[Flash #24] Sasha Cay, Opia Bloom, Friska Viljor, De Lumn et LENOIRE

Faire des découvertes musicales en toute indépendance, ressentir ce côté grisant de déceler à l’écoute d’un titre ou d’un album un potentiel et peut-être un futur grand, c’est ce qui nous anime depuis la création d’indiemusic. En cette rentrée, nous relançons nos épisodes « Flash », ces rendez-vous curieux et ouvert à toutes les musiques, à toutes les surprises. Des heures durant, nous avons laissé le hasard décider pour nous, guidé seulement par les pochettes de disques croisées furtivement au gré de nos écoutes diurnes, sans suivre les recommandations, ni les algorithmes. Nous avons retenu ici cinq coups de cœur dont la plupart sont des surprises et l’un d’eux une retrouvaille heureuse, que nous partageons avec vous pour notre plus grand plaisir.

[EP] Sasha Cay – Sink Your Teeth

16 novembre 2018 (autoproduction)

Amateurs de bedroom songs, ne passez pas à côté du premier EP de Sasha Cay. La Montréalaise y compile cinq chansons, qui évoquent une Laura Marling voire une Feist en devenir. Même si l’ensemble est parfois fébrile et la production, lo-fi oblige, inégale, on ne peut rester totalement insensible à ce jeune essai. Pour vous en convaincre, osez « Charms », douceur folk entêtante, caressante comme une brise matinale. On décèle un potentiel certain chez Sasha Cay qui, bien entourée, pourrait vite trouver sa place sur la scène indépendante montréalaise. Seul l’avenir nous le dira.


[EP] Opia Bloom – From The Lights

11 janvier 2019 (autoproduction)

Avec son premier EP « From The Lights », le quintet indie mancunien Opia Bloom frappe un grand coup. Parfaitement en place, l’ambitieux combo anglais nous présente quatre hymnes imparables à faire rougir la concurrence locale. Doté d’un réel sens de la mélodie et témoignant d’une production léchée, il est difficile de trouver des défauts à la formation emmenée par ses deux frontmen, Jack Mackey et Sam Frost, se révélant à tour de rôle au lead. Si tout se passe selon nos prévisions, une tournée en support d’un groupe montant local et l’avenir leur appartiendra.


[LP] Friska Viljor – Broken

11 janvier 2019 (Crying Bob Records)

Il y a bien des années qu’on n’avait pas pris de nouvelles de Friska Viljor, joyau pop de Stockholm formé autour du duo Daniel Johansson et Joakim Sveningsson ! Quatre ans après leur dernier album, ceux qu’on peut aisément considérer comme les parents spirituels d’Of Monsters and Men reviennent avec « Broken », un concentré d’hymnes romantiques (« Unless You Love Me », « The Fall ») et de ballades mélancoliques déchirantes (« Regrets », « Mistakes »). D’un sifflotement léger à la larme à l’œil, le septième album des Suédois nous fait passer par bien des états, des plus heureux et enthousiastes aux plus confinés. Et c’est toujours admirablement vibrant, et cela depuis quinze ans déjà !


[EP] De Lumn – Blind Side

11 janvier 2019 (autoproduction)

Comme le dernier AAA des studios Ubisoft, c’est en Grèce, et plus particulièrement à Athènes, que nous emmène De Lumn avec son premier EP « Blind Side ». Le trio grec emmené par le producteur Chop Juggler, le guitariste JLogo et la chanteuse Ina livrent certainement ce qu’on a entendu de mieux en matière d’electronica downtempo au confluent du trip-hop, du RnB et du jazz. La voix langoureuse d’Ina couchée sur des instrumentaux d’une classe folle de ses partenaires ne laisse que peu d’hésitation sur le potentiel onirique et exponentiel du trio. Mention spéciale pour l’envoûtant éponyme « Blind Side » à la sensualité sans pareille. Nul doute que nos chers producteurs hexagonaux (Clément Bazin, Thylacine et consorts) seraient bien éclairés de penser à des collaborations futures avec De Lumn.


[EP] LENOIRE – Satisfaction

6 décembre 2018 (autoproduction)

Après La Bronze et Hubert Lenoir, on a repéré pour vous la prochaine sensation indie pop montréalaise. LENOIRE ou le résultat d’une folle alchimie entre trois jeunes canadiens, Carolyne, Antoine et Gabriel pour donner naissance à une pop enthousiaste et bourdonnante d’énergie. Déjantée sur les bords (« Oh Girl »), audacieuse par bien des approches (« Bed Rythm »), la musique vivante de LENOIRE sait également se faire langoureuse (« NY »), surtout quand elle convoque avec panache le groove intemporel du rhythm’n’blues (« What Were You Thinking). Un EP à savourer avec simplicité, en se laissant porter par les improvisations osées, mais jamais casse-gueule du trio.

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