[Clip] Spitzer – Sand Rover

Véritable pépite cinématographique dont l’ampleur visuelle et sonore nous laisse totalement béats d’admiration, « Sand Rover » de Spitzer démontre un savoir-faire musical et pictural immense, développé plan par plan, accord par accord et mélodie par mélodie avec une maestria de tous les instants.

Les quelques images briguées sur le film de couverture de la page Facebook de Spitzer laissaient déjà entrevoir ce qui s’avèrerait être une œuvre complète et à part ; un face-à-face au milieu d’une carrière, comme un duel de western moderne, sans que le but de celui-ci nous soit, à aucun moment, précisément révélé. On voulait donc en savoir plus sur les intentions des deux frères, ce qui est maintenant rendu possible grâce à « Sand Rover », extrait de « Loose Cannons » sorti le 31 mars dernier ; et, au vu du talent exceptionnel de chacun des acteurs de ce court-métrage méticuleux et fluide, il nous est impossible de ne pas saluer, comme il se doit, une performance destinée à rejoindre le Panthéon de nos clips favoris. Car, à aucun moment, Spitzer ne fait dans la facilité, que ce soit harmoniquement ou dans les cadrages et le montage ; rien n’est simple, mais tout est possible.

Les personnages, à la fois marginaux et allégoriques, se côtoient dans le lieu clos et pourtant espacé et ample d’une carrière à l’abandon, au fil d’une action tout d’abord confuse, mais qui, au fur et à mesure de la découverte d’indices disséminés tout au long de l’action (le cahier, la pluie, la pelle), va révéler ses enjeux avec autant de surprise que de libération. Les mouvements rock et synthétiques de « Sand Rover », portés par un chant possédé et obsessionnel, nous guident dans une chasse au trésor durant laquelle rien n’est joué d’avance ; une lutte acharnée pour découvrir une vérité prête autant à sauver les protagonistes qu’à les détruire. Le décalage des pulsions diurnes et nocturnes introduit une colère amplifiée sans jamais être démesurée, reflet des deux visages d’hommes prêts à se déchirer pour obtenir ce qu’ils désirent au-delà de tout. La réalisation d’Arnaud Millet, au fil de laquelle les éclairages soignés se font les témoins des évolutions mentales des rôles que l’on observe, donne au trouble une portée chargée de vérité. Ou plutôt, une protection pour ne pas blesser, ne pas heurter le frère, l’ami, celui sans qui notre vie n’aurait pas de sens. Entre sacrifice, affirmation de soi et dépassement de ses propres convictions, « Sand Rover » est d’une beauté noire et fulgurante ; une décharge électrique qui traverse nos membres, nous paralyse et nous fait entrevoir ce que signifie le verbe « aimer ». Quitte à s’y brûler les ailes.


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