Slide on Venus* – Topless

Les bisontins de Slide on Venus* savent ce qu’ils veulent et connaissent la marche à suivre pour emmener leur public sur leur terrain.

Premier album après trois EPs plus ou moins remarqués, « Topless » sur 11 titres navigue entre le rock emo à l’américaine et le rock hurlant à la française, où les accès de colère se calment sur des passages plus mélodiques.

Un rock jamais trop sombre, trop taché de rouge, mais dont les pics de noirceurs viennent lui donner un certain piment.

Dès l’ouverture sur « Topless », l’appétit d’avaler le reste du disque est bien là. Un rock bien lourd où les guitares et la basse deviennent des haches bien affutées et le constat est identique à la batterie, ça martèle tout aussi fort.

« Ugly Rainbow » confirmera vite cette direction rock furieuse et concentrée, où les quelques battements calmes prépareront une reprise à l’énergie.

Le plus électro rock « Glassy Sea » avec ses claviers et ses accords plus dansants saura ouvrir le groupe à un plus large auditoire, confirmé par le très maitrisé « 4am » aux paroles sous fond de road movie au milieu de la nuit.

Une constatation, les meilleurs titres ouvrent cet album. La preuve avec le cinquième et toujours dans l’ordre « Celsius & Fahrenheit », au refrain redoutable et à l’accroche power-pop qui met vite dans le bain.

Quelques rares regrets malgré tout avec l’introduction à l’orgue de  » It’s A Good Place To Get Lost…. Or Be Found » qui coupe avec l’énergie installée au fil des précédents titres en voulant trop jouer la carte de l’originalité. Entrer directement dans le morceau sans cet entracte aurait certainement été plus concluant.

À l’inverse, le très changeant « Greenfield Land », dont l’orientation lorgnera du côté de l’Écosse des Biffy Clyro, viendra bouleverser les rapides habitudes des premiers titres pour un pop-rock apaisé au refrain « Maybe time has come for us to go » chanté par les trois gratteux.

Même si la sensualité suggérée par la pochette nous laissera longtemps espérer quelques passages de douceur, ces derniers se compteront sur les doigts d’une main avec « Like Eurydice », ballade rock pop à la conclusion tragique comme le mythe grec dont il s’inspire (très) librement.

Rien ne pourra vraiment gâcher cette idée que « Topless » est un brillant album, à l’énergie assumée et dont le propos pourra plaire aux amateurs d’un rock qui aurait toute sa place sur les fréquences nord-américaines.

slideonvenus.com

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