[Entourage #47] Simon Sockeel (La Houle)

Sacré challenge que d’incarner un shoegaze en français dans le texte. Simon Sockeel, capitaine de La Houle l’a fait. Sur des longues plages sonores inondées de variations noise et d’une mélancolie pop accostée à marée basse, le chanteur nordiste explore sa psyché existentielle et visite avec nous son usine à souvenirs embrumés. À l’occasion de la réédition de sa compilation « Première Vague » (sorti chez Beko Disques, Croque Macadam et Requiem Pour Un Twister fin 2018 et réunissant ses deux premiers maxis soutenus par La Souterraine), Simon nous parle des rencontres majeures qui ont défini l’identité de son projet le plus personnel à ce jour.

Tapeworms

C’est sûrement le groupe le plus talentueux que je connais. Il distille tout ce qu’il y a de plus noisy dans le rock en y ajoutant des touches J-pop et synthétique. Théo, le guitariste est l’un de mes amis les plus proches. On a joué ensemble dans mon premier vrai groupe John Doe, et aujourd’hui c’est une source d’inspiration et une aide précieuse sur le projet de La Houle. C’est aussi lui qui a fait la pochette du disque et qui fera sûrement les suivantes.
Pour l’anecdote c’est aussi lui qui m’a initié au style en me demandant un jour :

– Hey gros, ça te dit un concert à Bruxelles ce soir ?
– Euh ouais, c’est quoi comme groupe ?
– My Bloody Valentine !
– Je connais pas… mais why not !

On est sorti de là anéanti, en manquant d’avoir un accident. J’étais dérouté et dubitatif. Et au final quelques jours après en réécoutant « Loveless », je me suis dit que c’était du génie pur.


Tiger Lion

C’est le projet de mon ancienne compagne de route, Clémentine Blue ! J’ai toujours été impressionné par sa créativité et sa maîtrise de la composition. Elle mêle des influences dream pop / electronica avec des sonorités world. C’est hyper beau, touchant et doux. Sa musique m’apaise beaucoup. C’est Jeff, mon ancien binôme qui l’accompagne dans la production de ses disques et en live. C’est un couple beau dans tous les sens du terme. Je les remercierai jamais assez pour tout ce qu’ils ont fait dans pour moi tant dans la première phase de la vie de La Houle que dans ma vie personnelle notamment quand nous vivions ensemble à Londres. Ils sont actuellement en Inde et je crois qu’ils nous préparent de belles choses pour la suite.


Le Collectif Telgruc

Pour le coup, je triche un peu… mais je ne pouvais pas parler d’un groupe sans parler des autres ! C’est un collectif composé principalement de Bretons exilés à Nantes. On y retrouve notamment les Bantam Lyons, les Slow Sliders, Lesneu, Djokovic, Woodrow, Trainfantome, Fairy Tales in Yogourt, The Same Old band, Baston, Tropique Noir, Teenage Bed…C’est une clique incroyable basée simplement sur le fait de faire de la musique et de se marrer avec ses potes. C’est d’ailleurs Clovis des Slow Sliders qui a monté le dernier clip de La Houle et Antoine de The Same Old Band et Totorro qui a mixé la première tape de la Houle. Lorsque je vivais à Angers, j’allais souvent les voir à Nantes et parfois je les suivais carrément sur leur concert. C’est vraiment une grande famille de pote, tous plus talentueux les uns que les autres.


San Carol

Dans ce tour des copains, on fait une halte à Angers ! Il est encore une fois difficile de parler de tous les groupes actifs de cette scène fleurissante, mais je pense que San Carol en résume bien ses aspects. Maxime, c’est l’une des premières vraies rencontres que j’ai faite à Angers. C’est un mec passionnant qui, à la Bowie, arrive à faire de la pop ultra chiadée aux influences très indé / noisy. Il a sorti son plus bel album récemment (d’ailleurs les précédents étaient aussi bons). En plus de ça, il a dans sa team des super potes membres de Vedett, Eagles Gift, Sheraf qui sont aussi des groupes très bons. Pour l’anecdote, on a joué ensemble avec Dorota, Jeremy et Romain des Blind Suns dans un groupe de noise punk appelé Death Gazer. Ça a duré à peine cinq concerts, mais c’était cool !



Rémi Parson

Dernier passage par Londres où nous avons vécu à peu près un an avec La Houle. Il existe une vraie communauté de musiciens français là-bas, même francophones ! On s’est lié rapidement d’amitié avec Rémi Parson qui pratique une cold wave en français vraiment excellente avec une philosophie très punk. Il est rentré depuis peu en France après 10 ans de vie londonienne. Je me souviens qu’on l’a invité la première fois à boire une soupe à la maison. Pour le match retour, il nous a invités à boire de la Zubrowka dans son pub de quartier. Je vous laisse imaginer la fin. Il a sorti son dernier album quasiment en même temps que notre LP le mois dernier et je vous invite à y jeter un œil.


Sur la première compilation de La Houle, il y a un titre qui se détache et dont on ne parvient pas à se défaire. « Souvenirs » et ses images VHS brouillées, instants volés d’une évasion londonienne et d’une première tournée, patchwork de rencontres nocturnes en 480p.

Il y également, « À présent », son tout dernier clip traitant de la douleur et de l’incompréhension du présent, le confrontant aux archives de son adolescence à Boulogne-sur-Mer. Une thérapie musicale illustrée ici par Clovis des Slow Sliders.

« Première Vague » de La Houle est disponible depuis le 14 décembre 2018 chez Beko Disques (CD) Croque Macadam et Requiem Pour Un Twister (vinyle).


Retrouvez La Houle sur :
FacebookTwitterBandcamp

Partager cet article avec un ami