[Live] Sinkane au Chabada

Il n’y avait pas foule, mercredi 1er avril, pour venir se déhancher aux sons du dernier album de Sinkane, « Mean Love ». L‘artiste a pourtant déroulé une performance ultra vitaminée qui coupait avec la douce atmosphère soul de l’album.

Sinkane © Fred Lombard

Originaire du Soudan et ayant grandi chez l’Oncle Sam, Sinkane (Ahmed Gallab) trimbale dans sa valise un savant mélange d’influences. Avant de se lancer en solo, il a fait ses armes au sein de formations telles que Caribou ou Yeasayer. En 2007, le multi-instrumentiste se lance : Sinkane est né. Son premier album, « Mars », sort en 2012. « Mean Love » est quant à lui paru en septembre dernier et offre un nouvel aperçu du grand écart stylistique de Sinkane.

En dix titres, « Mean Love » brasse des univers puisant leurs influences aux quatre coins du globe : l’ombre de l’afro-soul n’est jamais bien loin avec « How We Be » et « New Name », ou carrément soul avec « Hold Tight ». « Moonstruck » apporte une petite touche bossa-nova. Le fil rouge de ce melting-pot musical : l’implacable groove de Sinkane.

Soyons honnête : avant que Sinkane ne monte sur scène, je m’attendais à une performance forte, entraînante, mais « tranquille ». Autant vous le dire, j’étais complètement à côté de la plaque. À peine arrivé sur les planches, en plus d’appuyer sur la pédale wah-wah, le groupe enfonce l’accélérateur : les morceaux s’enchaînent à toute allure. Pas une minute de répit. La sensualité du second disque est bien présente, mais pour le live, Sinkane a extrait l’essence groove de chaque titre afin de la décupler. La scène est un terrain qu’il s’accapare doucement mais sûrement. Quasiment à chaque titre, le guitariste s’envole (et nous avec) pour de superbes solos de guitare. Un poil rock, avec cet excellent groove toujours en toile de fond, qui fédère la multitude des influences de Sinkane. À mi-parcours du concert, Sinkane nous offre un premier moment de douceur avec « New Name », qu’il étire en phase afro-dub. Un moment un peu suspendu, plein d’intensité.

La touche finale revient à « Galley Boys ». Dans une ambiance sucrée et solaire, Jonathan Lam a troqué sa guitare pour un lap-steel. Après une heure de voie rapide, on est ramené tout en douceur à la réalité.


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