Son Lux – Lanterns

Immense troisième album, Son Lux expérimente la projection astrale avec « Lanterns ». Dommage collatéral assuré.

Son Lux - Lanterns

L’immersion est totalement. Pas la peine de s’élever haut dans le ciel pour voir ce qui s’y passe. Par la seule force de l’esprit, Son Lux désosse la matière musicale en mille couches éparses de sorte que chacune soit soumise aux mêmes lois cosmiques. L’éclipse n’est pas que lunaire – comme le montre la pochette de « Lanterns » –, elle est aussi auditive, voire temporelle, tant ce son dépasse l’entendement.

Autant corpulent qu’opulent, plantureuse richesse semblable au célèbre « Hidden » de These New Puritains – qui met naturellement la main à la pâte –, le troisième album de Ryan Lott est comme qui dirait inclassable. Par obligeance directionnelle, nous dirons que l’étiquette « post-rock alternatif » colle au mieux à cette bombe à retardement. Intimement lié à la musique de Sufjan Stevens (« The Age of ADZ ») pour son côté bande-son de dessins animés pour gamins attardés, l’hyperaction épileptique n’est pas un hasard puisqu’elle résulte de l’association musicale S/S/S, groupe avec lequel Lott assouvissait ses penchants schizo au côté de Sufjan lui-même et du rappeur Serengeti. Pour les arrangements orchestraux, il s’accompagne du compositeur américain Nico Muhly et du quartet de cordes Ethel. Dans ce cas, le « vaut mieux être seul que mal accompagné » prend tout son sens.

Dans la pratique, Lott est multi-instrumentaliste et sérieusement brillant pour associer les sons électroniques à des instruments plus antiques et ancestraux comme les hautbois, les flûtes de pan et autres machines qui composent Lanterns. Ce mélange singulier place cet opus dans les albums les plus surprenants de ces dernières années. Prise de risque maîtrisée, Lott en détrône plus d’un dans sa manière à nuancer lenteur et convulsion pour un équilibre hors norme, qui se veut tout de même humble et courtois. On extirpera de cette capacité « Lost It To Tring », « No Crimes » et « Pyre » qui transcendent littéralement la chaîne céleste de l’album.

Son Lux

Qu’on y échappe ou non, Son Lux s’improvise guide d’un voyage intersidéral où toute la marmaille Disney serait proche de l’infection virale.

« Lanterns » de Son Lux est disponible depuis 29 octobre 2013 chez Joyful Noise Recordings.

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