[Création #24] [Exclusivité] SIZ x Cosmopaark

Le rock dans son versant indépendant et artisanal véhicule de fait des valeurs de partage, de rencontre, de solidarité, de résistance, d’entraide, de coopération… À ce titre, le label purement « indie » Flippin’ Freaks s’inscrit sans aucun doute possible dans cette approche volontaire, active et quelque part militante. Une histoire finalement assez classique, mais toujours aussi excitante qui démarre (tiens, tiens) par un fanzine, bascule sur l’organisation de concerts la nuit et des sorties de disques le jour à travers un collectif au sein duquel se fédère une bonne partie de la scène garago-grungy-pop-noisy-shoegaze de Bordeaux. Forcément avec une telle dynamique, les groupes se croisent, s’entraident, fusionnent, squattent le même studio, interchangent parfois leur matos et leurs musiciens : fort logiquement déboule ainsi, non sans hasard en ce début d’année, un split EP représentant par essence l’esprit conquérant et passionné de Flippin’ Freaks. SIZ et Cosmopaark ont déjà inscrit leurs noms dans la discographie foisonnante du label. Mais l’actualité est bien sûr un EP commun généreux et vertueux, à écouter en exclusivité sur indiemusic. Sa matière musicale est décomplexée. Elle refuse le chemin de l’idolâtrie béate. Elle ne verse en aucune façon dans la révérence trop pesante. Avec candeur et envie, elle ose la mélodie sans renoncer à l’énergie du rock. Elle plonge la tête première dans le mur du son (et les amplis) du shoegaze sans renoncer à la mélancolie du grunge. L’ensemble est extrêmement compact et homogène. Il y a à la fois quelque chose de percutant et de naïf dans cette manière de transporter ces pop songs aériennes dans des écrins bruitistes et légèrement lo-fi. Dans la continuité des différentes vagues successives représentées par les Smashing Pumpkins, Sebadoh, Dinosaur Jr, Ride, Nirvana jusqu’à No Age, Amusement Park on Fire, DIIV, Cloud Nothings… L’association complice entre les membres de SIZ et Cosmopaark reprend à sa manière l’utopie sonique du rock « indie » américain et anglais, et montre que cette utopie est aussi un art de vivre, comme le suggère très fortement ce numéro unique des « Création ».

SIZ x Cosmopaark

SIZ : Quand j’ai découvert Cosmopaark en 2018, je suis tombé amoureux du groupe. J’ai senti des similarités sur le côté du son massif, mais aussi cette envie de faire des chansons sur un format pop. Nos caractères étant très différents (je suis plutôt quelqu’un d’extraverti et bourru et Clément est plutôt introverti et réservé), je me suis dit que cette collaboration pourrait être intéressante, surtout en la faisant graviter autour de cette dualité dans nos personnalités.

Rémi, le bassiste de SIZ était également bassiste de Cosmopaark au moment de l’enregistrement. Il a pu faire les liens au niveau de la communication (mais si, en vrai, ça s’est passé nickel). Tout ça m’a donné envie de bosser sur un disque avec Cosmopaark. Quand on a réfléchi à ce qu’on voulait faire, on s’est dit qu’on voulait quelque chose de différent de ce qu’on propose habituellement dans nos propres groupes.Je venais de me faire prêter une drum machine des 90’s : la Groovebox MC-303 de Roland. J’ai eu envie d’explorer cette machine, et la rencontre entre nos univers est arrivée au bon moment pour ça.

SIZ

Dans la musique de SIZ comme dans celle de Cosmopaark, il a des moments avec un synthé Moog. Pourquoi ne pas faire en sorte que la basse soit uniquement faite au Moog ? Les riffs de shoegaze sont arrivés ensuite avec beaucoup d’évidence. On voulait aussi que ce disque soit la synthèse d’une humeur qui planait pendant une courte période. Il a donc été décidé de tout faire en moins d’une semaine : création et enregistrement.

