Hier soir, le Gallois Siôn Russell Jones a fait sa dernière représentation à l’IndigO2, en première partie du UK tour des Hanson. Un homme touchant, heureux et reconnaissant.

O2 Arena, North Greewich, Londres. On est le 8 décembre 2013, il est 17h30 et l’affluence du métro est irréelle. Comme les mille et un éclairages qui surplombent l’immense chapiteau de l’O2. L’excitation est générale, Lady Gaga joue dans la salle principale. L’effusion de cris pré-pubères et d’adolescents hystériques se fait déjà sentir dans la file d’attente, mignonnettes avec les joues tatouées d’un « LG I<3U » au marqueur indélébile, pour garder cette céleste marque le plus longtemps possible.
Bien que je respecte le travail de cette Lady Gogolle, je ne participerai pas aux pleurs déchirants d’une foule au bord de la syncope. Ma présence est plus modeste. Je me présente à l’entrée de l’IndigO2 pour la première partie de Siôn Russell Jones, qui accompagne Hanson dans leur UK tour. La file d’attente est plus sage, l’excitation est intérieure. On peut voir des drapeaux faits-maison roulés entre les mains de jeunes adultes nostalgiques de leur « MMMBop » passé. Les trois frères sont de retour pour ces irréductibles enfants, mais cette fois, avec des barbes de trois jours et les cheveux coupés (enfin surtout coiffés).
Après m’être installé devant la scène, tout juste le temps de dégainer mon appareil et voici que Sion arrive, grand sourire, visiblement heureux d’être là. Présentation faite, il agrippe sa guitare et démarre avec son nouveau titre « Best Of Me », extrait de son prochain album. D’emblée, il installe le rythme de sa setlist et les clappements de main se font déjà entendre. La simplicité de l’arrangement met en avant toute la dextérité de son gratté qui bat constamment la mesure, sans rien lâcher. L’acoustique esquisse la suite de ses ballades pop-folk, pour la plupart extraites de son premier album « And Suddenly ». L’auditoire est concentré, collé par la voix malléable et si particulière de Siôn quand il commence à jouer un célèbre morceau de bluegrass en changeant quelque peu les paroles, suivi par la langoureuse piste « The Way You Move » de son dernier EP « So Long ». Pour réveiller le langage corporel de l’assemblée, il termine avec les frénétiques « Fond But Not In Love » et « So Long ». Les applaudissements retentissent. Siôn sort son portable et prend en souvenir la clameur de la foule, pour sa dernière représentation au côté des Hanson. Il dit ensuite « That’s be the biggest crowd I’ve ever played! Thank you so much! » (C’est le plus grand public devant lequel j’ai joué ! Merci beaucoup !). Cela ne pouvait pas mieux tomber.

À chaque piste, sa joie de vivre était perceptible, voire palpable. Il répéta sans cesse son nom et son origine, comme pour marquer au fer rouge l’esprit des gens. Et à chaque sourire, l’espoir se lisait sur ses lèvres, son désir d’être un jour en haut de l’affiche. Un souhait partagé. Une fois le talentueux Siôn parti, je me fais discret et quitte ma fosse pour enfin laisser la gent féminine profiter de leurs bels étalons, les yeux brillants de leur éternelle jeunesse.







