Rencontre avec SAmBA De La mUERTE

Mardi soir, au Bar du Centre à Angers, après sa journée de résidence au Chabada et avant son filage public mercredi, j’ai rencontré Adrien Leprêtre, chanteur et guitariste à l’origine du projet SAmBA De La mUERTE. Il revient pour indiemusic sur l’histoire du groupe et sur les musiciens qui l’ont rejoint dans l’aventure, nous parle de 4 et de l’avenir du projet.

SAmBA De La mUERTE

  • Bonjour Adrien, première fois à Angers ?

Non, je suis venu deux fois, avec Concrete Knives, jouer au Chabada. L’année dernière et en première partie des Plasticines il y a quatre ans.
Et donc là, en résidence pour la première fois à Angers.

  • SAmBA De La mUERTE, c’était d’abord ton projet solo. Comment tout a commencé ?

Oui, à la base ! C’est un projet que j’ai monté sans jamais imaginer ce qu’il aurait pu devenir aujourd’hui. À l’origine, c’était juste un projet pour m’occuper en dehors de Concrete Knives quand je rentrais chez moi.
J’ai toujours fait de la musique chez moi. Je faisais du dub quand j’étais petit, de la musique un peu électronique. Après j’ai eu une guitare et j’ai commencé à faire de la chanson, chanter en anglais et faire du folk. J’ai enregistré mes morceaux et j’ai sorti un premier EP en mars 2012 sur le label d’un ami.

J’avais écrit six chansons, je devais les garder pour moi et j’ai des potes qui ont monté un petit label et qui m’ont dit, on peut le sortir ensemble si tu veux avec des beaux cds, des beaux objets. C’est parti de là.
Après il a fallu que je m’entoure…

  • D’ailleurs, comment en vient-on à ouvrir son projet solo à des potes ?

Moi j’ai fait les morceaux. Puis on s’est dit que ça serait cool de faire un concert pour la sortie de l’EP. Et je me suis dit, je peux pas jouer le projet tout seul, car c’était assez arrangé. J’ai donc demandé l’aide à deux potes et on a monté un groupe comme ça. C’était acoustique au début.
Et par la suite, je leur ai confié mes morceaux et ils en ont fait ce qu’ils entendaient. Quand je bosse seul, souvent il y a beaucoup d’arrangements, et quand je me retrouve avec les gars, on fait souvent un truc beaucoup plus brut, et c’est souvent meilleur !

  • Avant d’aller plus loin, SAmBA De La mUERTE a adopté une orthographe un peu particulière, pourquoi ?

À la base, le nom du groupe vient d’un morceau de GaBLé, extrait de leur album « CuTe HoRSe CuT ». Et eux ont une orthographe dans cet esprit.

J’ai finalement pris ça par hasard au début et c’est resté !

  • Au sein de SAmBA De La mUERTE, ça n’a pas toujours été les mêmes musiciens ?

Oui, et c’est ça qui est assez marrant. Il y a eu une première formation à trois (deux guitares et un percussionniste), puis il y a un violoniste qui est venu. Et après, il y a eu un bassiste. On a été cinq à un moment.
Et là, avec la nouvelle formation, on est quatre avec un nouveau guitariste ce qui fait percussions, guitare, basse et moi.
Et quand le percussionniste n’était pas là, pour certains concerts, il s’est fait remplacer deux fois.

  • Mais aujourd’hui, la formation est au beau fixe ?

Je l’espère ! Surtout que là, il y a beaucoup plus d’échéances, on a vraiment monté un truc plus carré, plus construit, donc j’espère qu’on va rester comme ça.

  • La première fois qu’on m’a parlé du groupe, le nom m’a surpris et intrigué. Le choix d’un nom de groupe en espagnol pour un groupe français qui chante en anglais, je crois que c’est assez inédit. Il y a les Américains de Yo La Tengo et les Gallois de Los Campesinos! Aurais-tu d’autres exemples ?

Non, pas là comme ça. Après le nom du groupe, je ne le vois pas comme un nom espagnol, car pour moi c’est vraiment un titre de GaBLé. Il me fallait un nom de groupe à l’époque et je trouvais que ça représentait bien ce que je faisais. Un truc assez vif et joyeux, mais avec un esprit un peu dur et triste parfois.

  • SAmBA De La mUERTE, aujourd’hui, c’est quatre musiciens. Si on voit chaque membre comme un rouage d’une mécanique du groupe, qui fait quoi d’indispensable ?

