Dans une explosion rock psychédélique maîtrisée, l’efficace Sunder offre un album partagé entre un son heavy et un optimisme résolument pop.

Non contents de faire peau neuve en passant du nom de The Socks à Sunder, les quatre Lyonnais placent leur album sorti en décembre 2015 dans le sillage du rock psychédélique à coup de riffs solaires. Avec cette nouvelle identité et ce nouveau passeport, Sunder a également une noble ambition : se faire (re)connaître en France.
Signé chez Tee Pee Records (US) et Crusher Records (Europe), Sunder est plus souvent programmé à Berlin ou à Londres qu’à Lyon, en ouvrant pour Radio Moscow ou Kadavar ; ce qui constitue une injustice nationale. Pour qui aime un peu les guitares un poil distordues et l’éclatement des cymbales, c’est de l’énergie en shoot qui frappe et, sans être brutal, le son de Sunder est lustré comme du chrome, carré et efficace comme un moteur deux-temps.
Produit par Julien Masson (ex-Buttshakers), ce premier album de neuf titres pourrait se situer entre un son heavy à la Wolfmother (sans le côté crispant de la voix de Andrew Stockdale…) et le psychédélisme de Tame Impala (pour rester dans la comparaison australienne). Le premier titre, « Deadly Flower », est à l’image de l’album : il nous immerge directement au cœur d’une armature rythmique qui tient le coup sous une tempête fuzz, le tout éclairé par une voix puissante à laquelle on s’accroche comme à un bras fraternel.
Malgré les plus sombres « Bleeding Trees » ou « Thunder And Storm », ce n’est pas une rage qu’exulte Sunder, mais plutôt une volonté de puissance, à comprendre littéralement comme le concept nietzschéen : une vitalité radicale, qui s’exprime sous une forme plus hybride qu’il n’y paraît. Parce que Sunder semble emprunter à la pop vitaminée, avec la sensation d’optimisme de road trip entre buddies sur des routes droites et ensoleillées, sous un aspect (et un look) rock des années 60 et 70 évident, avec un mellotron qui donne des teintes colorées de psychédélismes (notamment sur « Wings Of Sun » et le single « Cursed Wolf »).

Si Sunder signe une musique qui joue avec les codes plus anciens, c’est l’énergie et la maîtrise spécifiques des quatre Lyonnais qui donne à leur premier album ses caractéristiques de disque explosif et positif, le tout en accentuant le sentiment d’injustice nationale, tant l’envie de prendre la température en live va crescendo.
« Sunder » de Sunder est disponible depuis le 30 décembre 2015 chez Crusher Records / Tee Pee Records.