Il nous a fallu trouver un spot pour enregistrer nos chansons. Je venais de terminer l’enregistrement du deuxième album de SIZ avec Christian Bolognaise du Macaroni Recording Studio. Ça m’a semblé évident de bosser encore une fois avec lui, qui je peux le dire, est un ami, un père spirituel, une sorte de grand frère et aussi une personne avec qui on peut explorer le son. Il est ce mec si cool, sans prise de tête, très fun avec qui tu as envie de discuter pendant des années de son, de toutes les différentes scènes de rock. Il a une culture musicale impressionnante et, en plus, il a souvent des avis extrêmement pertinents. Au Macaroni Studio, il a un enregistreur K7 Tascam qui nous avait tapé dans l’œil avec Clément.

Le fait de travailler sur bande K7 apporte un son particulier, plutôt chaud. Le son des bandes aussi apporte du liant au son. Bref on s’est bien amusé. Mais ce qui s’est passé au studio reste au studio. Je pense qu’en live on va apporter d’autres choses encore.

Cosmopaark

Clément : L’idée était de faire quelque chose de spontané, d’instantané qui contrastait avec nos projets respectifs pour remettre le pied à l’étrier. Nous avons donc décidé de composer chacun de notre côté l’ébauche de quelques morceaux et de partir les enregistrer à la plage. Le Macaroni Studio du savant Christian Bolognaise près du bassin d’Arcachon nous a accueillis pendant une semaine. Nous sommes partis à trois. L’idée d’avoir des contraintes nous a énormément soumis à une ligne directrice :
– un Moog pour les basses
– une boite à rythmes pour la batterie
– un enregistreur 8 pistes K7 pour nous contraindre à faire quelque chose d’efficace et d’instantané.

Pas le temps de se perdre dans la production, nous avons enregistré en cinq jours les six morceaux qui composent cet EP.

You Should Call Your Mum

Ce morceau est probablement le plus pop, mais traite d’un sujet assez sérieux ; le suicide. C’est un petit rappel que des gens qui nous aiment peuvent se trouver disponibles quand nous en avons besoin.

Warm Cheeks

Sub de basse et auto-tune à burne. « Warm Cheeks » nous a permis d’expérimenter de nouveaux horizons. Les paroles évoquent l’amour et plus précisément les situations difficiles que cela peut engendrer. En être spectateur d’un point de vue extérieur peut parfois être bouleversant.

I Miss You

Une autre chanson traitant de l’amour (c’est ça le rock !) sur le « manque positif » : « I Miss You » parle du fait que l’on peut être heureux de ressentir du manque. C’est en fin de compte une preuve que nous sommes attachés à la personne que nous aimons. SIZ s’adresse ici à ceux qui s’empressent de blâmer une personne, car elle ne ressent pas de tristesse liée au manque.

FFYM

Ce morceau est un questionnement sur le sentiment de liberté, et l’emprise de nos questionnements.

F*** The Olders

Clin d’œil à Sonic Youth, il a été composé frénétiquement par SIZ en quelques minutes sur un accordage curieux d’une guitare de Clément et enregistré dans la foulée. Il fait suite à une discussion avec Christian Bolognaise sur le voisinage âgé du studio.

SIZ : « Ce sont des petits vieux qui se plaignent en mode « regardez ces jeunes qui s’amusent c’est horrible, on va prendre des photos et se plaindre auprès de la direction du lieu ». Ça m’a vénère, j’ai tout lâché sur ce titre. »

Sceneries

Ode à My Bloody Valentine, « Sceneries » a été construite comme une balade folk passée dans 50 pédales de fuzz et de reverb. Elle dépeint le tableau d’un homme assis sur une chaise dans une petite pièce au papier peint vieillissant se perdant dans ses pensées, s’imaginant face aux derniers instants de son existence.

À noter sur vos agendas d’ailleurs : on part bientôt en tournée ensemble : le 22 avril à Saint-Nazaire, le 23 avril à Rennes, le 28 avril à Nantes, le 29 avril à Paris et le 30 avril à Lille.

« SIZ x Cosmopaark » de SIZ x Cosmopaark, sortie le 15 avril chez Flippin’ Freaks.


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