[Clip] Servo – Yajña

Entre effets stroboscopiques et pulsations sanguines, le spectateur de « Yajña » circule autant dans les synapses d’un esprit malade que dans ses nerfs, cherchant à dynamiser sa passivité. Le clip de Servo éclate, chamboule, perturbe et foudroie les connexions neuronales en injectant une dose de rock bouillonnant par intraveineuse.

Les ondes sonores et visuelles se complètent lors des premiers instants de « Yajña » et préparent la décharge qui, brusquement, va survenir. Celle que l’on attend, tranquillement, impatiemment. Celle qui va booster nos muscles, nos réseaux sanguins. La démence de l’égarement. Le cruel constat de ne plus être soi-même. On sait que la cause se trouve dans l’esprit, que ses conséquences pourraient être fatales. Dès lors, on fouille dans les tréfonds de notre corps, de notre âme, emportés par le rock méticuleux et implacable des Rouennais. Tout est impulsion. Ne reste plus qu’à séparer ce qui doit être de ce qui est inutile. Quitte à y laisser notre salubrité mentale.

On suit le rituel en basculant de substances hallucinogènes à une conscience en expansion. De la lumière aux drogues de l’émotion, de la cruauté des interrogations à la brutalité salvatrice des réponses, « Yajña » fonctionne par strates, par chocs. Quand les images nous foudroient, quand le doute s’installe et ralentit la progression de l’individu incarné par Servo, le monde devient noir, blanc et rouge, inconnu tant que l’illumination n’a pas eu lieu. Au loin, des formes humanoïdes semblent connaître la sagesse et nous y attirer. Il faudra cependant se faire violence pendant six minutes tourmentées et puissantes. Une évocation radicale et hallucinée de la recherche de soi, qui bouleverse nos convictions et idéaux.

« Alien » de Servo, sortie le 1er mai 2020 chez Fuzz Club.


Retrouvez Servo sur :
Facebook – Instagram – Bandcamp

Photo of author

Raphaël Duprez

En quête constante de découvertes, de surprises et d'artistes passionnés et passionnants.