Non loin des sentiers battus, l’élégant Sohn arrive en terre post-dubstep anglo-saxonne avec une autre conception électro. Vertigineux.

Le tapis rouge ne sera jamais assez long tant que le post-dubstep londonien ne s’essoufflera pas. Je nomme James Blake, Cloud Boat, Deptford Goth et The xx. Ne voulant pas faire bande à part, Sohn rejoint l’an passé tout ce mélancolique petit monde.
Il est chanteur, multi instrumentaliste et producteur dont la voix si particulière est intrinsèque à son travail. Là où Blake amène une réflexion (plus ou moins intéressante) sur le miasme du son, Sohn jette une lumière pertinente sur sa musique, comme vitrine à sa voix. Par superposition, il prétend que l’électronique est la musique de l’âme et la voix son accompagnement par opposition au mélange pleurnichard de Blake. La ligne est fine, car les deux arborent une ambiance crépusculaire, voire contemplative, mais les rythmes de Sohn sont moins étriqués et plus réguliers. C’est du minimalisme pur et dur, il en convient. Néanmoins, le vibrato d’un enfant de chœur écoule de sulfureuses touches soul qui génèrent une electronica proche de l’ambiant.
Vivant actuellement à Vienne, au calme, loin de son quartier bruyant de Londres, Sohn affirme que sa musique est l’expression de la différence entre les deux villes, l’évolution dramatique du passage du brouhaha vers la sérénité. Il s’habitue vainement au calme de Vienne, mais il se languit de l’inspiration que lui apportaient l’énergie et le bruit de Londres. Ses voyages fréquents entre les deux villes ont permis l’essor de « The Wheel (EP) », une roue qui explique le contraste entre l’éternel renouvellement de ses voyages et le monde qui défile autour – son clip vidéo en fait autant –. A l’encontre de cette nouvelle source d’inspiration, il conçoit quatre titres langoureux où Gotye aurait tranquillement sa place, vocalement parlant.
Tout est qu’une question de nuance. Si nombreux qu’ils soient, ces endormis de l’électro arrivent brillamment à produire le même genre musical sans pour autant singer le travail de l’autre. À chacun son identité et les sons seront bien gardés.

« The Wheel » de Sohn est disponible depuis le 4 novembre 2012 chez Aesop.