Là, maintenant avec cette nouvelle formation, les personnes que j’ai choisies ont chacun quelque chose que je trouve assez incroyable. Gabriel qui fait les percussions ne le fait comme nul autre, et c’est un super batteur. Il vient plus du hip-hop et de l’électronique finalement avec son projet Superpoze et il a un feeling assez ouf. Martin, il a toujours fait des lignes de basse bien dingues, ouais, il est incroyable.
Corentin est hyper talentueux et a un son de guitare qui lui est vraiment propre, et une super voix en plus !

SAmBA De La mUERTE

  • Vous avez tous les quatre des projets à côté de SAmBA De La mUERTE, d’un côté Concrete Knives (il y a aussi The Dancers, Neue Wilde…) et de l’autre côté Superpoze. Ces deux projets marchent vraiment bien actuellement avec une belle présence sur les festivals notamment. Comment arrivez-vous à vous libérer du temps pour SDLM ?

Pour moi et Corentin, c’est un peu la pause au niveau de Concrete, car on est sur le nouvel album et ça ne prend pas trop de temps, donc ça nous laisse le temps de faire ce qu’on veut. Et du coup, avec Martin, il bosse à Caen et donc on s’arrange plutôt bien.
Le plus dur, c’est avec Gabriel parce qu’il tourne quand même beaucoup et est donc bien occupé. Mais on arrive à s’arranger et à trouver le temps pour que l’on conserve cette formule aussi longtemps que possible.

  • Et Gabriel a finalement réussi à être présent sur cette période de résidence !

Oui, ça tombe finalement bien, car Le Chabada nous avait proposé des dates entre septembre et décembre et ça n’est jamais tombé sur une date à lui donc c’était idéal !

  • Vous venez de sortir votre EP « 4 ». On peut parler d’un « véritable EP » au regard des précédentes sorties.

SAmBA De La mUERTE   - 4

C’est quand même le second EP même si le précédent comportait surtout un single. Mais en effet, c’est le premier vrai, celui qu’on a envie de bien défendre. Ça rigole un peu moins, car on y passe beaucoup de temps avec l’enregistrement, le mastering et le mixage. Et on a des gens qui derrière sont là, à fond avec nous, pour faire avancer le projet, qui donnent de leur temps et de leur énergie.
On se doit de faire les choses bien, déjà pour eux !
Donc second EP, mais premier véritable EP on peut dire. Et prochaine étape, l’album, en tout cas, on l’espère !

  • « 4 » est un EP relativement éclectique : parfois sauvage et tribal, parfois très minimaliste et aérien. Mais surtout avec des morceaux qui offrent souvent une évolution sonore au sein du même titre, je pense à Skyline qui démarre en chœur et au piano pour un final festif. Comment définiriez-vous la musique de SAmBA De La mUERTE aujourd’hui ?

Il y a l’idée de la transition. On a pris un nouveau virage avec un son peut-être encore plus electronica qu’avant. Ça suit l’évolution personnelle que j’ai, de ce que j’écoute et de ce qui m’inspire.
Et peut-être que le prochain morceau sera du reggae. J’aimerais bien aussi écrire un morceau punk.
En fait, c’est tellement n’importe quoi dans nos têtes, parce qu’on écoute parfois un peu trop de choses, c’est ça qui fait qu’il n’y a pas véritablement de ligne directrice. Mais ça restera toujours du SAmBA De La mUERTE.

  • Vous avez en amont de la sortie de « 4 » communiqués autour du titre « Fire » en dévoilant un clip très expérimental fait de « collages vidéos » et réalisé par Thibault Jehanne. Pouvez-vous m’éclairer sur le concept du clip ?

Ce qui est marrant, c’est que Thibault était aux Beaux-Arts et n’a jamais fait de clips. On m’avait parlé de ses super idées autour de la récupération d’images. Tout le clip, c’est de la récup’ d’images sur YouTube et il aime bien les trucs un peu crades.
À la base, on voulait un truc sombre, et ça n’a pas bien rendu. C’était trop dégueu et finalement, on tenté autre chose. C’est toujours malsain, mais les personnages ont quelque chose de charismatique. En plus, il y a plein d’images subliminales derrière qu’il faut trouver. On voit même Michael Jackson à un moment…
On lui a laissé carte blanche et ça l’a fait ! J’ai vraiment envie de poursuivre des choses avec lui au niveau du groupe, et on va bosser sur un nouveau clip bientôt.

  • SAmBA De La mUERTE, ça deviendrait donc une sorte de collectif ?

Ah oui, j’aimerais bien avoir des gens qui s’attachent vraiment au projet, qui soient là dans la suite.

