.

The Staves fait partie de cette nouvelle vague de « sisters band » qui fonctionne à trois, « le chiffre magique » d’après elles. Il est donc difficile de ne pas pas penser à HAIM aujourd’hui quand on évoque ce groupe de folk britannique. Même si les sœurs Haim sont Américaines et font du soft-rock, The Staves se compose également de trois sœurs bercées par la musique depuis leur jeune enfance, qui se connaissent évidemment sur le bout des doigts et pour lesquelles la vie d’artiste reste une affaire de famille.

Le trio anglais respire ainsi la sincérité ; c’est l’exemple même d’un groupe dévoué corps et âme à la musique. Sur scène, au Point Éphémère, c’est la première chose qui transparaît quand on voit la complicité des trois sœurs et leur aisance ; comme si Emily, Camilla et Jessica Staveley faisaient cela depuis des décennies, à jouer debout en ligne sur le devant de la scène avec respectivement un tambour, un ukulélé et une guitare.

The Staves par Mauro Melis

C’est surtout en chantant que The Staves s’illustre. Son talent est évidemment de proposer des harmonies vocales sublimes et parfaitement réglées, dans la pure tradition du folk. La formule s’était un peu perdue dans les contrées britanniques depuis les années 60, et ce genre de groupe ramène davantage vers les US où les références sont bien plus nombreuses.

Ses deux albums sont avant tout marqués par de belles prouesses vocales, jouant de chœur, de canon, ou tour à tour en solo souvent presque a capella ou sur un fond musical assez léger, car le travail instrumental reste lui toujours assez sobre.

Cependant, sur scène, le trio s’étend en groupe de six : un batteur, un bassiste et un pianiste, pour donner à sa musique plus d’épaisseur, même si cela ne l’empêche pas de se passer d’eux sur certains morceaux.

The Staves par Mauro Melis

L’aisance sur scène des sœurettes se traduit également par un comportement loin d’être timide entre deux chansons. C’est tout sourire (la pétillante Emily en tête) qu’elles rappellent qu’elles sont originaires de Watford, qui est certes une petite ville d’Angleterre mais à jamais grandie par sa montée dans l’élite du championnat de football anglais avant de faire le bonheur d’une fan en lui souhaitant bon anniversaire et lui dédicaçant une chanson.

Pendant une heure, elles égrainent leur folk avec brio, le teintant de pop et de rock ça et là, du morceau purement a capella à des titres plus percutants. Elles appliquent (trop ?) simplement la tracklist de leur nouvel album, démarrant sur « Blood I Bled », avant les superbes harmonies vocales de « No Me No You No More » ou le single plus rock « Black & White ». Le tout est cependant entrecoupé de quelques titres bienvenus du premier disque, « Dead & Born & Grown », tels que « Mexico » grâce à la demande d’un fan dans la fosse. Non prévue dans la setlist, l’improvisation s’est faite sans aucune peine. Elles ont ensuite profité du rappel pour jouer d’autres chansons de ce premier album : « Facing West » et « Winter Trees ».


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Merci à Mauro Melis pour les photos.
Galerie complète du concert de The Staves sur Sound Of Violence

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