[Live] KO KO MO et The Inspector Cluzo au Chabada

C’était la fête des paires, le 24 février dernier au Chabada, à Angers, avec KO KO MO et The Inspector Cluzo. Deux concerts par deux duos pour deux heures de musique à tout rompre.

The Inspector Cluzo © Nicolas Nithart
The Inspector Cluzo

Petite jauge, mais rangs serrés et écoute extrêmement attentive tout d’abord pour les Nantais de KO KO MO, que nous avions hélas loupés sur scène aux dernières Rencontres Trans Musicales de Rennes pour cause d’emploi du temps surchargé. Mais après les y avoir croisés maintes fois en interview backstage toute une journée, non loin de notre QG (un canapé squatté), l’envie était d’autant plus pressante de les découvrir enfin en chair et en os. Et nous y avons été justement à la noce, avec un concert tonitruant et survolté, en ode au meilleur du rock des 70s façon Led Zep et Jimi Hendrix.

Ce qui surprend d’emblée, c’est l’aisance avec laquelle Warren, guitariste et chanteur, utilise son instrument, dompté avec grâce et fluidité par deux mains aussi agiles qu’à l’aise sur un répertoire dont les notes et les riffs nous paraissent agréablement familiers.
« Cherokee Gal », le titre fétiche de KO KO MO, résume sans doute à lui seul la passion et la dextérité du duo complice et enflamme tous les espoirs d’entendre un concert authentique, joué avec le cœur et l’âme. Kevin s’agite et éructe derrière sa batterie, en symbiose et en hypnose avec non seulement son acolyte, mais également avec le public – son public – captivé et traversé de part en part par un frisson revival. Le mot d’ordre est rock’n’roll, et il y a fort à parier que le duo saura redonner goût à tout un chacun (pour ceux qui, par hasard, ne l’auraient pas) aux envolées vocales à la Robert Plant enrobées de notes électriques graciles et de ra ravageurs. C’est sûr, we should KO KO MO !

La carte de visite de The Inspector Cluzo est imprimée des deux côtés. Sur une face, on peut lire des informations sur sa ferme gasconne acquise en 2013, « Lou Casse », dans laquelle le groupe se retranche pour produire ses légumes et ses foies gras, à l’ancienne et de façon éco-logique. Un espace et un havre de paix pour se ressourcer tout en manipulant courageusement bêches et râteaux pour retrouver les gestes et la qualité de produits d’antan. Jetez donc un œil admiratif au documentaire « Rockfarmers » qui leur est consacré.
Et vous n’écouterez plus leur musique de la même oreille…
Sur l’autre face de leur carte, le rappel d’un groupe autoproduit, ayant sorti cinq albums et surtout fait plus de huit cents concerts dans une quarantaine de pays. Avec une folie sur scène inversement proportionnelle à sa zénitude agricole.

Et donc, entre deux tours de champs, The Inspector Cluzo entame des tours de chant aux quatre coins de la planète, le plus souvent dans des endroits pas nets, pour délivrer ses messages, en musique, sur la nécessité de prendre soin de notre bonne vieille terre et de revenir à des pratiques ancestrales.
« On dirait qu’ça t’gêne de marcher dans la boue » pourraient-ils vociférer en live. Le duo, composé de Laurent (le molosse) au chant et à la guitare et de Mathieu (le béret) à la batterie, sait faire passer le message, mais aussi se faire entendre, avec un rock contemporain affiné comme un fromage de brebis de 36 mois. Composés pour la grande majorité sur la route ou à Lou Casse, les titres de son nouvel album « Rockfarmers » militent sans limites pour le son lourd, gras et provocateur. La rage « against the machine » se fait sentir en tous points de vue, distillée tel son Armagnac préféré dans des compos alambiquées dévastatrices.
La communion faisant la force, la messe rock de TIC fonctionne du tac au tac et toque le public aussi avidement qu’une campagne électorale. Trop de sérieux tuant le sérieux, le duo s’autorise souvent des gimmicks et des embardées qui font aussi sa réputation. Depuis l’entrée des deux rois dans l’arène sur un air de fiesta gasconne sur fond de cris d’oies, d’un salut au public les deux bras tendus à des phrases-choc tels que « le rock, ça commence à 105 décibels ; en dessous, c’est de la variété », l’humour est aussi l’humeur de ce groupe attachant et attaché à ses principes. Honneur, sincérité, amitié, fidélité, authenticité : The Inspector Cluzo mène la quête du bonheur retrouvé dans la clé de sol, mais également au plus profond du sol. Le droit du sol, en quelque sorte.
Si The Inspector Cluzo passe par chez vous entre deux dates en Inde et en Chine, courez les voir et boire leurs paroles. Avec des vers et avec un verre. Et une tartine de rillettes d’oie Lou Casse à l’occasion.

Merci à KO KO MO, à The Inspector Cluzo, au Chabada et à Sissi Kessai !


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