[Flash #3] TAUR, Fai Baba, Rocky, N U I T et Colt Silvers

Des aventures qui s’écrivent en majuscule, une prêtresse de la housse made in France, un trio pop électronique strasbourgeois au sommet de son art et un duo suisse qui s’apprête à révolutionner la pop psychédélique au pays des banquiers en chocolat, voici le beau programme du troisième volet de Flash, notre rendez-vous express pour vous donner envie et plus encore goût à ces beaux, grands et parfois fous projets qu’il nous tient à cœur de vous faire découvrir.

TAUR - crédit : Aline Roy
TAUR – crédit : Aline Roy

[EP] TAUR – Oathbreaker

15 octobre 2016 (autoproduction)

« Oathbreaker » n’est en rien un hommage au groupe de black metal belge, mais bien la nouvelle envolée d’un producteur sensible, Mathieu Artu, dont les intentions artistiques convoquent l’électronique la plus pure à une danse des sentiments les plus personnels. Au fil de l’écoute de ce second EP, la finesse d’écriture, de composition et d’interprétation toute personnelle de TAUR transparait. L’artiste parisien nous dévoile un enregistrement plus précautionneux que ses précédentes productions : cinq actes pensifs, mélancoliques et sobrement puissants (le magistral « Like Everyone Else »). Nourri de vastes influences entre RnB, soul, gospel et vagues électroniques, « Oathbreaker » sublime chaque minute qui passe, pour mieux immobiliser notre temps.


[LP] Fai Baba – Sad & Horny

25 novembre 2016 (A Tree In A Field Records / Casbah Records)

Nouvelle coqueluche suisse de Jean-Louis Brossard, Fai Baba vient de dévoiler, quelques semaines après l’aguicheur « Nobody But You », son cinquième album, « Sad & Horny ». Un titre dont les intentions aussi émotives qu’érotiques se dévoilent au creux de son écoute. En trois quarts d’heure, le duo, en impeccable osmose, enchaîne ballade sur ballade, entre la pop rêveuse et légèrement barrée de Foxygen, la spontanéité rock des Black Keys et le revival psychédélique de Temples. Tour à tour fiévreux (« Don’t Belong Here »), pensif (« Why Do I Feel So Alone »), blasé (« Fainted Lover ») et acharné (« Can’t Get Over You »), le nouvel album de Fai Baba s’impose sans sourciller comme la nouvelle référence du néo-psychédélisme helvétique.


[LP] Rocky – Soft Machines

21 octobre 2016 (Green United Music)

Décoché comme une flèche en plein cœur, « Apologize » était la première révélation brûlante d’un album préparé dans le plus grand secret par Rocky. Poussé par sa charismatique et indomptable chanteuse Inès Kokou, le quatuor lillois célèbre la house et la world électronique avec l’album « Soft Machines », avec pour seul mot d’ordre, nous faire danser jusqu’à l’épuisement de toutes nos forces. C’est une véritable arme de danse massive qu’Inès et ses trois complices font retentir sur le dancefloor, en combinant cadences électroniques soutenues et influences soul, gospel et africaines, à une sensualité pleinement acquise sur scène. De « Big South », célébration glorifiée de la culture noire à « I Hate You », RnB langoureux et élégant qui pourrait parfaitement signer le prochain générique de James Bond, en passant par le délicieux et positif « Love Is a Soft Machine » et le festif et coloré « Edzinefa Nawo », « Soft Machines » de Rocky est un album miraculeux dont chaque piste est une heureuse et envoûtante surprise.


[EP] N U I T – Looking For Gold

25 novembre 2016 (autoproduction)

Faisant suite à un premier EP « Enjoy The Night » sorti deux ans auparavant, le quatuor trip-hop havrais N U I T revient avec « Looking For Gold », nouvelle contemplation des abysses sans fond de son intrigant et singulier univers. Partagée entre passion lugubre et révélation incandescente, confortée dans sa quête d’une musique plus nocturne que diurne, la création ardemment et méticuleusement articulée par le combo normand se plaît bel et bien en eaux troubles. Dans ces marécages électroniques aux voix hantées et obsédantes, N U I T aspire tout résidu de vie pour laisser aux ténébreux fantômes le pouvoir d’incarner pleinement cette fascinante échappée. Mention spéciale au frissonnant « Try Me », orfèvrerie d’ébène en quête d’une douceur impossible.


[LP] Colt Silvers – Swords

30 septembre 2016 (Deaf Rock Records)

Les compositions de Colt Silvers n’ont eu de cesse d’évoluer et de s’affirmer au fil des albums. C’est donc tout naturellement avec « Swords », cadet de trois ans du toujours excellent « Red Panda », que le trio indie pop strasbourgeois poursuit sa quête chevaleresque (n’en déplaise à la pochette de son disque) de la pop song parfaite, tout en s’aventurant dans des territoires plus expérimentaux qu’auparavant (l’inédit « EZU » et la fresque tribale et orchestrale de « Devil in Africa »). Et plutôt que de se résoudre au trop évident one-hit wonder, Colt Silvers nous réserve son lot de très bonnes surprises complétées de quelques joyaux tout droits sortis de son royaume. Nous retiendrons de cet album, l’énergique « 2 Hearts », le spatial « Constellations » mais surtout « Yours », formidable déclaration d’amour dévoué à l’être aimé. Non, « Swords » n’est définitivement pas un coup d’épée dans l’eau. Un disque aux nombreuses vertus.

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