[Live] Tamino et Elia à l’Aéronef

En août dernier, on écrivait de Tamino après son passage au festival Les Nuits Secrètes « Tout, de la lumière au son, […] a suffi à démontrer qu’on avait sous les yeux un futur grand, pour ne pas dire un déjà grand. » Depuis, Tamino a sortir son premier album, « Amir » et vient remplir sans difficulté la grande salle de l’Aéronef à Lille (plus de 2000 places). Alors que le guichet affiche « complet » ce samedi 9 mars, Tamino va-t-il confirmer la forte impression qu’il nous avait faite alors ?

Tamino à l’Aéronef de Lille le 9 mars 2019

La soirée débute avec Elia. Prénom plutôt masculin chez nos voisins transalpins, c’est ici une grande jeune femme qui entre en scène, timidement installée derrière son micro, seule avec son clavier et son Macbook. On découvre sans tarder qu’Elia est dotée d’une voix cristalline et fragile, qu’elle utilise pour nous parler d’amour, le tout avec un phrasé plutôt RnB.

Elle prend la parole pour nous avouer qu’elle est intimidée, et vraiment très contente d’être sur la scène de l’Aéronef. La plupart des artistes ont beau dire cela, on a ici envie de croire Elia sur parole et on entend derrière nous une jeune femme murmurer « han, elle est trop mignonne », ce que toute foule a dû aussi se dire si on en croit le tonnerre d’applaudissements que reçoit alors la jeune femme.

De plus en plus à l’aise, Elia finit par se balader de droite à gauche de la scène et oser un peu d’humour. Elle reconnaîtra ainsi devoir faire un effort pour assumer son pantalon rayé noir et blanc. Avec seulement un single au compteur, sorti la veille du concert, Elia nous livre tout de même la première partie la plus courte de l’histoire avec un set de 20 minutes montre en main. Mais on ne saurait lui en vouloir tant ces 20 minutes nous auront semblé prometteuses.

Ceci dit, avec une entrée en scène de Tamino prévue à 21h et une première partie bouclée à 20h20, l’attente semble insurmontable. On en profite pour scruter l’assistance. L’Aéronef est plein à craquer ! Quelle ascension en quelques mois seulement pour celui qu’on avait découvert presque par hasard aux Nuits Secrètes 2018 et qui passait au Nautilys de Comines près de Lille (350 places) dans le cadre du festival Tour de Chauffe en décembre dernier ! Certes, une nouvelle fois la proximité immédiate de Lille avec la Belgique fait des miracles quand un artiste belge s’y produit, mais tout de même. On en vient à se demander si Tamino a vraiment les épaules pour un tel succès public ?

On en est là de notre questionnement lorsque les lumières s’éteignent à nouveau. Comme aux Nuits Secrètes, Tamino entre en scène avec deux musiciens. Et comme aux Nuits Secrètes, on mesure la compréhension naturelle de la mise en scène que peut déjà détenir Tamino. Les jeux de lumières, loin de ceux qu’on voir trop souvent en concert, ne laissent rien au hasard et viennent mettre en valeur (tantôt en l’inondant d’une lumière dorée, tantôt en le mettant dans la pénombre) celui dont on ne tarde pas à se demander s’il ne serait pas un nouveau gourou, ou une nouvelle icône pop-rock.

Car il faut le dire, Tamino n’est pas vraiment du genre bavard, il est même plutôt avare en paroles et s’aventurera à peine à un timide « Bonsoir » entre deux titres. En face de lui, le public n’est pas beaucoup plus réactif, du moins pendant les morceaux. Il y a vraiment quelque chose qui tient de la messe et de la célébration dans cette audience venue célébrer et communier dans un silence religieux avec son idole.

Tamino n’a rien fait, mais en trois minutes à peine, on boit ses paroles, comme hypnotisés par tant de beauté. Parfois pourtant, sur un titre comme « Cigar », le public se risque à chanter en chœur des paroles qu’il connaît déjà ad memoriam.

À 22 ans, Tamino est impressionnant de maîtrise. Celui qu’on a déjà largement comparé à Jeff Buckley, pour sa capacité à monter très haut dans les aigus et bas dans les graves, trace déjà sa propre voie, bien au-delà des comparaisons. Ce qui lui permet de s’autoriser à peu près tout, comme par exemple de reprendre « My Kind of Woman » de Mac DeMarco (oui, vous avez bien lu !) et de le faire entièrement sien et en livrer une superbe interprétation au lendemain de la journée internationale de défense des droits des femmes.


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