[Sorties] 5 soirées et festivals immanquables en mai 2022

Mai sera férocement rock et ce n’est pas notre sélection des sorties du mois qui nous fera dire le contraire. Des chaudes recommandations forgées autour de fervents indépendants que nous avons à cœur de porter vaillamment dans nos colonnes, depuis souvent bien des années, à l’instar des talents réunis du label alternatif rennais Les disques Normal, des sensationnels We Hate You Please Die, Psychotic Monks… Ce que nous vous offrons ici, c’est une sélection agitée, habitée, sans concession ni condition d’entrée, bruyante, urgente, givrée, authentique comme une invitation à toujours chercher cette sensation grisante de fracas joyeux et généreux partout où le fuzz, l’overdrive et la wah-wah sont de sortie, en salle comme en open air.

Astéréotypie et Infecticide

Jeudi 5 mai à FGO-Barbara (Paris)

Pour fêter la sortie de son nouvel album, le groupe post-punk Astéréotypie se présentera sur la scène du FGO-Barbara au grand complet. Astéréotypie, ce sont d’abord des textes percutants, poétiques, vibrants, des textes scandés, slammés, déclamés avec vitalité, inventivité et détermination par Claire Ottaway, Yohann Goetzmann, Stanislas Carmont et Aurélien Lobjoit. Loin des conventions, leurs performances s’imposent dans un espace musical radical, quelque part entre la noise, le punk, le slam, la musique indus, le post-rock, l’ambient.  Si cette histoire a débuté il y a une dizaine d’années au cœur d’un atelier d’écriture dans l’institut médico-éducatif de Bourg La Reine, initié par Christophe L’Huillier, elle se poursuit aujourd’hui de la plus belle des manières pour ce collectif complice et singulier, à travers un troisième album détonant et fascinant, à commencer par son titre « Aucun mec ne ressemble à Brad Pitt dans la Drôme ».  La force brute et créative qui émane de ce nouveau disque intense et absorbant annonce un moment rare et unique à ne manquer sous aucun prétexte. En première partie, le trio Infecticide fera déjà monter la température du FGO-Barbara avec sa musique martiale et synthétique que certains observateurs relient à des références aussi imposantes que Front 242 ou Les Liaisons Dangereuses.



Komodor, Moundrag et Geoffrey Le Goaziou

Vendredi 6 mai au Ferrailleur (Nantes)

Quel meilleur moyen pour le label indé Daydream Music, qui accompagne tant de groupes et d’artistes depuis maintenant 5 ans, que de fêter cet anniversaire en musique tendance live et électrique (une évidence !). Pour cette fiesta mémorable qui s’annonce, le rock’n’roll sera le vecteur électrisant et fédérateur de la soirée. Deux phénomènes se succéderont sur la scène du Ferrailleur : le groupe Komodor et le duo Moundrag. Ils délivreront tour à tour une leçon d’histoire accélérée de rock’n’roll music, loin du cours magistral et théorique, mais encore plus vrai que nature. Il suffira de fermer les yeux pour se retrouver dans les années 60 et 70, au cœur de la liberté et de l’incandescente d’une époque qui aura vu MC5, Grand Funk Railroad, Uriah Heep ou encore Slade révolutionner les bases à travers une multitude de nuances heavy, psyché, rhythm’n’blues… qui influencent aujourd’hui un véritable revival planétaire, en particulier du côté de la Bretagne avec donc Komodor et Moundrag. En ouverture de soirée, c’est la révélation folk et nouvelle signature du label Daydream, Geoffrey Le Goaziou qui jouera les magnifiques chansons sensibles et pures de son premier album, fraîchement sorti, le bien nommé « Somewhere Quiet ».




Motocultor Festival – Hors les Murs

Samedi 7 mai à Séné

Ce samedi, le Motorcultor Festival s’offre un warm-up des plus bouillants dans la ville qui a vu naître son rendez-vous il y a douze ans de cela. Le rendez-vous est donc fixé à Séné, au sud de Vannes, pour une programmation 100% rock et en plein air. Et du slam, il y en aura ! Entre le garage blues fougueux de The Blue Butter Pot, le punk lo-fi dément de We Hate You Please Die, le noise psychédélique et sans concession des turbulents Psychotic Monks et le stoner très (très) heavy des Bordelais de Mars Red Sky, les amateurs de fuzz et de riffs furieux et saturés vont prendre leur pied, et on les comprend !



Les 15 ans des disques Normal

Les 20 et 21 mai au Jardin Moderne (Rennes)

15 bougies, ça se fête forcément alors deux soirées durant, Les disques Normal prennent d’assaut le Jardin Moderne pour célébrer avec ses signatures du label 15 années d’activisme indépendant et élégant vendredi 20 et samedi 21 mai. Le premier soir, on pourra y entendre la voix de l’envoûtante Nantaise Arianna Monteverdi, entre mélancolie folk et onirisme dream pop, l’electronica lettrée et voyageuse de Blue Haired Girl, le spleen crépusculaire du crooner folk Jullian Angel et le toy-folk ludique de Tycho Brahé. Le second soir, l’ambiance sera nettement plus électrique en présence de slackers rennais de The Missing Season, des curiosités alternatives des Marquises, des expériences de transe paranormales de A Movement of Return et de la pop synthétique et classieuse de FIASCØ.
Pour réviser efficacement, on vous recommande chaudement les révisions depuis la page Bandcamp du label rennais quitte à céder à quelques achats discographiques inopinés à l’instar de Mermonte, Dad Rocks! ou encore Bumpkin Island dont se souviendront forcément nos plus anciens et fidèles lecteurs.



Cash Savage and The Last Drinks et Animal Triste

Dimanche 29 mai à la Sirène (La Rochelle)

Deux visions du rock, aussi complémentaires que différentes, vont s’exprimer sur la scène de la Sirène, en cette fin de mai, avec les Australiens de Cash Savage & The Last Drinks et les Normands d’Animal Triste. Débarquant de Melbourne, la chanteuse guitariste Cash Savage et sa bande auront à cœur de prouver qu’ils sont l’un des groupes les plus vibrants et excitants des dix dernières années, à l’image du tube incandescent et irrésistible « Packs Animals » capable de rendre dingue en quelques secondes, n’importe quel fan de Patti Smith, des Slits et de Talking Heads. Quatre albums au compteur, aucune trace de concession, dans cette musique qui cultive avec insolence son instinct blues et sa vitalité punk. Côté hexagone, pour beaucoup, le nouvel épicentre du rock se trouve du côté de Rouen où toute une jeune garde (MNNQS, WHYPD, Dye Crap…) rivalise d’audace et de fraîcheur à grands coups d’albums cinglants, viscéraux et inventifs ; mais auquel il faudrait ajouter dans un registre plus ténébreux et plus sophistiqué, les très expérimentés membres d’Animal Triste, qui revendiquent fièrement les influences des Doors, de Nick Cave et même du Black Rebel Motorcycle Club. Fiers d’un deuxième album magistral « Night of the Loving Dead » sorti en ce début d’année (avec justement deux morceaux avec Peter Hayes de BRMC), ils s’imposent aujourd’hui comme un des groupes scéniques les plus intenses et les plus habités du circuit rock indépendant.