« …and so we destroyed everything », premier album des Australiens sleepmakeswaves m’avait converti au post-rock, grâce à ses compositions passionnées et émotionnelles, alternants passages solennels et grands accès de fièvre instrumentaux.

Trois ans après ce premier effort (sorti il y a un an en Europe chez l’Anglais Monotreme Records), le quatuor de Sydney est de retour avec une nouvelle quête musicale à destination des aventuriers que nous sommes.
Avec toujours cette instrumentation épique, parsemée de ruptures franches, où les moments d’apaisements côtoient leurs contraires, « Love of Cartography » redéfinit l’immensité au travers d’une musique instrumentale de l’ordre du grandiose.
Lancé par le très sévère « Perfect Detonator », tout en nervosité et en tensions, sleepmakeswaves ne semble pas au premier abord jouer la carte de l’apaisement. La batterie s’emballe, les accords des guitares s’énervent et s’allongent, la musique se fait oppressante et particulièrement conquérante.
Six minutes sans véritable répit pour mieux nous immiscer dans une écoute intensément palpitante.
À ce premier acte, on lui préfèrera pourtant « Traced In Constellations » pour l’emballement de ses premiers accords ténébreux laissant l’éclaircie prendre le dessus et dégager l’écoute d’un trop plein de noirceur et de rancœur. Un habile point d’équilibre parfaitement trouvé entre frénésie et émotion.
Le rock instrumental de sleepmakeswaves transpire de ces dualités entre le céleste et le divin, entre le sensible et le brutal, entre la délicatesse et la robustesse. Il agit avec force et souvent fracas pour mieux souligner avec puissance son caractère mélodique. Le chaos n’a pas sa place ici, même sur l’éprouvant, mais palpitant « Emergent ».
Électronique et plus modéré dans ses embrasements soudains, « Great Northern » est sans nul doute l’une des plus belles pièces de ce « Love of Cartography ». Riffs animés, rythmiques sur le qui-vive, relances constantes des instrumentaux, la musique de sleepmakeswaves respire et vibre avec intensité.
Dans cette même veine, on appréciera « How We Build An Ocean » qui après un début progressif cède sous l’emballement des guitares stratosphériques, complétées d’explosions à la batterie, suivi par « Something Like Avalanches », aux dernières minutes ravageuses et emportées, nous abandonnant sur un calme presque inespéré.
La conclusion de « Love of Cartography » tient en neuf minutes, celles de « Your Time Will Come Again ». Une apothéose vibrante de toutes ses notes, intense et réconfortant à même de résumer toute la beauté et la variété du post-rock composé par sleepmakeswaves.

« Love of Cartography » de sleepmakeswaves est disponible depuis le 4 juillet 2014 chez Bird’s Robe Records.
Retrouvez Sleepmakeswaves sur :
Site officiel – Facebook – Bandcamp