[Clip] Son Little – suffer

Aller au bout de soi-même par amour. Tout abandonner pour l’être qui partage notre vie et qui, en un battement de cil, bascule dans la maladie et la souffrance. Symbole du sacrifice ultime, « suffer » de Son Little est une expérience bouleversante, une vision juste et tragique de ce qui lie celles et ceux qui demeurent prêts à se dépasser pour autrui. 

Les images défilent, lentement, presque suspendues. Les plans prennent le temps d’installer le drame qui paraît se dérouler devant nos yeux. Lors des premières secondes de « suffer », personne ne sait ce qui se joue, si ce n’est grâce au lyrisme tout en pudeur de la voix de Son Little, à ses paroles nous immergeant dans l’intimité d’une action en devenir, d’un choix inéluctable. Ne jamais abandonner. Suivre les derniers mètres d’une existence en proie au désespoir. Faire étinceler la lumière, celle qui jaillit de fenêtres ouvertes sur l’avenir, de la nature qui entoure un spectacle déchirant. Les gestes et les danses se fracassent contre la paralysie, l’égarement de l’âme. Le traumatisme est intense, mais jamais larmoyant ou gratuit. Non, c’est même tout le contraire : face à un destin funeste et défilant inexorablement, rien ne s’éteint.

Elle semble lui demander de la laisser partir, mais lui ne peut s’y résigner. Ultime culpabilité de la créature dépassée par le mal et ne souhaitant jamais le rendre contagieux, au sens émotionnel du terme. Mais il ne l’écoutera pas, ne cédera pas à sa supplique ; il la portera, là où leurs cœurs les incitent à se rendre, là où lui seul peut l’accompagner. Est-il encore possible d’être épris au point de se consumer ? De transcender la mort au point de vaincre le deuil ? Oui, sans conteste possible. « suffer » est l’acte d’union éternelle. La réminiscence merveilleuse de la passion, poussée dans ses derniers retranchements. Un soulagement, après le chagrin.


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