[Platine #12] Tample

Le temps est venu pour « Glory », le nouvel album de Tample de prendre son envol et de marquer les ambitions nouvelles et décuplées du groupe bordelais. Leur premier album « Summer Light », il y a maintenant un peu plus de trois ans, s’était signalé par une musicalité fluide et harmonieuse, responsable de trois énormes tubes indé à commencer par « Runaway », et bien sûr « Chimera » et « Summer Light ». Un album salué dans les colonnes d’indiemusic, et qui crée beaucoup de désirs pour l’avenir. Le chemin était alors celui d’une electro-pop élégante et sensible, qui parfois restait un peu modeste et s’inscrivait dans une forme de complexe inhibant face à des figures emblématiques de la pop culture telles que New Order, The Cure ou encore The XX. Pourtant les membres de Tample sont sortis de leur zone de confort aussi bien musicalement que d’un point de vue narratif, en ouvrant par exemple certaines paroles à la langue française. Ils ont par là même, construit avec intelligence et finesse la voie d’un fil conducteur décisif et immersif, qui nous entraîne dans un étrange road movie, dès les premières nappes étranges et synthétiques de « Glory ». Ils assument ainsi plus que jamais leurs influences fondatrices comme présentes. Dans ce numéro de Platine, ils expriment avec beaucoup de simplicité la bande-son qui a accompagné la genèse de leur nouveau long format, car comme ils le confirment, « La création de « Glory » a été longue ; un peu plus d’un an. On a essayé de faire un album pop hybride qui mélange les genres, on y retrouve des influences disco, rock et electro. Voici quelques artistes qui nous ont bercés durant cette période. »

Parcels – Parcels

Le comeback du disco, des mélodies addictives, du groove et l’envie de bouger sur chaque titre. On a eu la chance de les voir jouer en live sur une petite scène à l’IBOAT à Bordeaux, ça faisait du bien de voir un groupe aussi soudé. Il y a une forme d’ambivalence chez eux qui est très intéressante : entre force et fragilité, énergie brute et douceur extrême.


Balthazar – Fever

Un retour aux sources des instruments bruts, de grands espaces et une manière élégante et nonchalante d’aborder les morceaux. On suit ce groupe depuis ses débuts et tous les albums qu’ils ont pu faire sont remplis de trésors pop.


Jungle – For Ever

Une production très moderne, des arrangements minutieux et un sens de la mélodie hors du commun. C’est vraiment un groupe qui a une esthétique à part, singulière et qui se donne une rigueur sur chaque représentation, chaque visuel, chaque clip.


Flavien Berger – Contre-temps

On a eu la chance de le rencontrer lors d’un concert « What the France » en Allemagne à Berlin où nous avons partagé la scène le temps d’une soirée. C’est véritablement un des artistes qui nous a montré que de faire de la bonne musique moderne et électronique en français : c’est possible !


Odezenne – Au Baccara

Ils sont de Bordeaux comme nous, on a adoré cet album. Ils ont une manière très poétique d’aborder les morceaux que ça soit dans les textes comme dans la musique. Émotionnellement, leurs morceaux sont très puissants, on y retrouve une forme de nostalgie dans laquelle on a envie de plonger.


De nombreux points communs réunissent à l’évidence ces cinq groupes et artistes, qui ont donc tourné sur la platine de Tample ces dernières années et sublimé leurs expériences de concerts. Chacun d’entre eux s’est signalé par des choix esthétiques forts sur leurs derniers longs formats, en particulier sur le travail du son. Chacun d’entre eux a poussé encore plus loin que d’habitude les détails de l’instrumentation, en donnant notamment une place précise à chacun des éléments. Chacun d’entre eux a assumé plus que jamais l’ensemble de ses influences avec beaucoup d’allant, d’envie et de personnalité. Tample s’inscrit indéniablement avec « Glory » dans cette dynamique créative, mélangeant à la fois grande exigence et plaisir jouissif (et libérateur ?) de jouer, expérimentation ludique et simplicité vertueuse. C’est d’ailleurs particulièrement étonnant (et grisant !) d’entendre avec quelle cohérence, Samuel Rosas passe d’une langue à l’autre sans rompre la continuité de l’histoire. À l’image de Jungle, la mélodie est toujours un élément déterminant et central de la signature Tample, en particulier cette guitare aérienne sur « Western ». Mais elle est toujours mise en orbite par ce groove élastique incessant symbolisé par cette basse ronde et élastique (« Criminal »). Mais comme Balthazar et Odezenne, la scène doit désormais aussi se confondre avec l’abandon du dancefloor (« Darlin’ », « Welcome to Nirvana », « Last September »). Désormais Tample assume totalement de vouloir nous faire danser. Ces évolutions significatives et marquantes semblent même être la résultante d’un véritable déclic, comme si quelque chose s’était libéré et avait ouvert la porte de tous les possibles. Au point de prendre Indochine à son propre jeu dans les élans new wave romantique et extatique d’« Idées blanches » tout en rivalisant avec la sublime mélancolie contrastée du dernier Mansfield.TYA. Tample a donc changé de catégorie, pour le plus grand bonheur de nos oreilles, de notre cœur et de notre corps.


« Glory » de Tample est disponible depuis le 16 avril 2021 chez Yotanka.

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