[Live] The Dø et Las Aves à l’Aéronef

Presque un an exactement après son dernier passage dans la salle (c’était le 13 décembre 2014 et nous sommes le 12 décembre 2015), The Dø revient à l’Aéronef. À l’époque, Olivia Merilahti avait dit qu’elle songeait à revenir à Lille tous les jours vu l’accueil qui lui avait été réservé.

The Dø, l'Aéronef, Lille, 12 décembre 2015

Comme un an auparavant, la première partie de The Dø est assurée par Las Aves, groupe construit sur les ruines de The Dodoz. Le groupe fait son entrée dans la pénombre et connaît immédiatement des problèmes de son du côté des platines. Les Las Aves ne se démontent pas et embrayent. Il faudra trois morceaux pour régler ces problèmes. Bizarrement, quand Géraldine nous dit « Ah, c’est tout de suite mieux comme ça ! », on n’est pas loin d’être en désaccord.

C’est que Las Aves nous balance un mélange foutraque de sonorités différentes. En live on se laisse volontiers happer par l’énergie débordante des quatre membres du groupe, mais on devine clairement le genre de surproduction qui peut être celle de leurs morceaux en studio. On n’est jamais très loin de Shaka Ponk ou d’Evanescence, c’est à dire toujours à deux doigts de la catastrophe. Mais pour ce soir, on restera sur la prestation scénique exaltée et exaltante du groupe.

Olivia Merilahti et Dan Levy entrent en piste à deux, seuls au milieu de la scène de l’Aéronef et entament une version de « A Mess Like This » en duo clavier – voix. Puis Olivia s’en va en fond de scène et laisse Dan transformer le morceau pour l’amener vers « Omen » tandis qu’apparaissent deux ninjas. En réalité deux roadies venus débarrasser le clavier monté sur roulettes et installer un drum pad pour Olivia.

Le groupe revient alors dans sa formation de scène actuelle, avec trois musiciens supplémentaires. Tout ce beau monde s’installe sur des estrades placées en arc de cercle et qui dessinent une sorte de ring sur lequel Olivia se déplacera intensément toute la soirée, en esquissant régulièrement des gestes empruntés aux arts martiaux et au tai-chi, en accord avec sa grande robe blanche teintée de rouge aux faux airs de kimono. On n’est pas vraiment sûr de bien comprendre le pourquoi du comment, de même qu’on pourra finalement questionner l’intérêt de ces grands fils (du nylon ?) qui pendent comme des champs suspendus au-dessus du groupe.

Chose très étrange, alors que le groupe déroule des morceaux issus de « Shake Shook Shaken » (« Keep Your Lips Sealed », « Miracles », « Sparks », « Opposite Ways »), le concert semble un peu décousu, comme s’il était en pilote automatique et n’était pas vraiment présent. C’est que, comme Olivia Merilahti le dira durant le concert, The Dø a beaucoup tourné depuis un an et aborde là ses toutes dernières dates de la tournée promo de l’album. Mais poussés par un public en délire, le groupe semble alors se souvenir de ce qui avait motivé son envie de revenir à Lille et à l’Aéronef.

Une fois de plus le miracle de la chaleur humaine opère et fend l’armure du groupe qui, à la faveur d’un « Trustful Hands » revigorant, reprend le contrôle de sa prestation pour y donner la dose de sourires, d’excentricité, d’échange et de partage qui lui manquait jusque-là. C’est le moment parfait pour aller piocher les « The Bridge is Broken » et « Aha » qui ramènent la fraîcheur et la spontanéité du premier album « A Mouthful ». On retiendra encore « Slippery Slope » et la très belle sortie sur « Despair, Hangover & Ecstasy ».

On passera par contre sous silence le remix de « Too Insistent » dont on n’aura pas compris l’intérêt pour se focaliser plutôt sur le second rappel et le très joli « Song For Lovers » joué de nouveau en duo clavier-voix par Olivia et Dan, comme une manière de boucler une boucle d’une heure et demie, de fermer une parenthèse certes imparfaite mais dont les quelques moments de sincérité auront suffi à nous extraire d’une actualité politique beaucoup moins humaine et fraternelle.


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