[Live] Sam Fender et The Pale White au Badaboum

Sam Fender serait-il une surprenante anomalie britannique ou un produit faussement indé ? La question ne se veut pas critique, elle ne découle que d’un constat : ce visage doux, cette image propre et bien comme il faut se placent en totale contradiction avec la noirceur des textes. Notre schéma binaire des cyniques opposés aux jolis songwriters naïfs ne peut se calquer sur la première tête d’affiche parisienne du Britannique.

Sam Fender – crédit : Cédric Oberlin

La première partie est assurée avec simplicité par The Pale White. Ni particulièrement efficace ni laborieuse, la prestation reste un brin décevante. Nous nous attendions à une fureur échappée des courts morceaux du trio, finalement aucune colère ne transparait. Ce concert n’est que le énième d’une longue tournée, le groupe est ravi de jouer à Paris et nous sommes ravis à l’idée d’écouter « That Dress », d’imaginer ce morceau prendre une nouvelle forme sur scène.  Quelques individus des premiers rangs chantonnent, les autres discutent bière en main ou bras croisés.

« Loveless » tire son épingle du jeu car le chant d’Adam perd en monotonie. Mais une plus grande amplification des guitares aurait offert à l’instant une certaine classe rock’n’roll : un rythme lourd, des guitares aigües, ni propre ni complètement sale, ni massif ni délicat. Nous nous attendions à la rencontre d’une outrance populaire et d’une sobriété en costume, The Pale White n’a livré qu’un concert fidèle à ses enregistrements studios, l’humanité que la scène aurait pu procurer a fait défaut.

Les lumières se tamisent, la foule pousse un cri d’excitation et Sam Fender apparaît. Le public, majoritairement britannique, connait chaque morceau sur le bout des doigts. Sam Fender se concentre sur sa guitare et parle peu mais l’ambiance est très intime. De « Dead Boys » qui traite de l’alcoolisme qui gangrène le Royaume-Uni à la bêtise de masse abordée par « Poundshop Kardashians », les textes sont les reflets de la classe moyenne, presque précaire, de Newcastle. Ce deuxième concert parisien, un an et demi après avoir assumé la première partie de Declan McKenna, est un marqueur de l’ascension effectuée, surtout outre-Manche, par Sam Fender.

Son album à paraître en août prochain est pour l’instant précédé de solides EPs très efficaces en live. Certes les mélodies et les arrangements ne sont pas révolutionnaires, mais le professionnalisme du chanteur anglais est à souligner. Des plus anciens morceaux à l’instar de « Grisy Spoon » au dernier « Hypersonic Missiles », rien n’est médiocre ou moyen. Certes la promo et les clips sont bien ficelés, l’image du jeune chanteur ne provoque pas, il répond à ce constant besoin d’idoles indés propres et tout aussi parfaites pour les adolescentes de bonne famille que les trentenaires vaguement fans d’Oasis et U2. Mais le concert est agréable, bien qu’aucun titre ne soit particulièrement joyeux. Au rappel, Sam Fender interprète quelques morceaux seul en scène avant de faire monter tous ses musiciens pour clore le set par « That Sound ».

Nous ressortons du Badaboum plutôt satisfaits, Sam Fender ne tire pas son épingle du jeu mais aborde avec humilité des sujets assez éloignés des standards indés, ce qui pourrait tout de même être considéré comme une intéressante anomalie.


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