La parade de Siôn Rusell Jones colporte un pop-folk joyeux qui anime tous nos membres. Le meilleur des remèdes, un grog contre l’ennui.

Après le passage dithyrambique du trio gallois (Ed Tullett, Scriber et Novo Amor), le pays du dragon rouge nous rappelle qu’il est important d’expier nos tristes expériences à des fins drastiques. Et ce, pour deux raisons. L’une pour assainir des âmes en peine et l’autre pour savourer les conséquences de cette épuration. Dans la musique, cet échange usuel confère, qu’on le veuille ou non, à l’obsession des plus téméraires. Heureusement que certains arrivent à déjouer ce jeu de vilains en chantant non pas leurs souffrances, mais leur amour naissant ou déjà établi. Ils regardent droit devant et jettent le passé à la corbeille.
Raz de marée jovial sur le temps foireux de Cardiff, Siôn Rusell Jones (prononcé « chaun ») est un heureux hyperactif et il le fait savoir. Après la sortie de son premier album « And Suddenly » en 2010, il signe un contrat de sponsoring avec le fabricant de guitares Stonebridge et un contrat d’édition avec BDi Music. Ce qui l’amène à faire plus de 500 dates en deux ans à travers le monde, entre showcases, festivals (SXSW Texas, Rockwood New-York), radio (BBC Wales – plusieurs fois Single of the Week) et première partie avec de nombreux artistes. Il évolue discrètement dans l’ombre, indépedant et fier de l’être.
Version allumée d’Ed Sheeran pour l’allure, Radical Face pour la mélancolie et Jonsi pour le charme artisanal des arrangements, il brutalise sa guitare et parvient à réveiller ces horribles spasmes et petites secousses honteuses qui traduisent le plus souvent une dance d’ultra-coincée. Le coupable : « So Long », son dernier EP en date. Produit par Gordon Mills JR (Tom Jones, Ed Sheeran), cet opus est un ensemble swing’n’twist de chansons pop efficaces et accrocheuses qui nous accompagne toute la journée. On les chantonne, on siffle joyeusement le refrain de « So Long » et « Fond But Not In Love », délicieuses frénésies qui rendraient alerte tout un club du troisième âge. À l’inverse, les ballades folk « Sleeping Giant » et « Unholy Ghost » attestent que Sîon ne fait pas qu’amuser la galerie. Il met ses émotions en filigrane, sa nostalgie en transparence, presque perceptible, pour essayer de déjouer cette euphorie quasi salvatrice. Puis « One More Dance » clôture magnifiquement la fête, en laissant papier crépon et cotillons au sol pour la prochaine fois. Mais on peut déjà entendre la fanfare au loin, car son nouveau single « Best of Me » est déjà disponible en vidéo-clip. Une délicieuse entrée qui annonce le plat de résistance « Lost No More », disponible le 3 mars prochain. Copieux, on l’espère !

« So Long » de Siôn Russell Jones est disponible depuis le 15 avril 2013 chez Sarj Records.
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