  • On en a parlé un peu avant. Tu penses aujourd’hui à l’album…

Oui, il faut voir toujours plus loin, trouver un label, et on sait qu’il faut des morceaux qui ne sont pas encore là. Moi je vais essayer de recomposer à partir de janvier, mais un album, c’est beaucoup de morceaux et de boulot.
Mais après, la petite histoire, c’est que je compose toujours des morceaux quand il m’arrive des trucs marquants dans ma vie, car ça déclenche des choses.
Par exemple, dans « 4 », il y a quatre morceaux et chaque morceau, c’est une tranche de vie.
« For My Friends », ça coule de source. « Sahara », c’est plutôt une relation amoureuse. « Skyline », ça parle du passé et « Fire », c’est un peu l’ensemble de tout ça qu’on met dans le feu, comme quelque chose qui va renaitre…

  • Comme le phénix ?

Oui, exactement ! C’est vraiment ça. C’est la naissance du nouveau Samba, et on va voir ce qu’on va en faire !

SAmBA De La mUERTE

  • Vous êtes jusqu’à demain soir, mercredi, en résidence au Chabada pour préparer les Transmusicales. Comment ça se passe avec l’équipe technique ?

Eh bien, on s’est fait très bien accueillir par le Chabada. C’est génial. C’est la première fois que lorsqu’on va en résidence quelque part, on nous paye à manger le midi. On est assez content de pouvoir manger au restau avec François Delaunay, le directeur de la salle et Stéphane Martin le programmateur. Ce midi, on était dans un routier. On était bien à manger du boudin et de la purée, à discuter ensemble et faire vraiment connaissance.
Car finalement, ils nous ont proposé une résidence, mais nous ont surtout dit, « on vous accompagne sur la suite ».
Et du coup, nous on a dit « pas de souci », et puis moi, j’avais pas envie de… enfin, on est de la scène caennaise et de ce que j’en vois, je n’ai pas forcément envie d’être trop rapproché de cette scène pour voir un peu ailleurs. J’ai envie de rencontrer d’autres gens. Si on associe SAmBA De La mUERTE au Chabada, je suis hyper heureux…

  • Surtout quand on a les exemples de C2C et Pegase accompagnés par la salle !

Je ne pense pas qu’on aura la destinée de C2C, mais moi je connaissais la salle qui est incroyable, la programmation de cette année qui est super, et j’ai un lien particulier avec la scène angevine étant un énorme fan de Zenzilé et de Lo Jo. Même si dans Samba, ça ne se ressent peut-être pas, c’est vraiment des groupes qui ont fait que j’ai fait de la musique. Et du coup, je suis hyper content qu’on soit là et qu’on bosse avec ces personnes-là en fait !

  • Lors de ces accompagnements, comment avez-vous travaillé ?

On a travaillé d’abord avec notre équipe technique à nous, car on a un ingé son et un ingé lumière avec nous.
Et arriver avec les nouveaux morceaux, même si l’ingé son est là depuis début septembre, on avait jamais eu le temps de travailler les sources bien. Et du coup, c’est un travail assez dur, car on remet beaucoup de choses en question, tu revois des trucs, tu dois te réhabituer à des changements. Mais c’est pour que ça soit mieux.
Parfois, c’est un peu choquant pour nous, mais il faut accepter ces changements. L’enseignement de se remettre en question soi-même, écouter le regard extérieur, c’est essentiel.
On a aussi beaucoup travaillé sur la lumière, mettre en couleur le projet sur scène, c’est vraiment top.

  • Chaque fin de résidence est l’occasion pour le public du Chabada de découvrir le groupe à l’occasion d’un filage public. C’est ce mercredi à 18h, que doit-on attendre de ce set ?

Ça sera un vrai concert. C’est surtout le concert qu’on prépare en vue des Trans Musicales, car on doit jouer quarante minutes. On a enlevé deux morceaux et rajouté « Fire » qu’on ne jouait pas avant.
« Fire », c’est un chouette morceau, mais le jouer en live, c’est une autre affaire. Donc, c’est surtout ça le travail. Et avoir un set assez cohérent, où ça ne retombe pas trop. Un set bien en tension !

  • Et quel serait le morceau fort de ce set ?

Moi, c’est « Sahara ». C’est mon préféré à jouer, car au niveau de la voix, c’est hyper agréable. Je peux jouer avec mon chant, crier.

  • Merci beaucoup et bonne fin de résidence ainsi qu’un bon concert demain soir !

Merci beaucoup ! À demain !

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